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STYLE : Folk/rock
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Hubert-Félix Thiéfaine - De l'amour, de l'art ou du cochon - 1980
| 1 | Psychanalyse du singe
| | 2 | Groupie 89 turbo 6
| | 3 | L'amour fou
| | 4 | Scorbut
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| 5 | Comme un chien dans un cimetière
| | 6 | De l'amour, de l'art ou du cochon ?
| | 7 | L'agence des amants de madame Müller
| | 8 | Vendôme gardenal snack
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Hubert-Félix Thiéfaine n°3 : Dernière bêtise avant mutation
De l’amour, de l’art ou du cochon est l’album mal-aimé d’Hubert-Félix Thiéfaine. Au moment de son enregistrement, ce dernier ne se supporte plus. Il ne supporte plus de devoir faire le clown triste à longueur de chansons. En pleine période de doutes plus ou moins malsains, le décalage entre la pensée et les écrits du Jurassien se fait trop grand. A l’image de la pochette ridicule, HFT devient quelqu’un d’autre sur ses disques et il aspire de plus en plus à devenir lui-même. Plus sombre, plus rock. Alors dans la journée il fait le taf en enregistrant ce disque avec ses musiciens habituels du groupe Machin, fait son concert le soir puis écrit pendant la nuit entière ce qui deviendra son album suivant, Dernières balises avant mutation. Complètement hors du coup, le chanteur suit de loin l’élaboration du disque, avant de finalement se désintéresser totalement de cette troisième galette. Indéniablement le maillon le plus faible de sa trilogie folk des débuts, De l’amour, de l’art ou du cochon sombrera rapidement dans l’indifférence de son auteur et de son public.
Pourtant tout n’est pas mauvais dans cet album, loin de là même. Musicalement abouti, avec un côté kitsch assumé, le disque contient son lot de textes notables. Au rayon pitreries, « Scorbut » sort du lot avec cette histoire d’abstinence forcée qui se répercutera sur les chiens du pays, une dernière fois contée avec cet accent franc-comtois si particulier. Si l’on peut comprendre que c’est bien le genre de chanson qui a fait péter un câble à Thiéfaine, on doit pourtant admettre que c’est un succès en son genre. « Groupie 89 Turbo 6 » en est un autre. Cette chanson sera la seule du disque à devenir un classique du chanteur, en contant une liaison sado-maso délicieusement exagérée !
Le titre éponyme, ainsi que « L’Agence des amants de madame Müller », sont eux les vraies réussites de l’album, avec leurs textes remplis de non-sens ou d’allusions farfelues et leur accompagnement musical ambitieux. Ils démontrent tout le savoir faire textuel de Thiéfaine mais aussi sa grande qualité d’interprète, qui fait parfois flipper tant il semble complètement ravagé. Dans un genre plus sérieux, « Psychanalyse du singe » (et sa fameuse phrase d’introduction Si j’étais Dieu je croirais pas en moi, mais si j’étais moi je me méfierais !) règle quelques comptes avec le milieu de la musique et du showbiz, sur un accompagnement rock clairement décadent. Le reste est plus anecdotique, traduisant le peu d’implication du chanteur. Celui-ci l’avoue d’ailleurs à la fin de l’album. Les derniers mots de « Vendôme gardenal snack », chanson dont la filiation avec Léo Ferré saute aux oreilles, annonce la fin d’un cycle et le démarrage d’un autre : Je t’autorise à me jeter. HFT n’aurait pu trouver mieux comme conclusion, tant c’est ce qu’il va faire lui-même. Jeter ce Thiéfaine là, s’en libérer, pour en faire naître un autre. Celui des années 80 et de ses sommets de poésie noire. Une mue nécessaire, vitale, qui ne doit pourtant pas faire oublier les qualités de ses premiers disques.
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