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STYLE : rock/punk/garage

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Thee Michelle Gun Elephant - Casanova Snake - 2000

1Dead End Star
2Cobra
3Young Jaguar
4Plasma Dive
5Revolver Junkies
6Dust Bunny Ride On
7Naked Sun
8Raphsody
9Bogie's Dawn
10Silk
11Pinhead Cramberry Dance
12Angie Motel
13GT 400
14Pistol Disco
15Drop

      Deadkal


02/05/2006    

Du rock dopé au plutonium. Quand la fièvre du rock’n’ roll nippon fait fondre les fjords du Grand Nord, elle s’appelle Thee Michelle Gun Elephant. Depuis un certains nombre d’années les japonais ont pris la relève des scandinaves et supportent admirablement le flambeau du rock. Formé en 1991 dans le sillage des Headcoats et compagnie, le groupe TMGE s’est fortement imprégné de culture musicale occidentale, des Stooges et MC5 en particulier. Leur nom viendrait de la combinaison d’une mauvaise prononciation du Machine Gun Etiquette des Damned et du nom du groupe Thee Headcoats. On ressent fortement par ailleurs l’influence du rockabilly et certains rythmes ne sont sans rappeler les groupes du renouveau rockabilly anglais des années 70 comme Wild Angels ou Alvin Stardust ou de groupes américains des années 80 comme les Stray Cats. Leur cocktail détonnant mélangeant l’énergie punk et le rock’n’ roll établit directement leur filiation avec des groupes comme The Metors. TMGE défie les classifications et contribue à faire du rock’n’ roll ce magma fusionnel qu’il a toujours été.

Il fallut cependant attendre 1996 avec l’album Cult Grass Stars (enregistré à Londres par Chris Brown qui avait déjà travaillé avec Radiohead)pour que le groupe soit reconnu dans son propre pays. L’album qui les fit connaître hors de leur île fut Gear Blues sorti en 1998 au Japon mais seulement en 2000 en Europe et aux Etats-Unis. Le groupe est composé de Yusuke Chiba (chant), Futoshi Abe (guitare), Koji Ueno (basse) et de Kazuyuki Kuhara à la batterie.

Casanova snake : un venin séduisant. L’enseignement premier de cet album c’est son accessibilité. On est véritablement contaminé par le virus. Le chant a beau être en japonais, on se plait à répéter en chœur les refrains des titres qui le composent. Le groupe brasse un certain nombre d’influences comme on a pu le voir. Celles-ci sont bien digérées et fusionnent pour donner naissance au style autoproclamé de « Japanese Monster R&B ». TMGE nous lâche quinze brûlots sidérant, à paralyser, allant du rockabilly ( « Cobra », « Plasma Dive »), au punk (« Dust Bunny Ride On », « Raphsody », « Silk », « Angie Motel », « Pistol Disco ») en passant par le rock’n’ roll, le rock alternatif et le rock mélodique («Dead End Star », « Young Jaguar », « Revolver Junkies », « Naked Sun », «Pinhead Cramberry Dance », « GT 400 ») ou tout simplement le rock avec les surprenants « Bogie's Dawn » et « Drop » sans pour autant que tout cela soit aussi compartimenté, le groupe mariant subtilement tous ces ingrédients au sein d’un creuset musical cohérent.

Le second enseignement de cet album c’est que le groupe adopte une posture qui fait de lui une formation à part entière. On retrouve des éléments communs avec les groupes garage et punk mais il s’en différencie fortement en puisant encore plus que les autres dans le rock’n’ roll adoptant un tempo souvent binaire et en utilisant la basse de la même manière que la contrebasse dans les groupes de rockabilly. Leur style semble agressif à la première écoute et on a l’impression que le disque est enregistré en son direct, les braillements du chanteur couvrant l’écho des guitares vibrantes tandis que le bassiste frappe violemment ses cordes pour signaler sa présence. Ce caractère sauvage est intensifiée par le jeu de la batterie qui frappe à tout-va. Le batteur s’applique à maîtriser le chaos sonique semé par ses camarades et alterne rythme endiablés et finesse pour notre plus grand plaisir.

Malgré un côté assez « brut », l’insolence mélodique est toujours inscrite dans la totalité des titres composant cet album. Le chant est indiscutablement bien maîtrisé. Chiba module sa voix à volonté au gré des ambiances, chant éraillé, cris (« Plasma Dive »), chant rock se succédant à merveille. La rythmique démontre une brillante souplesse, passant d’un registre rock’n’ roll rapide à des poussées de fièvre aux accents punk affirmés et scandés par les assauts répétés de Kuhara, ou alourdissant par moment l’ambiance comme sur le magnifique et planant « Drop ». La basse tresse des lignes aux parfums rock’n’roll et blues, rockabilly et s’évertue à complexifier l’architecture des morceaux.

Plus impressionnant encore est le travail effectué à la guitare. Le jeu d’Abe est tranchant et sophistiqué, hypnotique et mélodique. Il est véritablement l’élément discriminant de l’ensemble. Sa seule présence sur l’album différencie la formation des autres. Ses lignes raffinées empruntent plus au blues et au rock’n’ roll qu’au garage-punk. On retrouve ainsi de nombreux solos qui mettent en avant son talent et son imagination. Il décoche ses flèches soniques, son carquois créatif ne désemplissant pas tout au long de cet opus : hurlantes, ruisselantes de chrome, incandescentes mais toujours mélodiques.

Il existe des versions de cet album avec trois titres bonus que je n’ai malheureusement pas entendu : « Baby Stardust », « Vegas Hip Glider », « Musashino Elegy ».

Si la musique est un langage universel…Thee Michelle Gun Elephant mérite alors que l’on s’y attarde et même plus si affinité. Un must pour tout fan de rock.


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Deadkal

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