Morrison Hotel annonçait le retour des Doors aux fondamentaux: le bon vieux blues. La reésurrection se confirma su scène. Sort peu après un album live d'anthologie. Cependant Jim boit toujours de plus en plus et n'est bientôt plus que l'ombre de lui-même, empêtré dans les procès. Dans un sursaut créatif il réussit à conduire les Doors sur l'autoroute de LA Woman, chef d'oeuvre crépusculaire et cependant nerveux, parcouru par une voix profonde, grave et concernée. Morrison va aux bouts de ses visons: dans la chanson titre apparaît un mystérieux Mr Mojo Risin'. Anagramme de Jim Morrison, certes (je ne vous apprend rien)mais, et cela est moins connu, le blues fait constamment référence au mojo, philtre magique de l'amour et du bohneur.
Au-delà le groupe n'a sans doute jamais aussi bien joué. L'intro de "Riders On The Storm" justifie à elle seule le qualificatif de chef-d'oeuvre, et que dire de "The Changeling", de "Love Her Madly", de "L'America" et, bien sûr, du morceau titre ?
Ce dernier opus avec Morrison prend une tonalité beaucoup plus sombre ("The Cars Hiss By My Window" ; "Been Down So Goddam Long") bluesy ("LA Woman" ; "Riders On The Storm"), rock ("The Changeling" ; "Love Her Madly") et des textes travaillés comme en témoigne, "The W.A.S.P. (Texas Radio And The Big Beat)". Une critique unanime salue le disque, souvent considéré comme le meilleur du groupe.
LA Woman est enregistré en dix jours seulement. Cette brièveté n'est pas sans rappeler l'enregistrement du premier disque. Le blues des débuts de "Back Door Man" auquel répond finalemnt le "Crawling king Snake" de John Lee Hooker. La boucle est bouclée, ou presque.
Jim s'abandonne complètement aux drogues et à la boisson. Le 3 juillet 1971, au matin, son amie le retrouve raide mort dans la baignoire, au 47 de la rue Beautreillis. Crise Cardiaque. Son corps est inhumé au Père Lachaise. Le mythe commence. Exploité en 1990 par Oliver Stone et le film The Doors. Comme le dit Miche Embarek dans son article sur les Doors, "le blues continue. Comme avant?"
Deadkal 12/11/2005 avis:  |
titre
L.A. Woman est le dernier album des Doors avec Jim Morrison, celui-ci ayant quitté le territoire américain immédiatement après le mixage du disque, pour des raisons judiciaires (suite à son arrestation de Miami, en rapport à une accusation d'attentat à la pudeur). Il se rendra en France, à Paris (plus exactement, rue Beautreillis), où l'attendra la fin. Puis, la grande cabane en sapin du Père-Lachaize, bien connue. Entre temps, L.A. Woman sortira (donc, en 1971), presque en posthume donc. Et que dire à propos de ce disque, qui n'a déjà été dit cent, mille fois ? Qu'il est le meilleur absolu des Doors ? En effet. Que malgré sa grande durée (48 minutes, tout de même, pour 10 titres, voilà qui change de la petite demi-heure des autres disques !), il n'est jamais longuet ? Effectivement. Que jamais Morrison n'avait aussi bien chanté ? Tout à fait Thierry.
L.A. Woman est un must-have total, et mon préféré des Doors après The Soft Parade (je dois être un peu fou quelque part). Aucun défaut, de The Changeling à Riders On The Storm (my-thi-que), que de grandes chansons, tour à tour bluesy (Cars Hiss By My Window, une reprise du Crawling King Snake - totalement pompé sur Backdoor Man, quand même - ou encore Been Down So Long) et rock pur (L.A. Woman - dans laquelle Morrison aborde avec génie le Los Angeles by night, et introduit son double virtuel, Mr Mojo Risin', un anagramme - , The Changeling, L'America), sans oublier incursions poétiques et doucereuses (Hyacinth House, Love Her Madly) et une grande cavalcade finale, sépulcrale, tétanisante, absolument renversante, dernière chanson interprétée par le Roi lézard avant sa fuite vers la mort parisienne. 8 ans plus tard, Dire Straits, sur leur album Communiqué, rendront hommage à cette chanson langoureuse et envoûtante avec Follow Me Home. Où comment parler de Dire Straits dans une chronique d'un album doorsien. Et puis, il y à ce texte scandé par Morrison sur une rythmique étrange et implacable, The W.A.S.P. (Texas Radio & The Big Beat), mythique lui aussi.
Pour ce disque, deux musiciens supplémentaires sont incorporés, Marc Benno et Jerry Scheff (le premier à la guitare rythmique, ce qui soulage Krieger, et le second à la basse). De plus, le fameux producteur du groupe depuis les débuts, Paul A. Rothchild, n'est plus là, 'viré' par le groupe alors que, de toutes façons, il n'aimait pas le son des nouvelles chansons. Il est remplacé par le groupe lui-même, et l'ingénieur du son Bruce Botnick. On se retrouve, aussi, avec un son semblable à celui du premier album, le groupe ayant enregistré sur un 8-pistes au lieu du 16-pistes usuel. Brut de décoffrage, quoi.
Pour finir, anecdote : après la mort de Jimi Hendrix et de Janis Joplin (dont Rothchild venait de produire Pearl, l'album posthume, peu de temps avant d'être viré par les Doors), Jim Morrison se plaisait plus ou moins à dire à qui voulait l'entendre qu'il serait le troisième sur la liste.
Ben, il a eu raison de prévenir, y à pas à dire...
Tagomago 14/07/2007 avis:  |