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Procol Harum : Baroque & Roll

par

Religionnaire

(le 14/12/2009)

Quand Procol Harum n'est pas purement et simplement oublié, il est occulté par son gigantesque tube "A Whiter Shade of Pale" ou par les Moody Blues que la plupart des rockologues considèrent comme les concurrents directs. Les deux formations partagent un statut de pionnier en matière d'assemblage de rock et de musique classique dans l'esprit beatlesien, et demeurent parmi les grands instigateurs de la première vague du rock progressif. Après examen des discographies respectives, il apparait que Procol Harum contribue et participe davantage à ce mouvement progressiste, ceci tout en gardant une certaine distance vis-à-vis de plusieurs de ses caractéristiques. Ainsi, même dans ses élans les plus ambitieux, le groupe ne manifeste guère de virtuosité instrumentale. L'architecture des compositions est parfois recherchée, raffinée voire pédante mais jamais obscure ni hermétique. De plus, le collectif ne néglige jamais l'importance de prestations plus simples et directes dans un registre R&B plus ou moins musclé. Cet équilibre entre pièces pseudo-symphoniques et chansons plus élémentaires se rompt volontiers, dans un sens comme dans l'autre, au fil de l'histoire du groupe.

L'œuvre de Procol Harum est en grande partie celle du claviériste, pianiste et chanteur Gary Brooker. Celui-ci compose la plupart de la musique et se révèle en subtil arrangeur, notamment quand il s'agit d'inclure des orchestre à cordes dans ses compositions. Le talent avec lequel il parvient à mettre en musique les paroles de Keith Reid, l'un des plus grands poètes du rock, influencera le travail d'Elton John avec Bernie Taupin. Les trois premiers disques demeurent les plus emblématiques, principalement en raison de la présence de Matthew Fisher qui contribue nettement à établir le fameux baroque & roll à deux claviers. Son départ est suivi de l'ascension du très bon guitariste Robin Trower qui donne à la musique Procol Harum un abord plus franc et robuste, teinté de ses influences hendrixiennes, avant que celui-ci ne quitte également le groupe pour se lancer en solo après Broken Barricades. Ces deux démissions déterminantes n'empêchent pas la formation de Gary Brooker de briller à nouveau avec le flamboyant Grand Hotel, une des rares œuvres progressistes de 1973 dont la démesure extrême n'est pas synonyme de dégénérescence. Les trois derniers disques des années soixante-dix témoignent d'un déclin inévitable qui n'en est pas moins digne.

Le Religionnaire vous invite à redécouvrir ces dix albums en sa compagnie, au travers de ses considérations clairvoyantes et voluptueuses :





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DATE NOM COMMENTAIRES
26/12/2009Eeguab

Procol Harum est ailleurs, au-delà. Même son dernier opus(à ma connaissance)This Well's On Fire est intéressant.

14/12/2009Religionnaire

En vous remerciant..



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