Un heureux concours de circonstances m’a amené en ce vendredi soir à découvrir Les Passagers Du Zinc. Ce pourrait être le nom d’un groupe, il s’agit en fait d’une petite salle de concert sur Avignon, flanquée d’un bar à proximité de la scène. Elle ressemble à ces nombreuses salles de province dans lesquelles on découvre les talents de demain, mais aussi où l’on retrouve avec plaisir des artistes dont le talent n’est plus à démontrer.
Les Matmatah font partie de cette seconde catégorie et l’idée de les voir ici me réveille quelques souvenirs de lives mémorables au Vauban, petite salle semblable au « Passagers » où les brestois jouaient à domicile. Ici les circonstances ne sont pas les mêmes, néanmoins le public devrait vite remplir les lieux car le concert est complet depuis 3 semaines. De plus, Les Chiens qui assurent la première partie ne devrait pas avoir de mal à les chauffer, au vu des températures estivales que l’on a depuis quelques jours.
Les chiens ne sont pas des nouveaux venus. Le groupe, tout droit venu de Montréal, existe depuis 1997 et peut se targuer d’avoir déjà 5 albums à son actif. Reconnus outre atlantique, ils ont même reçus quelques récompenses dans leur pays natal. S’ils sont moins connus en France, la tournée qu’ils effectuent avec les Matmatah pourrait bien changer la donne. Le quatuor joue un rock simple, bien ficelé. La batterie est puissante et sur les deux premiers morceaux, elle l’est malheureusement au détriment des guitares, comme de la basse, dont le son n’est pas assez mis en valeur. Il faut donc attendre le troisième titre pour comprendre ce que chante Monsieur Mono. C’est aussi à ce moment là que de légers hochements de tête se font sentir dans le public, dont la moyenne d’âge approche la trentaine. Le groupe nous promet de jouer ses hits et arrive à chauffer le public petit à petit. Ils ne lésinent pas sur les moyens : le batteur tape de plus en plus fort sur ses fûts, Monsieur Mono joue avec la guitare derrière sa tête (Hendrix revival) et le public, timoré au premier abord, commence enfin à donner de la voix. Les Chiens jouent un rock de qualité, leur show est honnête sans pour autant laisser un souvenir impérissable. Le concert fini, ils semblent regagner les coulisses avec la satisfaction du devoir accompli.
Place à l’intermède et aux boissons désaltérantes, qui ne sont pas de trop, vu la chaleur. La foule se fait de plus en plus dense devant la scène… de plus en plus jeune aussi….
Les Matmatah arrivent enfin en scène. C’est la 1ère fois qu’ils se produisent dans la Cité des Papes et le fait qu’ils aient enregistré une partie de leur dernier album à Carpentras n’y est peut être pas étranger. Le groupe commence par enchaîner, non sans quelques problèmes de sons, « Now we have a pen » et « She’s had a hold on me » tirés de leur opus intitulé La Cerise, sorti deux mois auparavant. A l’écoute des premiers titres, on peut s’attendre à des chansons récentes, d’autant qu’ils ont eu du mal à se détacher de l’étiquette de rock celtique trop vite collée à leurs débuts. Depuis lors, ils ont démontré, au fil des enregistrements, que leur inspiration tenait plus du rock anglo-saxon 60’s et 70’s que des chansons traditionnelles bretonnes. « Gotta go now » en est le parfait exemple. D’ailleurs, le public ne s’y trompe pas : les plus jeunes commencent même un pogo devant la scène. Les mouvements de foule ne sont pas sans énerver ceux qui voulaient profiter du concert sans se faire bousculer. Mais ça y est l’ambiance est lancée et le public vit le concert à 100%. « Comme si de rien n’était », « Hyderabad », « Lambé an dro », « Petite mort », « Au conditionnel »…..le groupe joue un mix de chansons pris sur leurs différents albums.
A noter, l’énorme ambiance créée par « Lambé An Dro » qui fera trembler le parquet des Passagers. Le public réclame entre deux chansons et à plusieurs reprises « L’Apologie » que les bretons ne joueront pas. Ce qui semble particulièrement les agacer, tant cette demande est redondante au travers de leurs tournées. On notera au passage la qualité des arrangements, véritablement bien adaptés à leurs prestations scéniques. De ci, de là, la formation part dans des délires instrumentaux, avant de reprendre de plus belle le refrain comme sur « Petite Mort ». Benoît Fournier s’en donne à cœur joie sur ses fûts, tandis que ses acolytes Samy, Eric et Stan nous offrent un set très propre… déjà l’heure du rappel. Stan revient seul avec sa guitare acoustique pour nous interpréter « Entrer dans ce lit ». Encore plus que sur les autres chansons, on se rend compte du caractère unique de sa voix. Se succèdent trois autres moments forts (dont une reprise : Video killed the radio star) qui se jouent également en version acoustique, et l’on comprend mieux le choix de cette salle intimiste, idéale pour ce genre de prestations. Vince, qui s’occupe de la boutique du groupe les rejoint sur scène pour les accompagner sur « Pony the pra » en y apportant un original côté blues. Puis le rock reprend le dessus avec « See me feel me », « Emma » et « Crépuscule dandy » qui concluent le show.
Le public n’aura pas eu l’Apologie mais n’en partira pas moins ébloui, car comme souvent les Matmatah font des prestations de qualité et ne sont pas radins en chansons !
 
 
Set Liste:
Now we have a pen
She's had a hold on me
Gotta go now
Comme si de rien n’était
Hyderabad
Lambé an dro
Petite mort
Au conditionnel
The grave digger
Il fait beau sur la France
Basta les aléas
Derrière ton dos
Now we have a pen (2)
Entrez dans ce lit
Alzheimer
Video killed the radio star
La cerise
Pony the pra
See me feel me
Emma
Crépuscule dandy
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