A quoi bon faire une chronique ?

par

Kanart

(le Jeudi 16 juillet 200)

« A quoi bon faire une chronique ? »

Il n’est pas un chroniqueur qui à un moment donné de son existence, et tout particulièrement lorsqu’il se trouve confronté à une bonne grosse démo bien moisie, ne s’est pas posé au moins une fois cette question. En lisant divers posts en forum interne mais aussi en parcourant d’autres webzines et surtout parce que pour la énième fois je tente là encore de chroniquer une de ces infectes promos, je me pose encore et toujours cette foutue question un mercredi soir : « Pourquoi ? Mais pourquoi, j’écris une chronique ? »

A défaut d’inspiration et plutôt que de finir la démo sus évoquée (depuis le temps qu’elle attend, un ou deux ans de plus hein ?), je préfère vous balancer comme ça, les pistes d’une réflexion qui n’a, il faut bien l’avouer, absolument aucune vocation à l’exhaustivité. Elle n’engage même pas l’auteur de ces lignes, lequel dans un élan de couardise pleinement assumé niera toute responsabilité quant aux réactions que pourrait susciter chez le lecteur cette bafouille sur le pourquoi du comment un chroniqueur peut vouloir pondre une chronique. A bien y réfléchir, il y a cinq grandes raisons pour lesquelles un chroniqueur rédige une chronique, cinq grandes raisons pour lesquelles je ponds un truc comme ça entre la poire et le fromage :

1° - La première d’entre elles, c’est parce que le chroniqueur est une espèce de créature bouffie de vanité et d’orgueil. Surtout : il a la science infuse. Non pardon je m’exprime très mal : le chroniqueur EST la science ! C’est comme ça, il faut vous y faire, nous les chroniqueurs nous sommes de ces espèces de gens qui savons tout sur tout, mieux que tout le monde et surtout, mieux que vous, mieux que les autres chroniqueurs (évidemment) et mieux que les groupes eux-mêmes ! C’est aussi simple que ça ! Mon jugement est infaillible et cette incontestable supériorité fait des chroniqueurs que nous sommes des êtres divins et vous qui nous lisez, vous n’êtes que des gnous !

2° - La seconde raison qui fait que « j’écris une chronique », comme tout chroniqueur au demeurant, c’est parce que ma vie privée c’est euh… comment dire… de la merde. Oui, voilà, c’est ça ! C’est toutefois un point assez difficile à apprécier et certainement sujet à controverse dans la mesure où il me semble pourtant que le chroniqueur ne dira que rarement qu’il n’est pas totalement satisfait de sa vie privée. Certains d’entre nous ont d’ailleurs pu remarquer assez aisément que l’épanouissement de leur vie privée tend à être inversement proportionnel au nombre de chroniques produites. En claire, plus je passe de temps à écrire des chroniques pour satisfaire mon égo de chroniqueur et moins j’ai de temps pour ma p’tite femme, mon travail, mes animaux ma maison etc… Un bon indicateur c’est donc la fréquence des chroniques produites. Et lorsque l’on associe ce critère à celui du temps passé à scroller le forum interne du webzine pour lequel on officie, alors là… Certains par exemple chez DR ont un tel rythme de production et une telle présence sur les forums que les bruits les plus fous circulent à leur sujet. Savez-vous qu’il se murmurerait même que certains chroniqueurs (je ne veux pas les nommer) chez certains webzines (mais là encore on n’est pas sûr de bien savoir lesquels) n’auraient même pas de vie sexuelle ? Étonnant, non ? Cela peut d’ailleurs expliquer un bon nombre de choses…

3° - La troisième raison confirme la théorie selon laquelle l’égo du chroniqueur serait quelque peu surdimensionné (inversement à son … Euh… Non, rien en fait). Comme il peut exister des bêtes de sexe, le chroniqueur est une bête d’ego et il tient à faire savoir que le sien est plus gros que celui du voisin (on parle bien de l’ego là, hein ?). Sans vergogne aucune et dénué de tout amour propre, les chroniqueurs n’hésitent donc pas à se faire concurrence sur des domaines déjà maintes fois visités en faisant la même chose que les autres mais en mieux (évidemment). Et surtout les chroniqueurs s’exhibent comme des gros poseurs en se gargarisant et en se filant des grandes claques dans le dos sur le fait que non seulement leur chronique est la « plus mieux bien » (ben oui, on communique comme on peut entre chroniqueurs : on est des gens simples, on adapte notre langage à notre intellect, et au vôtre aussi, forcément), mais surtout qu’elle est la plus lue du Net !

