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Neal Morse - Sola Scriptura - 2007


Genre : Rock Progressif

©Radiant Records
1The Door : Introduction/In the Name of God/All I Ask For/Mercy for Sale/Keep Silent/Upon the Door
2The Conflict : Do You Know My Name?/Party to the Lie/Underground/Two Down, One to Go/The Vineyard/Already Home)
3Heaven in My Heart
4The Conclusion: Randy's Jam/Long Night's Journey/Re-Introduction/Come Out of Her/ Clothed with the Sun)







Avis de la rédaction :
Religionnaire
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C'est sans surprise que le Religionnaire découvre, grâce à ses penchants masochistes, le dernier des opus annuels de progressif chrétien vomis par l'illuminé Neal Morse. Dans la bonne tradition surenchériste progressive, ce Sola Scriptura s'autoproclame l'œuvre la plus ambitieuse de l'artiste. Il s'entoure pour cela de ses collaborateurs habituels : le bassiste Randy George et l'inévitable batteur Mike Portnoy, mais invite aussi un excellent guitariste en la personne de Paul Guilbert qui réalise quelques sympathiques leads ("Upon the Door" et "Do You Know My Name?") ainsi que quelques élans hispanisants sur "Two Down, One to Go". S'ajoute à cette fine équipe un mini orchestre classique : principalement quelques cordes, un cuivre et des chœurs. Le révérant Neal Morse se charge quant à lui du reste des guitares, des claviers, et bien sur du chant.

Force est de constater que si les derniers efforts solo du Morse progressiste avaient profondément indisposé le Religionnaire, celui-ci est en revanche franchement satisfaisant. Neal semble avoir revu à la hausse sa posologie de lithium pour un résultat musical toujours quelque peu instable, hasardeux et agaçant, mais beaucoup plus cohérent qu'à l'accoutumée. Les rappels musicaux sont nombreux et bien sentis, mais surtout, les thèmes, mélodies, grooves et riffs sont à la hauteur du projet ce qui compense l'exaltation et la fuite des idées ainsi que tous les symptômes maniaques de notre Morse.

La présence du guitariste Paul Guilbert n'est pas superflue étant donné que Sola Scriptura s'oriente davantage vers le metal que ses prédécesseurs. Les riffs sont fort sympathiques (sur "Mercy for Sale" notamment avec ce petit riff funky bien senti, où sur l'efficace "Do You Know My Name?") malgré la perpétuelle impression de "déjà entendu" et parviennent de justesse à compenser des élans pianistiques mielleux non seulement dégoulinants mais dénués de la moindre originalité (au hasard "Heaven in My Heart"). Les digressions orchestrales sont en revanche délicieuses et quasi-frissonnantes (la clôture de "All I Ask For", la splendide ouverture de "Upon the Door"…). Le fameux passage d'inspiration flamenco ("Two Down, One to Go") est une bonne petite bouffée d'air frais, malheureusement un peu lisse, mais le Religionnaire ne se risquera pas à trop en demander au Morse dans ce domaine. Personne n'en voudra d'ailleurs à Neal si le dernier quart de son concept album intitulé "The Conclusion" est constitué à 90% de diverses parcelles des titres précédents (tradition progressive oblige n'est-ce pas Neal?), ni si la pochette est en totale discordance avec le ton musical de l'album : virevoltant, enjoué et grandiloquent.

Car en effet, Neal nous vend pour une fois une pochette plutôt sympathique et dont l'adéquation est en revanche parfaite avec le concept. Justement, parlons-en de ce concept! Il s'agit évidemment encore et toujours de bondieuseries mais le sujet est cette fois plutôt intéressant : il s'agit de Martin Luther et de ses 95 thèses. En les placardant sur la porte du château de Wittenburg en 1517, ce fils de mineur devenu moine en 1505 marque la consécration de sa lutte contre les abus de l'église catholique. Tout ça n'aboutit malheureusement qu'à un simple schisme et à son excommunion. Et par ailleurs le Morse ne se prive pas de nous donner son interprétation personnelle : pour lui, Dieu utilise à l'époque ce Martin Luther afin de protester contre les "fausses religions" (quelle franche et attachante naïveté n'est-ce pas?).

Enfin, tout cela pour dire qu'une fois n'est pas coutume, cette fournée du Morse est une bonne fournée que le Religionnaire aurait tendance à recommander à qui le lira.

Religionnaire  11/04/2007    avis



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