Doremus Benoît - 11/02/2008 |
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Espace Jemmapse ce lundi soir : L’occasion rêvée pour découvrir dans les meilleures conditions Dorémus, l’un des grands talents de notre pays. Un type sensible à l’écriture habile, dans la lignée de ce formidable chanteur énervant que j’aime tant, un renard dont je tairais le nom étant donné qu’il est devenu à son insu la grosse étiquette qui colle à la jeune peau du Benito Dorémus. Tandis que le chanteur au foulard est présent dans la salle (Il est le producteur de l’album ‘‘Jeunesse se passe‘’) au bras de sa femme Romane Serda, Dorémus investi quand à lui la scène, accompagné d’un talentueux quatuor de potes, tissant les accords d’une musique insolente d’efficacité. ![]() Car la route il la connait, fêtant ce soir là sa centième avec son tourneur, ce qui n’empêche pas cette frêle boule de nerf d’être un poil anxieux, laissant trembler sa voix ou vexant une corde de sa guitare d’une main inattentive… C’est que le maître est dans la salle, ainsi que les quelques vieux de la veille, présent à cette soirée annonçant la fin du « Benito rien qu’à eux » pour l’avènement du « Dorémus à tout le monde ». Vrai que question succès on ne s’en fait pas pour lui à l’écoute de J’écris Faux, Je Chante de la main gauche, sa trouvaille à lui, imparable single dont le seul défaut serait d’éclipser à lui seul le reste du répertoire d’un artiste vraiment en marge de ce qui marche ces temps-ci. Les zicos à ses flancs déroulent là un terrain de jeu parfait pour les mots en cascade qui jaillissent des tripes du chanteur qui s’énerve, comme ce guitariste dont les harmonies sans accrocs sont saisissantes ou ce bassiste Malgache, pour qui le rythme est une seconde peau, vrombissant sur quatre cordes comme sur sa contrebasse. Une équipe de choc complétée par un métronome lui aussi un poil exotique ainsi que son pianiste/accordéoniste, tout premier musicien du groupe à qui une chanson est dédiée (Accordéon pour 5 d’entre elle). ![]() Le cul entre deux cultures, comme le témoigne les reprises d’Alain Souchon et de NTM, Dorémus place toutes ses influences sous l’égide d’une plume acérée. Si Benito avoue beaucoup parler de lui, oubliant peut être quelques fois de gratter là où ça dérange, il n’en résulte pas moins dans ses textes un sacré potentiel de plaisir immédiat comme jamais provoqué depuis l’écoute d’un disque de… Ah non ! J’ai réussi à ne pas citer Renaud jusque là, ce n’est pas maintenant que je vais faiblir. On prend les mêmes et on recommence, le lundi d’après, même heure même endroit, me revoilà assis à écouter sagement un Doremus plus en verve, tenant la scène d’une seule main. Si la Set List (en gros tout l’album sauf Pas à Me Plaindre et l’instrumentale Paris, auxquels s’ajoutent quelques titres de l’autoproduit et les deux fameuses reprises. Mais cette fois si nous n’avons pas eu le droit à Accordéon pour cinq d’entre elles…) et les interventions restent assez similaires, Benito est bien plus carré, sans perdre de son charme, jouant de cette aisance retrouvée jusque sur les titres les plus acoustiques… Le public ne s’y trompe pas et finira plusieurs fois debout, reprenant en cœur le refrain de S’asseoir par terre de Souchon, bien mieux que ceux de la semaine passée. Le maître n’était pas là ce coup ci mais la salle bondée ne s’y est pas trompée, Doremus est un futur grand, et il était un bon aloi de s’en rendre compte avant que des milliers de gens fassent le même constat, embouteillant les concerts futurs de cette plume à "coeur de peau". Dorémus, où la raison pour laquelle on peut encore croire à la chanson Française, malgré les balafres audiovisuelles incessantes qu’elle subit et qui l’ont sacrément défigurées ces 7 dernières années. ![]() Photos par Olive Site Dorémus Myspace Dorémus Iro22 avis: ![]() |
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