Les Jam se sont formés en 1972, alors que la plupart de ces musiciens étaient encore adolescents. D’abord consacré à la reprise des grands du rock'n'roll, comme Little Richard et Chuck Berry, le groupe, suivant l’intuition de son leader Paul Weller, commence à s’intéresser au mouvement mod et à la musique des Who. Le trio, toujours sous la direction de Weller, adopte les mêmes vêtements que les mods de la grande époque, joue sur les guitares à la mode en 1965 (les Rickenbacker), et roule même en Lambretta. A force de concerts, le combo parvient à s’établir sur la scène londonienne. Mais les temps changent, et le groupe va être acteur, sans trop le vouloir, d’une des plus spectaculaires révolutions musicales de l’histoire du rock. En effet, depuis l’année 1976, les Sex Pistols et les Ramones donnent le ton de la vague punk. The Jam, au style pourtant opposé à l’iconoclasme des Pistols ou aux revendications sociales des Clash, devient peu à peu l’un des groupes les plus acclamés du mouvement punk. Le trio concrétise cette chance en mai 1977, publiant In the City, premier album à la durée terriblement courte, enregistré comme il se doit en une poignée de séances. Les critiques sont presque unanimement enthousiastes ; beaucoup de journalistes louent l’énergie juvénile du disque, tout en appréciant les références sixties qui parsèment l’œuvre. Entraîné par des singles aussi courts que frénétiques, l’album obtient un joli succès public, plaçant la carrière des Jam sous d’heureux auspices.
In the City est presque entièrement composé de chansons aux tempos effrénés, aux riffs simplistes, aux textes beuglés avec un fort accent du Surrey par un énergumène ignorant des règles les plus élémentaires de la justesse vocale. Une fois ce constat effectué, il serait facile de balayer l’ensemble de l’album d’un revers du main, en le considérant simplement comme un disque punk de plus. Et, comme bien souvent dans de pareils cas, les choses se révèlent légèrement plus subtiles que ce que l’on pouvait espérer. Comme il l’a déjà été précisé, les Jam se placent dans la droite lignée des Who et des Kinks, deux groupes parmi les plus emblématiques du milieu des sixties. La reprise du thème de la série télévisée Batman, référence explicite aux années 60 et aux Who, en est la preuve la plus flagrante. Certaines chansons présentent un parfum presque soul, à peine discernable sous les riffs simplistes, mais pourtant bien présent. Les compositions présentent ainsi une finesse légèrement plus grande que celles des autres groupes punk de l’époque ; la différence reste toutefois minime, et l’admirateur des Ramones ne sera pas décontenancé outre mesure par cette musique. Le fan des Who de la première heure sera lui agréablement surpris par certains titres, étonnamment proches de ce que l’on peut entendre sur My Generation.
Il faut cependant ajouter que l’énergie juvénile dont fait preuve le groupe n’arrive pas à masquer le fait que certains riffs manquent d’accroche et que certaines mélodies souffrent d’un déficit d’inspiration certain. A vrai dire, rares sont les morceaux entièrement satisfaisants, malgré la courte durée de l’album. Seule la chanson-titre arrive à retenir un tant soit peu l’attention, mais le reste des titres s’avère terriblement faible, à tel point que seuls les tempos enlevés sauvent le disque du désastre. Les Jams se placent donc en infériorité par rapport à leurs principaux rivaux de l’époque, notamment les Clash, qui révèlent une maturité bien plus satisfaisante sur leur premier album. Tout n’est pas à jeter sur In the City, mais ce premier opus est globalement assez décevant, et son importance historique indéniable ne peut masquer une certaine pauvreté artistique. Le groupe, paralysé par l’enjeu du second album, fera toutefois bien pire avec This Is the Modern World, œuvre dénuée de toute inspiration. Cependant, Paul Weller saura faire fructifier ses talents de compositeur et d’auteur, qui prendront une autre dimension à partir d’All Mod Cons, en 1978. Mais à la sortie de son premier album, The Jam est l’un des groupes les plus acclamés de Grande-Bretagne, porte-étendard indépendant et ombrageux du mouvement punk.
| Avis de la Team | | |  | | Ulyssangus |  |
Les internautes ont la parole! : 4 message(s) Laisser un message | Blaireau 23/03/2011 avis: | 
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Avec le recul - en 2011 - il parait évident que ce premier essai de The Jam est infiniment plus actuel que bon nombre d'albums de groupes issus du mouvement punk parus à l'époque. La chose est vérifiable avec les autres galettes du trio (un petit bémol pour leur second This is the Modern World, cependant)
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| Moita18 24/10/2010 avis: |  |
Bon disque, note un sévère (6/10) Cependant, opus loin, très loin d'égalé le premier CLASH (n'en déplaise à notre ami Jack), déjà insurpassable. D'ailleurs, il a beaucoup plus marqué ses contemporains que le premier JAM faisant l'objet de cette chronique. Cependant, ce site me semble étonnant du point de vue des notations de certains "classiques" rock...
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| Jack 09/11/2009 avis: |  |
Faut être sourd pour ne pas s'appercevoir qu'"IN_THE_CITY" est quand même plus classe que "NEVER_MIND_THE_BOLLOCKS", le premier "RAMONES" ou "THE_CLASH" non?
pourtant c'est simple, l'oeuvre des Jam passera toujours mieux l'épreuve du temps que celle de ses contemporains
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| Terry 17/10/2009 avis: |  |
Argh. Que de désillusions en parcourant ce site. Que ne lis-je là ? Seulement 6/10 à ce sommet de punk ? Pourtant tout est là : énergie, rage, talent, force.
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