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©Frontiers Records

STYLE : Prog Nostalgique

DU MÊME ARTISTE :











































Yes - Fly from Here - 2011

1Fly From Here: Overture
2Fly From Here, Pt. 1: We Can Fly
3Fly From Here, Pt. 2: Sad Night at the Airfield
4Fly From Here, Pt. 3: Madman at the Screens
5Fly From Here, Pt. 4: Bumpy Ride
6Fly From Here, Pt. 5: We Can Fly
7The Man You Always Wanted Me to Be
8Life on a Film Set
9Hour of Need
10Solitaire
11Into the Storm

      Religionnaire


02/07/2011    

Ce nouvel album inespéré, succédant au Magnification d'il y a dix ans, pourrait bien ne pas être le dernier. Les experts en étiquetage obsessionnel et autres rangements temporospatiaux auront vite fait de le considérer comme une sorte de successeur de Drama (1980). Si les membres du groupe actuel sont effectivement pour la plupart ceux de cette époque, le Religionnaire n'oublie guère de leur rajouter trente ans et de constater qu'il s'agit aujourd'hui d'aimables vieillards. Contrairement à une pensée for répandue, la vie n'est ni plus tranquille ni plus confortable à cet âge avancé comme peuvent en témoigner les emplois du temps familiaux et médicochirurgicaux de nos sexagénaires. Or ceux-ci nous livrent une œuvre respectable, pour ne pas dire adorable, pour ne pas dire le meilleur album depuis une ou deux décennies, presque trois. Ces personnes âgées nous prouvent magistralement que ce qu'on appelle le rock progressif n'a pas réellement progressé depuis leur jeunesse, du moins dans sa branche symphonique. La fameuse composition éponyme, vieille de trente ans et étirée sur près vingt-cinq minutes, pourtant loin d'être des plus palpitantes, constitue une belle leçon donnée aux jeunes scandinaves du prog nostalgicoadorateur qui résonne depuis plusieurs décennies dans des réseaux aussi "hermétisants" qu'émétisants.

La raison principale de cette qualité est une absence : celle de Jon Anderson, pas tant pour son chant incantatoire et désincarné que pour son abominable tendance à composer d'erratiques mantras dénués de la moindre musicalité. Le duo tout aussi vieillard des Buggles peut alors s'investir pleinement comme il l'avait fait sur Drama, un disque grâce auquel Yes avait rebondi suite à la triste débâcle Tormato (1978). La majeure partie des compositions sont donc signées par Trevor Horn, ici producteur, et par le claviériste Geoff Downes, arrivé pendant l'enregistrement pour remplacer le fils de Rick Wakeman gentiment remercié. Les trois indécrottables Howe, Squire et White participent dans une moindre mesure à ce processus mais s'exécutent à merveille sur le plan instrumental, au point d'interloquer le Religionnaire sur un éventuel nouvel âge réminiscent. Le chanteur Benoît David se révèle quant à lui agréablement surprenant tant il parvient à singer Jon Anderson en tempérant ses insupportables défauts.

Les titres sont parfaitement chantournés, bien équilibrés entre des mélodies franches et des passages plus symphonisants, planants, mais jamais vraiment barbants. Horn et Downes demeurent d'excellents mélodistes et parviennent à colorer chaque morceau, voire même chaque mouvement de la suite, d'une aura musicale personnalisée si bien que le Religionnaire ne saurait délester l'œuvre d'un superflu qui n'existe pas. En revanche, cette musique, aussi attendrissante soit elle, appartient clairement à un autre âge. Ceux qui ne l'ont pas connu, ou guère apprécié, n'y trouveront pas d'intérêt si ce n'est matière à dénoncer une odieuse ringardise. Certaines sonorités synthétiques ramènent à une époque où le rock hésitait encore, entre adoption et mépris de l'électronique, mépris de ces bruits futuristes et naïfs. La solidité mélodique de ces compositions préserve toutefois Yes de quelques moqueries supplémentaires mais ne risque pas d'inciter la vierge jeunesse à se plonger dans sa discographie.


Avis de la Team
DocSavage
Religionnaire

Les internautes ont la parole! : 11 message(s)    Laisser un message

Jorreau  27/09/2011    avis

Je suis déçu de l‘ambiance globale de cet album. Une très vague idée du vrai YES. Musique plus proche (hélas !) du sound d'Alan Parsons' Project et de Barkley James Harvest, très répétitive, malgré les qualités instrumentales. Pas d’imagination, pas de grain d’or.


