Parfois, on n’ose pas aller à un concert… certains groupes old school sont mythiques et ce n’est jamais bon de rendre un mythe vivant. La peur des désillusions, de la déception… Aller voir GBH et les Dead Kennedy’s était un gros risque pour moi qui ait toujours cru que je devrais me résigner aux CDs et aux vidéos du net mais bon, ma psychologie de la vie a fait que j’y suis allé.
Le Furia sound festival, c’est à Cergy-Pontoise, non loin de Paris, par là bas tous les bleds se ressemblent mais Cergy a cette particularité : le festival du mos de juin. Une grande scène, trois petites scènes et une multitude de groupes (dont certains très inutiles mais bon…)
Arrivée 16h, ce qui laisse le temps de faire un petit tour d’horizon avant GBH à 19h30. Les stands remplis de fûts, le village assoc’, des gens plus ou moins ‘faits’ un peu partout, c’est ce qui frappe et marque toujours en premier ! Ensuite, les true rebelz (bah ouais on n’est pas loin de Paris…) se font moins discrets (comment louper des nains en rose et noir ???) Cette année, une génération plus âgée était là, d’anciens punks ne portant ni la crête ni le cuir, le souvenir des jeunes années se lit dans leur regard… 19h30 GBH : Qu’attndais-je réellement de ce groupe ? Je ne sais pas… mais je ne voulais surtout pas voir une pâle copie du Johnny Rotten d’aujourd’hui, pourtant c’est ce qui est arrivé… Un chanteur trop vieux qui n’arrive pas à remonter sur la scène une fois qu’il en est descendu, un guitariste qui tombe en arrières après un minuscule saut… GBH = Grosse Bouse aujourd’Hui ??? Ce n’était pas le groupe que j’aime sur scène, c’était un déchet punk… c’est marrant, je ne pensais pas que le punk pouvait être pourri dans ce sens, comme quoi…
Niveau son, c’est pas si mal par contre (à part le chanteur presque inaudible bien sûr), une basse dans toute sa splendeur (d’ailleurs, Mickey ne vieillit pas si mal…) C’est la fin et que voit-on ? Un groupe usé et fatigué qui persévère dans la détérioration d’un mythe… dommage mais pas si déçue que ça !
21h30 Dead Kennedy’s : Pas de fosse pour cette fois-ci, j’ai envie de voir et de ressentir, j’ai envie de voir comment se débrouille ce micro substitut de Biafra… On se pose dans un coin où l’on voit, un coin où l’on entend, la vieille génération nous rejoint… La set list ? Bien vue, même très bonne ! Pendant toute la prestation, je ne ressens pas ce dégoût comme celui que j’ai eu pour GBH, non là j’observe. Même si le son me plaît, autant dire tout de suite que dès l’arrivée de celui qui a eu le culot de se surnommer ‘Elvis Von Beethoven’, je l’ai trouvé pathétique et pitoyable. Pourquoi ? Parce que même s’il excelle dans l’art de la reproduction, ce mec n’est en aucun cas fidèle à lui-même : il essaie d’être Monsieur Jello Biafra, il devient alors pour moi l’une de ces personnes qui représentent la gangrène du punk !!! « We are the Dead Kennedy’s » *Gobelets de bière qui passent au-dessus de ma tête* « Toi t’es rien du tout !!! » hurle la maman en tenant la main de ses gosses (moi dans 20 ans ? Qui sait…) Le groupe part, les djeunz les rappellent : ‘DK ! DK ! DK !’ Les plus vieux appellent quelqu’un d’autre : ‘Biafra ! Biafra ! Biafra !’ Ils sont sûrement venus pour la même raison que moi…
1h10 Guerilla poubelle : Ce groupe là, je l’ai vu un grand nombre de fois, à Lyon, ou ailleurs ! Ce groupe c’est un régal, c’est un groupe qui craint plus que tout de ressembler un jour à Blink-182 ou autre groupe punk rock californien, peur qu’un jour la moitié du public ne soit là que pour matter le cul de Till ou les beaux yeux de Koj’… c’est donc pour cela qu’ils ont demandé d’avoir la plus petite scène ! Et franchement, on était bien où on était, pas besoin de la grande scène merdique !!! Ce samedi, les GxP m’ont vraiment fait prendre mon pied, j’ai pas regretté d’avoir acheté ma place pour une journée de festival même s’il n’avait fallu que je vois que ce groupe, ça valait le déplacement ! Till avait sûrement bu trop de bières, tout comme Jokoko, Koj’ vannait le public comme d’hab mais tout était différent. Les gens étaient différents, ils avaient tous l’air d’avoir compris le message GxP : Tripons, traitons-nous, mais partageons la musique et le délire ! Une set list du feu de dieu (surtout pour Etre une femme), un son qui te déchire les oreilles mais c’est tellement bon… Un bon dépassement du temps autorisé par les organisateurs du festival mais pas grave, j’pense que sur le coup, tout le monde s’en fouttait un peu ! Merci à eux, je ne peux rien ajouter… ils ne méritent aucune pierre ni aucun crachat !
Lilith avis:  |