Cebren-Khal / Morkelvyz / Nuit Noire - 15/06/2006

Mondo Bizarro Rennes

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Je dois bien avouer que la première fois que j’ai entendu parler de ce concert, je n’y ai pas réellement cru. Non pas à cause des deux groupes en tête d’affiche qui sont tous deux de la région mais plutôt en raison de la présence de Nuit Noire, groupe relativement reconnu dans la scène black metal underground française et dont les concerts sont loin d’être fréquents (en fait je ne pensais même pas qu’ils en faisaient). Quant à Cebren-Khal, je fus également très heureux à l’idée de pouvoir les voir, les ayant loupé pour leur premier concert quelques mois plus tôt.

Il est 20h30, j’arrive devant un Mondo Bizarro pratiquement déserté par le public rennais, quelques minutes plus tard commence la prestation que j’attendais tant de Nuit Noire devant une quinzaine de personnes. J’avais vaguement entendu que le duo toulousain avait opté pour un changement de style, on pouvait même lire sur le flyer du concert ‘faerical fast punk’. Et en effet dès les premières secondes où j’ai vu Tenebras monter sur la scène, vêtu seulement d’un boxer/jupon, d’une paire de baskets et d’une cape, j’ai vite compris qu’il fallait mieux oublié de s’attendre à du pur black metal.
Mais oh mon Dieu ! Si je m’étais attendu à ça ! A vrai dire je n’ai pas réellement intégré ce qui s’est passé tout au long du set du groupe et à voir la tête des autres personnes présentes j’ai remarqué que je n’étais pas le seul. La musique que propose Nuit Noire est plutôt compliquée à décrire, un croisé entre du raw black metal et du punk avec quelques passages plus rock’n’roll, le chanteur/guitariste a une voix à laquelle on ne s’attend pas non plus, un mixte entre une petite fille de cinq ans et des cris franchement stridents. Le batteur est une des plus grosses brutes qu’il m’ai été donner de voir en concert, ses blasts et ses martèlements sont d’une puissance inouïe, le bougre s’adonne même à quelques cris à la Burzum sur des passages pour appuyer le chant de Tenebras. Il y a un véritable contraste entre l’atmosphère globalement froide que retranscrivent les riffs de guitares et l’attitude totalement déjantée du chanteur, sautant partout, s’armant d’une fausse épée et ayant toujours le sourire au coin des lèvres.
C’est devant ce spectacle des plus étonnants que je me posais sans cesse la question de savoir si tout cela relevait du génie ou si c’était simplement une des pires prestations qu’il m’ai été donné à voir, le mystère demeure encore...

Un quart d’heure plus tard, la salle se remplit un peu plus, c’est au tour de Morkelvyz de prendre possession de la scène, il s’agit d’un trio jouant du gros death avec de discrets passages black metal. Ce n’est pas le premier concert du groupe mais ils n’en sont encore qu’à leur début et cela se voit de par leur attitude, non pas qu’ils aient l’air mal à l’aise mais plutôt qu’ils ne semblent pas vraiment croire en l’efficacité de leur musique. Pourtant leur gros son semble bien ficelé et quelques passages rappellent la lourdeur étouffante de Morbid Angel époque Domination, le seul inconvénient de Morkelvyz est que leur death metal contient beaucoup trop de coupures et de breaks en tout genre, ce qui empêche de rentrer à fond dedans et de headbanger comme un forcené. Le chanteur/guitariste a pourtant une sacrée voix qui porte comme on n’en entend pas assez souvent et le batteur se démène rudement bien, mais le hachage de leur musique est quand même assez frustrant. Passons...

Arrive alors le tour de Cebren-Khal, ce n’est seulement que le troisième concert des rennais mais le groupe semble assez confiant, normal après avoir sorti une démo de si bonne qualité que Charon’s Path. La scène semble tout de suite changer de taille, ce n’est plus un duo ou un trio qu’elle accueille mais six grands gaillards tous peinturlurés (avec plus ou moins de réussite d’ailleurs). ‘Cebrenian Doom Black’ un style qui ne veut pas dire grand chose mais on comprend vite en écoutant Cebren-Khal qu’on ne peut pas les classifier dans un seul genre, leur musique est variée et pleine de rebondissements, entre des orchestrations à la Dimmu Borgir, des passages plus hargneux proches du death metal, des moments plus doom (surtout dans les nouvelles compos) et d’autres plus atmosphériques. On tient ici une musique extrêmement riche mais qui ne tombe jamais dans l’abus. Je doutais quelque peu de la qualité de celle-ci pour le live et bien j’ai eu tord, tous les passages font habilement leurs effets, passer d’un headbang déchaîné à un repos les yeux fermés en quelques secondes est chose fréquente en écoutant Cebren-Khal. On notera également le jeu d’acteur du chanteur qui a malheureusement tendance à parfois en faire trop (tremblements, transe...) mais cela n’enlève rien à sa qualité et surtout sa variété surprenante de voix (growls, chant écorché et chant clair), d’ailleurs sur les premières chansons l’ingé-son semble avoir quelques difficultés à mettre le volume plus fort pour la voix d’Yves. Que rajouter de plus sinon que tous les musiciens étaient au top, un batteur qui frappe comme il faut, deux guitaristes franchement doués, un bassiste qui l’est tout autant et un claviériste qui évite d’en rajouter des couches (ce que je reproche à de nombreux groupes à tendance symphonique) et qui assure son rôle avec classe. Le groupe offrira même une chanson en rappel à la foule qui en redemande encore.

En bref, une très bonne soirée, une prestation de Nuit Noire que je ne risque pas d’oublier (en bien ou en mal je l’ignore toujours), un Morkelvyz qui a des capacités de mieux faire, ça c’est certain et un excellent Cebren-Khal dont seul les costumes et le maquillage serait à retravailler mais je redemande fortement à les revoir.

Burial    avis



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