Les quatre de Basildon sortent d’une décennie qui les a menée vers les sommets de la pop anglaise puis mondiale.
Petit groupe électronique, surfant sur la vague new-wave dès 1980, ils en sont arrivés à remplir des stades outre-Atlantique lors de concerts qui s’apparentent plus à des célébrations.
Ce premier chapitre s’est clos par le live 101, paru début 1989, témoignage du concert au Rosebowl de Pasadena, laissant s’ouvrir un période d’interrogation quant à l’avenir du groupe.
Finalement ils nous offrent, pour débuter les années 90, cet album, dont la rose de la pochette deviendra l’un des symboles du groupe.
A la sortie de cet opus, le single Personal Jesus occupe déjà le devant de la scène depuis quelques semaines, ayant d’une part déconcerté les fans de base du groupe et ouvert à un public encore plus large l’audience de Depeche Mode !
La raison principale de ce phénomène en est la mise en avant des guitares, pour ce groupe considéré comme abonné à vie au synthé … mais là Matin Gore (Compositeur) et Alan Wilder (Arrangeur) ont fait un vrai travail d’orfèvres et forgé ici un son unique !
Personnal Jesus reste encore aujourd’hui un titre fort du répertoire du groupe, et on ne compte plus les reprises dont l’une des plus troublantes est, sans doute, celle de Johnny Cash sur les American Recording produit par Rick Rubin.
Le coté électronique n’en est pas pour autant occulté, tel Worlds In My Eyes en ouverture de cet album mais le son est déjà très dense … semble plus mature que par le passé !
C’est aussi ici que se trouve l’incroyable mélodie enivrante de Enjoy The Silence, qui sera un tube planétaire en single et connaitra même une nouvelle carrière en 2004 lors de la sortie de remixes 81-04.
La voix de Dave Gahan donne toute sa puissance, toujours en complément avec Martin Gore, mais le duo vocal auquel se livre les deux hommes dans Waiting For The Night donne des frissons, nous plonge dans un sentiment de fragilité et de vulnérabilité de circonstance !
La nouvelle empreinte musicale du groupe se dessine nettement au travers de Halo, ou du très « floydien » Clean, ou le formidable Policy Of Truth.
Martin Gore n’oublie pas d’interpréter en chanteur principal le très émouvant et prenant Sweetest Perfection et le mélancolique Blue Dress.
Les thèmes abordés sont la religion, le sexe, la drogue, les relations humaines … une œuvre des plus adultes !
Le tout est produit par Depeche Mode et Flood qui fait ici son entrée dans la cour des grands producteurs (il travaillera par la suite avec U2).
Voici un des disques incontournables de la dernière décennie du XXième siècle !
C’est ici un nouveau sommet, que peu peuvent se vanter d’avoir atteint ….
ElRapace 04/03/2006 avis:  |