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STYLE : Rock Orléanais

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Bob Dylan - Oh Mercy - 1989

1Political World
2When Teardrops Fall
3Everything Is Broken
4Ring Them Bells
5Man In The Long Black Coat
6Most Of The Time
7What Good Am I
8Disease Of Conceit
9What Was It You Wanted
10Shooting Star

      Haussekar


17/02/2012    

Quelque peu perdu dans l’interminable discographie de Bob Dylan, l’album Oh Mercy aurait pu passer inaperçu. Bien au contraire, les médias s’en sont emparé dès sa sortie en y voyant le symbole d’une renaissance inattendue. Dans une colonne, on a écrit que l’album est une « production délicate, mettant en avant des chansons elliptiques et silencieuses, créant une œuvre énergique et sensible ». Tout au long de ses Chroniques, l’auteur lui-même a posé un regard interloqué sur l’année 1989 et l’enregistrement à la Nouvelle Orléans. Empressé de trouver un coupable, l’Histoire n’a pas prospecté longtemps sur la réussite de Oh Mercy. Bien vite, la nouvelle se répand que derrière un chanteur perdu se trouve un tout autre héros. Exit Bob Dylan, bienvenue au génial Daniel Lanois.

Lanois est l’homme de So, l’artificier de Unforgettable Fire. A la sortie de Mercy, le public l’acclame unanimement comme le maïeuticien ayant sauvé de l’oubli un irrécupérable. Cette explication paraît solide si l’on s’en tient à l’aventure orléanaise. Mais c’est vite oublier qu’en deçà, Dylan a caboté, lézardé entre les berges à la recherche de son propre souffle: « Le miroir s’était retourné et je voyais l’avenir - un vieil acteur qui fouille les poubelles devant le théâtre de ses triomphes perdus ». Ayant perdu voix et corps, Dylan sort lessivé d’une tournée avec Tom Petty pour enchainer quelques dates aux côtés du Grateful Dead. A San Rafael, la rencontre singulière (et peut être fictive) avec un jazzman provoque un basculement: « Il ne forçait pas sa voix, il n’en avait pas besoin […] il émanait de lui une puissance naturelle. Brusquement, sans aucune sorte d’avertissement, une fenêtre c’est ouverte au fond de mon âme ». Soudainement, l’écriture se volcanise. Loin de Lanois et de la Louisiane, Dylan couche 6 chansons. Lui qui avait mis sa force sous l‘éteignoir, le voilà aux prises avec une inspiration tellement diluvienne qu’elle en est presque insaisissable.

L’épopée Louisianaise commence là. Sur les conseils de Bono, Dylan débarque à New Orleans pour y rejoindre son nouveau producteur après une brève conversation téléphonique. Fait inédit, le Zimm’ vient pour la première fois sans guitare ni musiciens personnels, conférant ainsi à Lanois la responsabilité du recrutement. Maître en sa demeure, le canadien fait tourner dans son studio une quinzaine de funkies dont Mason Ruffner et Brian Stoltz (de Slidell) aux guitares, Tony Hall aux cordes basses ou encore Willie Green aux peaux. Résultat, l’enregistrement est un tâtonnement constant. Entre un Dylan parfois dépassé et des musiciens voulant jouer funk sur tous les titres, Oh Mercy ne voit pas le jour. Un matin, Dylan se rend compte que le studio a retravaillé « Political World » sans lui, étouffant sa guitare sous une musique afro: « - Mon Dieu, ça s’est passé pendant que je n’étais pas là ? - Qu’est-ce que tu en penses ? - Je penses qu’on est à côté ».

Au rythme des sessions nocturnes, les affinités vont s’accorder peu à peu malgré les errements. Dans le bayou, les morceaux s’embourbent souvent et se font parfois repêcher après des dizaines de prises. Lanois’ work. Alors que « Shooting Star » se meurt, le producteur sauve le morceau en remixant le son de la caisse claire. Sur « Ring Them Bells », il saisit au contraire l’inspiration instantanée du chanteur et offre un résultat parfait en vingt minutes. Alors que Dylan redevient Dylan, Daniel Lanois combine, accommode et tresse le recording comme un alchimiste.

On l’aura compris, la genèse de Oh Mercy est avant tout le récit d’un musicien engagé dans sa propre redécouverte. Sa réussite elle, est le produit d’une révolution dans la carrière dylanienne: « J’avais seulement besoin de phraser mon chant à une ossature musicale. L’idéal aurait été de porter un morceau à un arrangeur, de le lui jouer plusieurs fois, et qu’il écrive la version orchestrée. Un instrument pouvait même me remplacer et dans l’absolu, je n’avais pas besoin d’être là ». D’où Daniel Lanois et son formidable sens de l’affinage.Dylan répétera suffisamment qu’un morceau comme « The Man In The Long Black Coat » n’aurait jamais pu être enregistré sans lui. Il ne tient qu’à nous d’écouter ce chef d’œuvre pour le croire.

PS: Préenregistrée à trois heure du matin avec un groupe de Rock cajun, « When Teardrops Fall » et sa rythmique vacillante seront finalement gardées comme telles malgré des dizaines de prises postérieures.


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Haussekar

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