De nature introvertie, il aura fallu attendre que les médias prennent le large suite à son départ des Red Hot pour que l'homme assume enfin sa première création solitaire. Niandra Lades and Usually just a T-Shirt est un double album fait main, trempé dans l'acide, pas vraiment mainstream. Pour preuve, le seul qui osera en assurer la distribution n'est autre que l'audacieux Rick Rubin, déjà connu pour ses travaux de gros œuvres (Rage Against the Machine, AC/DC...). Deux parties sont à distinguer absolument avant de partir à l'aventure. La première, nommée Niandra Lades contient de titres divers et variés, composés pour la plupart pendant les sessions de Blood Sugar and Sex Magic. La seconde logiquement intitulée Just a T-Shirt est une suite de pistes non titrées s'enchainant, comme si elle formaient une sorte d'ensemble.
C'est une production tout à fait personnelle, que nous propose John Frusciante. Il a tout réalisé seul, du chant à l'arrangement final, en passant par l'instrumental. Ce qui n'est pas forcément une bonne chose dans la mesure où l'album peut semblé logique seulement pour son auteur. Du coté des auditeurs et des auditrices dans lequel nous sommes, nous avons le choix : soit l'on adhère, soit l'on prie pour que le supplice cesse. Dans tous les cas, il faut reconnaitre que cet album est intéressant dans la mesure où c'est l'exact opposé de ce que nous propose les majors. Incroyablement honnête, l'artiste transmet toute sa passion pour son art à travers des chansons mélancoliques, parfois teintées de psychédélisme.
La première partie est la plus abordable, la plus classique aussi. Malgré des titres troublants comme "You're Pussy's Glued to a Building on Fire" les musiques sont étranges mais bonnes. Le mélange guitare folk et guitare électrique est bien exécuté. Loin de son groupe de cœur Frusciante élargit son jeu avec des mélodies jazz et blues qui apparaissent dans un mixage fait maison, très sale. Il saisit l'occasion pour nous faire profiter de sa voix, mais ne nous emballons pas. Même si l'on voit où il veut en venir avec ses mélodies, il n'y a pas besoin d'avoir l'oreille absolue pour comprendre que nos tympans ne seront pas épargnés. L'écoute va être longue, il y aura des morts, c'est sur! Sur le coup on en vient presque a regretter le double album car même si John Frusciante prétend être net lors de la plupart des enregistrements, nous sommes épris d'un doute lorsque sa voix se rapproche parfois plus du miaulement d'un chat violenté par un castor sous amphets qu'a celle d'un être humain.
La deuxième partie n'est guère mieux, mais au moins on ne peut plus nommer les crimes. Formant une sorte de nébuleuse créative, on ne sait pas vraiment ce que l'on va écouter ni ce qui va arriver après. Surprise. L'ambiance mélancolique est toujours de rigueur, c'est déjà ça, l'expérimentation en matière de mixage aussi.
C'est un album placé sous le signe la drogue, pour l'apprécier il semble nécessaire de se placer dans une perspective créatrice et ne pas le juger sur la justesse de son contenu sinon il est clair que l'album n'aurait jamais été sorti. C'est le genre de production qui ne serait pas la même sans ses défauts, les fausses notes en font partie intégrantes et contribues à sa différence. Malgré les défauts apparents, John Frusciante démontre avec ce disque qu'il n'a pas besoin de ses petits copains pour faire preuve d'un grand sens de la composition, ces hommes sont rares par les temps qui courent.
| Avis de la Team | |
|  |
| Baptiste |  |
Les internautes ont la parole! : 0 message(s) Laisser un message