4° - La quatrième raison, c’est parce que nous sommes une bande de débiles qui aimons lécher le culs des majors en leur collant aux basques comme un furoncle au cul en les suçant à qui mieux mieux pour espérer un jour avoir les démos de « vrais » grands groupes en priorité, avant tout le monde. Rah la la la la : qu’est-ce que c’est bon de chroniquer par brassées entières des démos de merde : c’est épouvantablement asservissant, ça apporte pas un rond, on a des poils de culs plein les dents et de l’herpès aux lèvres mais alors : qu’est-ce que c’est bon !

5° - Enfin, la cinquième raison et qui est probablement une forme de perversion de la précédente, c’est que lorsque j’écris une chronique, je peux me permettre d’humilier et avec un certain plaisir qu’il serait bien vain de vouloir dissimuler, les groupies en furie de certaines icônes réputées intouchables. Je vais les rendre folles, les pousser à m’insulter. Je sais que le QI moyen de ces gens là ne dépasse généralement pas la température anale d’un cadavre de cancrelat mais alors voire cette bande de semnopithèques attardés se défouler sur mes chroniques comme ils le feraient en tant normal sur un régime de bananes… Whouaaah ! Le grand frisson !

Si après tout ça vous avez encore envie de lire des chroniques, et bien libre à vous ! Mais sachez que quoi qu’il en soit, et surtout maintenant que vous avez lu le pourquoi du comment un chroniqueur chronique, vous savez que vous ne serez jamais que les tristes spectateurs et quelque part, les sinistres victimes d’un moment d’égarement d’un pov’ détraqué qui se faisait un peu chier un mercredi soir derrière son clavier.

NB : si toi aussi ami chroniqueur ou simple lecteur, tu as pu te sentir visé ou insulté en lisant cette bafouille, alors rappelles-toi bien de trois choses : tout d’abord c’est parfaitement normal car c’est fait pour, ensuite tu es certainement une créature dépourvue de toute forme d’humour et enfin, et bien, Cf raison n°1 !



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DATE NOM COMMENTAIRES
30/10/2010Pinhead

Je présente tout ces symptômes, est-ce normal???
Ah oui c'est vrai je suis chroniqueur.

29/04/2010tyrotyz

Je ne comprends pas, il est ironique (pas sur la forme, mais sur le fond) ou pas cet article ? Parce que sinon, je ne vois pas bien l'interêt de se complaire dans ses "défauts" et d'en faire l'apologie...

20/07/2009Kanart - Destination Rock

Merci Baragne. Mais tu sais, les chroniqueurs n'existent pas que chez DR...

18/07/2009Baragne

Superbement bien écrit. L'ironie et la dérision dont tu fais preuve m'ont beaucoup fait rire.
En fait, et à dire vrai, on vous savait un peu tous bizarre et malsains chez Destination Rock. Tu n'auras fait que l'avouer et l'assumer...

17/07/2009Religionnaire

Pour synthétiser, le chroniqueur est 1.Narcissique - 2.Impuissant - 3.Hystérique - 4.Manipulateur - 5.Pervers .... C'est tout à fait ça Kanart. Bravo. Cette preuve de transparence devrait éclairer les lecteurs récalcitrants...

16/07/2009KlOwN

Le Kanart a encore frappé! Mais où s'arrêtera-t'il ? J'ai bien ri en tout cas, merci !

16/07/2009Ulysse Angus-Destination Rock

Tout à fait d'accord avec toi, l'ami!



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