Séb.  20/09/2011    avis

Bonjour à tous, j'essaie de laisser mes sensations à propos de cet album... Et je dois dire que j'ai plusieurs problèmes, je suis tiraillé, moi entre l'absence de J.Anderson et l'efficacité plus directe de B.David. Voyez où j'en suis... Car oui, ce Fly est un album agréable, et après quelques écoutes on ne peut que faire le rapprochement avec Drama, à commencer par le chat noir s'enfuyant sur les roches, petit clin d’œil, mais surtout dans les passages de Fly From Here Part IV "Dreaming, seeing you there.." identique à "Machine, machine Messiah....". S.Howe, malheureusement ne parvient pas à décoller, et est sans arret submergé par des claviers un peu encombrants, ce sont eux, je pense qui donnent ce coté "d'un autre age" à l'album. Howe à l'air ici en viager ou en service minimum (Solitaire), je le regrette vraiment. Meme sur le très Andersionnien "Into the storm" son solo se perd un peu. Car sur des albums comme "relayer" que l'on traite comme escroquerie, ça et là, il était bien plus captivant, il était moteur. D'ailleurs une escroquerie ne consiste-t-elle pas à réchauffer un morceau datant de trente ans? C'est d'ailleurs un des points qui me posent problème avec l'album, cette idée de récupération loin d’être originale! Pour résumer, c'est le fond qui me pose problème, la forme est belle.
A bientôt.


François  22/07/2011    avis

Or donc, fan de Yes depuis la première heure (je suis "à genoux" devant Going for the One)... la première écoute de"Fly" m'a interpelé : pas grandiose, mais attachant... Et puis après, je me suis dit "Il y a quelque chose là-dedans qui fait que l'on a vraiment envie d'y retourner." Et depuis, j'y retourne très souvent. Mes conclusions donc :
- enfin un album de Yes équilibré, que je peux écouter en entier, sans baisse de concentration : même "Close to the Edge" ou "Relayer" patinent à certains moments).
- Ce "Fly..." reprend des ambiances "coin du feu très réussies" (Hour of Need) qui pourraient s'enchaîner facilement avec des "And you and I", par exemple.
- Les ex-Buggles sont vraiment magiques : son simple et efficace, mélodies chaleureuses. Y a pas à dire, Drama est aussi un GRAND album de YES.
- Steve Howe et Chris Squire reprennent l'histoire à leur compte, pour faire de cet album un vrai album de YES, même sans Jon ni Rick.
- Notre nouveau chanteur s'en sort très bien, à sa manière... et surtout à celle de Trevor Horn, mentor de l'histoire.
-Franchement, après un "Magnification" qui s'avère au final peu fréquentable, un des CD de Yes qui prend vraiment la poussière sur mes étagères, voilà un album d'une réelle simplicité qui fait plaisir à écouter.
Yes, je l'aime cet album, comme un vieux pote qui ne se la joue pas mais qu'on a plaisir à revoir.
François


Religionnaire  14/07/2011    avis

Le Religionnaire ne pense pas se dégonfler un jour. En revanche il n'est plus vraiment masqué désormais... Quant à la contradiction, contrairement à ce que vous dites, il la cultive...


Hymnos  12/07/2011    avis

Ok, ok. J'ai donné un point de vue. Nous ne sommes pas d'accord. Ça arrive. Néanmoins, c'est bien la première fois que l'on me qualifie de "bien-pensant" ou de conformiste. Ça me change.
Pensez tout de même à vous dégonfler le melon mon Légionnaire, et à débattre du fond des arguments que l'on vous tend plutôt que de fanfaronner en avançant masqué, ce serait plus utile. À moins que seul votre point de vue ne compte et ne souffre la contradiction. Dommage en ce cas. Au plaisir de vous relire.


Religionnaire  12/07/2011    avis

Le pire des chroniqueur est certainement celui qui sait ce que doit penser un bon chroniqueur...
Quant à ce qui est d'attendre en 2011 un album qui soit digne du talent "originel" du groupe, laissez donc rire le Religionnaire. Vous placez le sommet aux alentours, voire directement sur Relayer, le Religionnaire le voit à cheval entre Time and Word et The Yes Album. Chacun sa manière de concevoir le rock et de se laisser abuser par l'escroquerie prog. Fly from Here n'est certainement pas une escroquerie telle que que Relayer, Tales from..., et Going for the One. Il s'agit d'un bon petit album nostalgique d'une bande de petits vieux qui, contrairement à d'autres, ont encore quelque chose à jouer.
Le fait que Jon Anderson soit déçu de cet album est très révélateur, et plutôt bon signe...
Quant à la bassesse d'un chapeau, vous devriez savoir qu'on ne vient pas impunément voler la vedette au Religionnaire sur la page même de sa chronique, et encore moins tenter de rectifier sa pensée incontestable. Il existe certainement des moyens moins risqués de faire sa pub...
Sachez enfin que la valeur d'un chroniqueur ne se mesure pas à la concordance entre ses notes et celles du syndicat des critiques bien-pensants, surtout en matière de prog.


