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Le Rock Progressif


Définition - Historique - Classification - Ressources


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HISTORIQUE


1. La Genèse
Si les racines du rock progressif sont à l'évidence psychédéliques, il reste toutefois impossible de situer une démarcation précise entre ces deux courants. L'année 1966 est probablement déterminante par deux disques : Revolver des Beatles et Pet Sounds des Beach Boys. Ces deux albums ouvrent la voie vers une musique rock qui s'écoute plus qu'elle ne se danse. Expérimental, riche et complexe, le rock semble enfin mûr pour s'affranchir du cadre étroit fixé par les pionniers du rock'n'roll 10 ans plus tôt. Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band (1967), qui n'est finalement que l'approfondissement des possibilités ouvertes par Revolver, va faire l'effet d'un détonateur : orchestre, bruitages et divers bidouillages de studio pour une mise en scène innovante de la musique mais aussi au niveau du packaging totalement original. "A Day in the Life" est considéré par beaucoup comme le premier titre progressif de l'histoire.
Si la contribution des Beatles est évidente, on sous-estime souvent celle du groupe The Nice et des Moody Blues qui ouvrent la voie du rock vers la musique classique. Le claviériste Keith Emerson mène les premiers vers une symphonisation du rock tandis que les seconds proposent avec Days of Future Passed une oeuvre capitale et pionnière du rock orchestral. Procol Harum s'engage sur une voie similaire avec son single "A Whiter Shade of Pale" adapté d'une oeuvre de Bach tandis que, toujours en cette année 1967, le Pink Floyd de Syd Barrett donne naissance à ce qui reste le sommet du psychédélisme : The Piper at the Gates of Dawn, un des grands précurseurs du space rock.
Au même moment, d'autres musiciens incorporent des influences jazz à leur rock psychédélique. C'est le cas de Frank Zappa, du Soft Machine de Robert Wyatt et d'autres groupes de l'école de Canterbury comme Caravan.
En somme, le rock progressif nait par la canalisation du tourbillon d'influences folk, jazz, classique et expérimentales au sein du rock psychédélique.

2. L'Age d'Or
L'âge d'or débute avec l'énorme choc du premier album de King Crimson : In the Court of the Crimson King en 1969. Le progressif est désormais affranchi de ses racines psychédéliques et plus que jamais dans un refus quasi-total des conventions pop et blues-rock de l'époque. Cette autonomie anti-conventionnelle entraine logiquement un éparpillement incroyable vers des contrées toujours plus surprenantes.
Les plus populaires des groupes progressifs, Pink Floyd, Yes, Emerson, Lake & Palmer, Jethro Tull, Genesis et King Crimson, vont bénéficier d'un succès gigantesque. Le mouvement s'étend partout dans le monde : France (Ange, Magma), Italie (PFM, Le Orme?), Allemagne (Kraftwerk, Tangerine Dream, Can?) et même aux Etats-Unis (Kansas) et au Canada (Rush).

3. Le Declin
En cette deuxième moitié des années 70, la plupart des grands noms du progressif fatiguent. Certains s'enferment dans une surenchère à l'hermétisme tandis que d'autres appauvrissent dramatiquement leur musique dans l'espoir de survivre. Les temps et les modes changent. La révolution punk véhicule un gigantesque retour à la simplicité, au binaire, à la violence sauvage, aux morceaux courts et immédiats ainsi qu'aux musiciens approximatifs. Les nouveaux talents progressifs n'intéressent plus les maisons de disques et sont systématiquement abattus par la critique qui hurle au scandale d'une bourgeoisie élitiste ayant osé détourner le rock de ses racines blues. Le rock progressif qui n'est désormais qu'artificiel, prétentieux, traitre et pompeux semble condamné pour de bon.

4. La Renaissance
Au début des années 80, le courant progressif est quasiment éradiqué. Pour survivre, il ne reste qu'une solution : le compromis. Certains groupes anglais osent affirmer leur héritage progressif des années 70 tout en le simplifiant et en l'adaptant aux sonorités des années 80. Ainsi nait le néo-progressif incarné par des groupes comme Marillion, Pendragon, I.Q., Pallas, qui, sans renouer avec l'immense succès ni la grandeur de leurs ainés, préparent doucement le terrain pour les décennies à venir.
Depuis les années 90, le progressif semble mieux accepté et retrouve donc peu à peu un public plutôt demandeur. Les nouveaux leaders sont aujourd'hui Spock's Beard et les Flower Kings mais aussi Dream Theater du coté du metal progressif et Ozric Tentacles du coté du space rock. D'autres groupes authentiquement progressifs préfèrent en refuser l'étiquette trop facilement associée à un esprit réactionnaire et antipathique. C'est le cas de Porcupine Tree, Radiohead, Sigur Ros ou encore Tool parmi d'autres. Les influences progressives sont malgré tout mieux assumées par les groupes d'aujourd'hui dont certains vont même jusqu'à associer progressif et punk comme The Mars Volta.

par Religionnaire (Janvier 2008) également webmaster de Religionnaire





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