Si le mot Stoner en lui-même ne veut pas dire grand-chose puisque les grands noms du style (Kyuss en tête) n’ont jamais réellement apprécié cette appellation, il permet néanmoins de mettre un label qualité sur une scène de nostalgiques proposant un mélange des styles, en marge du metal le plus traditionnel, puisant ce qu’il y a de bon à prendre dans les courants rock majeurs : Hard Rock, Doom, Grunge, Punk ou Rock sudiste sont autant de ramifications soniques dont le stoner s’inspire pour ses trips hallucinés, ses guitares distordus ou ses riffs sautillants.
Qu’elle soit Stone And Roll, Rock N Stone ou Punk N Roll, quel que soit le titre de noblesse, la marque déposée comme un tampon ‘‘satisfait ou remboursé’’ sur le cul des disques, cette scène reste la plus passionnante à mes yeux, car libre de tout carcans, comme exonérée de la fatale impression de ‘‘déjà entendu’’ qui règne sur les trois quart du rock actuel. Une qualité indéniable qui n’a d’égal que la fatale difficulté qui en découle : Les amateurs de Stoner sont isolés. Webzine, salles de concert ou labels ne savent pas comment s’y prendre avec ces types, qui sont trop hard pour les amateurs de pop guimauve et trop trends pour les trves Metaleux. Le cul entre deux chaises, voilà bien la plus inconfortable des situations.
Le style pérennise pourtant aux USA, pays multi-culturel immense où chaque délire trouvera son lot de dingues pour porter le projet, mais l’Europe est définitivement à la traîne, la faute à une méconnaissance du genre par les médias, aussi underground soit il. Il y aura toujours, selon le magazine, un AqME, un In Flames ou The Mars Volta pour faire les premières pages, reléguant Nebula, Monster Magnet, Spiritual Beggars ou Master Of Réality au rang de disque coup de cœur dans les colonnes noirs et blanches des chroniques diverses et avariés, caché derrière la baffe du mois, Heavy Thrash Death Black puisque ça, c’est du rock.
Vous allez me dire et les Queens Of The Stone Age alors ? Voilà bien l’exception qui confirme la règle. Le combo de Josh Homme, dont les qualités musicales sont indiscutables et seront ici indiscutées, tourne énormément dans nos contrées, passe sur la FM et affiche régulièrement complet. Mais en quoi cela aide t’il la scène, puisque leurs disques sont constamment classés dans la catégorie ‘‘Variété Internationale’’ et que leurs premières parties sont assurées par des groupes tels que Biffy Clyro, dont les accointances musicales relatives au mouvement sont inexistante ? Et oui, un groupe tel que les Queens remplissent aisément le Zénith mais la première partie n’est pas assurée par un groupe français… Ce serait dommage d’aider la scène…
Et pourtant les bons groupes ne manquent pas dans notre beau pays… Sans me lancer dans une énumération sommaire, je peux vous assurer qu’il y a en France un bastion conséquent de jeunes loups aux dents longues, prêt à faire parler la poudre pour peu qu’on les laisse sortir des bars où ils se produisent faute de mieux.
Qui est responsable de cette léthargie latente et du manque d’exposition ? Ce n’est sûrement pas à moi d’en juger, néanmoins je ne pense pas être le seul à sentir que la nouvelle garde s’épuise la guitare et les cordes vocales dans des caves alors que le potentiel est là. Qui pour les faire sortir de l’ombre ? Quel média pour relayer l’info ? Même les webzine accusent le coup en la matière, puisque même les plus ouverts d’entre eux ne savent que faire avec Blues For The Red Sun entre les mains. La tendance est à la pop adolescente soit disant punk porté à bout de machine à écrire par un Phillipe Manœuvre quelque peu incompréhensible sur ce coup là (BB Brunes, Plasticines) ou au gros metal qui tâche (Gojira, Dagoba…).
Si je décrie la première et respecte la seconde, je plains aujourd’hui ceux qui rêvent de mener loin leur projet Stoner dans cette France allergique au rock en général et frileuse lorsqu’il s’agit de découvrir un courant alternatif. Pourtant en cette fin de décennie, le Rap se meurt (quoi que NTM est revenu mettre les pendules à l’heure) englué dans le people pseudo gangster, le Metal se mord la queue, l’extrême est même ridicule et la pop s’essouffle. Tous les ingrédients sont réunis pour l’avènement d’un nouveau courant libre et sans contraintes, un mouvement qui existe dans l’ombre depuis 1991, écrasé à l’époque par ce satané Grunge et qui a dans le ventre de quoi tenir le devant de la scène. Utopie ? On dirait bien oui…
Quelques liens vers les quelques sites qui savent écrire Stoner sans fautes d'orthographes :
Wikipedia: Page Wikipedia où 3 lignes et 10 groupes se battent en duel.
Desert Rock, Webzine français spécialisé dans le Stoner, avec 5 visiteurs au compteur!
Slow End: Forum passionnant sur le genre où quelques irréductibles organisent la résistance.
Alburock: dossier Stoner Par Maxime
Eklektik: Dossier Doom, Stoner Sludge par Neurotool
Stonerock: Site Stoner, tenu par 3 irreductibles à Chapeaux!
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