The Move : l'insolence psychédélique

par

Religionnaire

(le 09/03/2011)

The Move demeure parmi les plus illustres acteurs de la scène psychédélique anglaise de la fin des années soixante. Son insolence très prononcée occulte volontiers la richesse de sa musique et contrarie hélas à l'époque son exportation aux États-Unis. Constitué à la manière d'un supergroupe, le collectif réunit les pointures de la scène de Birmingham et se distingue rapidement grâce à des performances fracassantes inspirées des Who et des Beatles. Les destructions scéniques spectaculaires et parfois ahurissantes ponctuent alors des hymnes puissants et fantasques, le tout suscitant l'intérêt croissant du public londonien et des différents professionnels du milieu. Le succès retentissant des quatre premiers 45tours, qui se hissent dans les cinq premières places du classement, installe la formation aux cotés des plus prometteuses de l'époque. Hélas, en concentrant ses efforts sur la scène et sur ce marché des 45tours, The Move ne parviendra jamais à séduire en masse avec ses albums, ce à une époque où ce format prend une importance capitale. Les deux premiers s'avèrent contrariés par un manque relatif de consistance et sortent avec un retard non négligeable tandis que les deux derniers, tout aussi valeureux, constituent avant tout des œuvres transitionnelles.

Les compositions du groupe sont initialement celles de Roy Wood, sans conteste l'un des artistes les plus éclectiques et excentriques de sa génération. Son talent reste profondément sous-estimé, autant pour ses brillantes mélodies que pour ses textes subversifs, absurdes et volontiers inconvenants. Le groupe est d'ailleurs poursuivi par le premier ministre de l'époque puis condamné en raison d'une carte postale promotionnelle jugée diffamatoire et sombre ultérieurement dans une regrettable autocensure en refusant de proposer le génial "Cherry Blossom Clinic" comme 45tours, ce dernier traitant d'un malade interné dans un asile. De nouveaux tubes permettent cependant à la formation de survivre à son délitement progressif, jusqu'à ce que Wood parvienne enfin à recruter un second compositeur en la personne de Jeff Lynne. Les deux hommes s'accordent d'emblée sur un nouveau projet : le futur Electric Light Orchestra, duquel The Move deviendra la rampe de lancement. Si aucun des albums de la formation ne peut prétendre au statut de chef d'œuvre d'un genre, les quatre renferment des pièces d'exception sur lesquelles le collectif flirte avec le psychédélisme, le hard rock et le progressisme. Ces œuvres bien plus complexes et passionnantes que les 45tours, ne sauraient ainsi être contournées sous peine de réveiller la colère du Religionnaire.



N'hésitez pas à réagir sur le sujet...

(les messages irrespectueux seront modérés et ceux à but publicitaire seront systématiquement effacés)


DATE NOM COMMENTAIRES
09/03/2011Religionnaire

En vous remerciant!



© Tous Droits Réservés - http://www.destination-rock.com ® 2011
Radio partenaire : http://www.lagrosseradio.com/     Nb de visites : rencontres     Compteur :