Hymnos  12/07/2011    avis

Chroniqueur chez Progressia (Christophe Manhès), j'ai eu largement l'occasion d'apprendre à écouter la musique — et d'essuyer par la même occasion des réflexions aussi bas du chapeau que la vôtre.
J'ai dit, je redis, que l'on peut ne pas aimer "Relayer". Affaire de goût certainement et même si dans le cœur des fans beaucoup le considèrent, contrairement à vous, comme un sommet indépassable (pour exemple : http://www.gutsofdarkness.com/god/objet.php?objet=807). Non, ce que j'ai dit, et que je redis, c'est que "Fly from Here" est une œuvre indigne du talent originel du groupe. Cette musique est lisse comme un cul et un chroniqueur se doit à mon avis d'exiger plus vis-à-vis de la musique. Sinon, à quoi bon chroniquer? Autant valider l'intérêt de la moitié la prod progressive moderne qui se situe malheureusement dans cette zone où le "juste bien" est devenu la valeur haute…
Je n'ai aucun problème avec la modernité ayant été par exemple un des premiers promoteurs de groupes comme Kayo Dot (sur lequel j'ai écrit un long article pour Prog-résiste) ou Sleepytime Gorilla Museum, deux groupes dont la valeur n'est aujourd'hui plus discutée. Par ailleurs, dans une chère plus mainstream, j'aime énormément un groupe comme Porcupine Tree qui justement figure parfaitement le prog moderne en étant inventif, innovant et orignal.
Mes oreilles vont bien merci. J'ose dire que certains s'en servent même pour faire des choix dans leurs achats. Ce qui est certain, c'est que ce "Fly from Here" ne rentrera définitivement pas dans leur panier achat, arguments à l'appui. ;-)


Religionnaire  12/07/2011    avis

Cher Hymnos, si vous aimez la musique noire et extrême, le Religionnaire ne saurait trop vous conseiller d'aller vous secouer un peu plus loin du coté du black metal par exemple. Quant à ce fameux Relayer, sa plus grande qualité reste sa superbe illustration, la meilleure de Roger Dean. Le reste, et notamment la musique, est à peine tolérable. C'est donc avec une grande joie que le Religionnaire accueille ce Fly From Here qui lui est non seulement supérieur mais également très satisfaisant. Ce n'est pas parce que le rock progressif a connu ses heures de gloire dans les années 70 que tout ce qui a été enregistré dans cette décennie mérite le label supérieur... Veuillez apprendre à écouter la musique cher Hymnos et ne pas vous laisser assourdir par la date de sortie...


Hymnos  11/07/2011    avis

Arriver à noter « Relayer » à peine 5 et mettre près de 7 à ce « Fly from Here » c'est quand même une performance qui discrédite durablement un chroniqueur. Les goûts et les couleurs comme on dit… Ce n'est pas tant de ne pas aimer « Relayer » qui me choque, l'album le plus noir et extrême du groupe qui peu effrayer les oreilles chastes, mais de mettre plus que la moyenne à ce produit marketé d'un kitch absolu, fainéant dans sa forme et dans son fond, qui ne fait preuve d'aucun jus créatif digne ni de cette musique ni ce groupe qui était vraiment immense jusque dans le milieu des années 7O. Pathétique.


Fragile  08/07/2011    avis

D'accord aussi globalement avec la chronique et le commentaire précédent, cependant je ne pense pas que l'aspect désuet de ce nouvel album soit un frein quand à un éventuel achat sur un jeune auditoir qui dans sa globalité, se fiche éperduement de Yes et de son éventuelle modernité ou non!
Fly From Here est une surprenante et agréable surprise ainsi qu'un séduisant retour en arrière à l'époque prolifique de Drama.
Je pense qu'avoir perdu Jon Anderson pour la seconde fois de sa pléthorique carrière, a rendu un fier service à ce Yes moribond depuis quelques décénnies car Fly From Here est un formidable sursaut de créativité et de fraicheur.
Certes, rien qui révolutionne le genre progressif ou le rock tout simplement.
Nous sommes en terrain connu. Mais c'est sans doute ça qui fait du bien en fin de compte, car ici Yes n'essaie pas de sonner moderne (pour finir par sonner ringard et dépassé comme sur le gros de leur oeuvre des 80's et des 90's), Yes se contente de faire du Yes tel qu'il le pratiquait de 1970 à 1980 dans ses diverses incarnations.


Philippe  03/07/2011    avis

Je suis globalement assez d'accord avec l'avis du Religionnaire sur ce "Fly from here" (également sur le sentiment que cette musique fait malgré tout partie aujourd'hui d'un autre âge, avec ces sonorités "datées", les claviers en particulier. Pour ceux que ça intéresse, j'en ai publié une chronique un peu plus enthousiaste sur mon blog : http://www.philippevallin.com/article-yes-fly-from-here-78490261.html
Bonne lecture et bonne musique !



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