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Le Rock Progressif


Définition - Historique - Classification - Ressources


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DEFINITION


Le terme "rock progressif" est une traduction très approximative de la dénomination anglaise "progressive rock" dont l'équivalent français serait plutôt "rock progressiste". Ce courant musical ambitieux, d'initiative européenne, nait dans la deuxième partie des années 60 pour atteindre son sommet de popularité au début des années 70.
La démarche globale est celle de faire évoluer le rock au-delà des formats pop et radio traditionnels pour lui faire atteindre le degré de sophistication rencontré dans le jazz ou la musique classique. Sa fréquente complexité et la virtuosité qui lui est associée sont tout particulièrement appréciées des amateurs du style. Les détracteurs quant à eux taxent volontiers cette musique de pompeuse et prétentieuse. Si certains groupes ne font aucun doute quant à leur appartenance au style, d'autres suscitent de véritables controverses. Donner une définition précise du rock progressif est effectivement impossible tant les directions musicales pouvant être prises sont nombreuses.

Les principales caractéristiques peuvent être regroupées en quatre catégories de débordement :

1. Débordement de structure
Les compositions sont souvent longues (ex. Pink Floyd : "Echoes" = 23min; Yes : "Close to the Edge" = 18min) et constituées de sections multiples plus ou moins apparentes (ex. Pink Floyd : "Atom Heart Mother"; Emerson, Lake & Palmer : "Tarkus"). Les différents titres ou sections s'enchainent parfois sans temps mort et semblent volontiers indépendants les uns des autres (The Beatles : "A Day in the Life"; Jethro Tull : "Aqualung"; Queen : "Bohemian Rhapsody"). La complexité rythmique, mélodique et harmonique est fréquente (ex. Yes : "Starship Trooper"; King Crimson : "Larks' Tongues in Aspic, Pt. II") et s'associe à la mise en avant de la virtuosité des musiciens par de longs et multiples soli (Yes - Fragile).

2. Débordement de style
Le rock progressif s'aventure au-delà des limites rock vers la musique classique et le jazz (l'école de Canterbury notamment), mais aussi vers le folk, la musique médiévale ainsi que vers l'exotisme des musiques du monde et des musiques noires comme la soul et ses dérivés (ex. le funk d'Atomic Rooster). Les œuvres de grands compositeurs classiques sont souvent incluses (ex. Yes - Yessongs) ou adaptées au format rock (ex. Emerson, Lake & Palmer - Pictures at an Exhibition; Jethro Tull : "Bouree"; Procol Harum : "A Whiter Shade of Pale"). Les naissances du hard rock et du rock progressif sont contemporaines et les deux styles gardent des rapports étroits dans les années 70 avant que la branche du metal progressif ne s'individualise nettement dans les décennies suivantes.

3. Débordement instrumental
L'instrumentation électronique est proéminente et souvent utilisée par l'intermédiaire de claviers (mellotron, orgues, moog et autres synthétiseurs). Outre les sonorités avant-gardistes proposées, ces instruments permettent de recréer plus ou moins la puissance des orchestres classiques à moindre cout (piano, cordes, cuivres, chœurs etc.). Les claviéristes prennent ainsi leur revanche sur les guitaristes et deviennent les véritables stars du mouvement (Keith Emerson, Rick Wakeman etc.). Ceci n'empêche certains artistes de recourir à d'authentiques orchestres (ex. The Moody Blues - Days of Future Passed; Pink Floyd - Atom Heart Mother; Electric Light Orchestra - Eldorado; Deep Purple - Concerto for Group and Orchestra; The Nice - Five Bridges etc.) et d'autres de mettre en avant certains instruments classiques, traditionnels ou issus du jazz aux dépends de la guitare électrique. Les instruments ainsi les plus fréquemment utilisés sont le violon (ex. David Cross de King Crimson), la flute (ex. Ian Anderson de Jethro Tull) et le saxophone (ex. David Jackson de Van Der Graaf Generator). Enfin, les bruitages et éléments sonores non musicaux apparaissent dans les expérimentations du rock psychédélique avant d'etre exploités par le progressif (ex. Pink Floyd : "Money").

4. Débordement extra-musical
Le rock progressif n'est pas seulement caractérisé par sa musique mais également par son art visuel. Les logos (ex. Yes, ELP), les pochettes (ex. Roger Dean), le look des musiciens, les décors et la mise en scène des concerts sont particulièrement soignés. Les shows visuels ne sont pas rares (ex. Pink Floyd), tout comme les bandes originales de films. Même s'il n'en est pas à l'origine, le rock progressif développe et popularise l'art de l'album concept dans lequel un thème ou une histoire sont développés tout au long du disque (ex. Genesis - The Lamb Lies Down on Broadway; Pink Floyd - The Wall; Jethro Tull - Thick as a Brick). Les textes sont souvent complexes voire hermétiques, abordent fréquemment les registres de la science-fiction, du fantasy, les thèmes historiques ou la folie, et sont volontiers chantés de manière théâtrale et complexe ou parfois même narrés.

par Religionnaire (Janvier 2008) également webmaster de Religionnaire





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