Le Transbordeur, c'est à Lyon. Et c'est loin ! C'est pour ça qu'il vaut mieux avoir un bonne voiture pour y aller, on pourrait tomber en panne... C'est malheureusement ce qui est arrivé au vieux Scénic occasion de chez Renault qui m'y a conduit. Et pour la première fois, comme de par hasard le 14 juin 2006, jour du concert d'un certain chauve aux lunettes noires. Rien de grave mais heureusement qu'on avait de l'avance... Bref, on a rien raté de cette prestation mémorable que je m'en vais vous conter.
La foule était très hétéroclyte, il y avait des jeunes (7-8 ans), des moins jeunes, et beaucoup de vieux hardeux aux cheveux blanc qui portaient des tee-shirts de beaucoup de groupes différents, voire même qui n'avaient aucun rapport avec Satriani... Quoi ? On s'en fout ? Bon ok, passons.
Bizarrement aucun groupe ne faisait la première partie et le virtuose de la six-cordes, accompagné par ses musiciens de tournée habituels, Jeff Campitelli assis derrière ses fûts, Galen Henson, le directeur de tournée et guitariste rythmique sans oublier le magnifique Dave LaRue à la basse commencent à jouer dans une ambiance mystérieuse et sombre la très belle intro de Flying in a Blue Dream. Ca y est, c'est parti ! Le choix des morceaux est sans surprise : Satch joue tous les classiques (Flying in a Blue Dream, The Extremist, Satch Boogie, Ice 9, Circles et bien sûr l'énorme Surfing with the Alien) sans changer vraiment par rapport à la version studio. Sauf Ice 9 ! Là on sent qu'il y a eu un travail et le résultat est là ! Et bien sûr il joue une grosse part du nouvel album Super Colossal, que j'ai découvert. Peut-être un seul petit reproche : le manque de variété. Je pense que le show aurait gagné à contenir quelques titres d'albums moins connus mais non moins énormes comme Strange Beautiful Music... Dommage.
Satriani joue bien ses morceaux, très bien même, il impressionne par sa technique qu'il met au service de la musique. Il manipule son manche avec vivacité, précision et maîtrise. Ce "branleur de manche", comme le nomment certains ne fais pas que branler du manche, il varie les techniques et les manières de jouer. Ses passages de tapping (notamment sur Satch Boogie) sont très réussis. Il joue même quelques secondes avec les dents, pour se la péter !
Le nouvel album ? Et bien, que dire, sinon qu'il n'innove pas beaucoup. Enfin, il ne change pas de direction : ces chansons sont en quelque sorte la continuité des précédents albums, toujours aussi rock, toujours aussi beaux. On sent notre homme toujours autant en harmonie avec son instrument. Le morceau éponyme (Super Colossal) ne m'a pas déçu. Son riff assommant et cette musique... toujours autant chargée en émotions pures.
Et si on parlait des autres musiciens ? Galen Henson accompage bien Satriani mais on ne l'entend pas trop. C'est surtout Dave LaRue qui retient le regard. Il est vraiment à l'aise avec sa basse, décontracté et serein, jetant des regards complices au public quand il joue et se retournant parfois pour jouer face au batteur. C'est aussi un bon musicien ! Sur un morceau de Super Colossal (l'album), il a attiré toute mon attention. En tapant des deux mains les cordes sur le manche, il révélait toute la puissance de l'instrument en produisant un bruit proche du tonnerre et provoquant un véritable tremblement de terre dans la salle. La classe.
Après le fabuleux Surfing With the Alien, les musiciens saluent, on croit que c'est fini mais ils reviennent avec 2 autres morceaux. L'un d'eux est tiré du nouvel album et est vraiment une bombe live ! Joe joue un riff magnifique très typé hard puis part en délire sonore et le public est censé reproduire ses notes. Vraiment un grand moment.
Au final, Joe Satriani est un exellent musicien, alliant grâce et justesse et qui gère en live.
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