Vendredi 30 mars 2007. Ce jour je l’attendais depuis très longtemps. Oui, j’allais voir Deep Purple sur scène, ce groupe mythique que j’admire depuis si longtemps. Il faut dire que mes sentiments avant le concert étaient partagés entre l’impatience en vue d’un moment fantastique que je n’oublierais sûrement jamais et la crainte que le groupe, usé par le temps et privé de Ritchie Blackmore et de Jon Lord, ne soit pas à la hauteur de ce que j’attendais.
18h45, j’entre dans le très grand palais des sports de Grenoble, alors très peu rempli, plein d’appréhensions et je commence à admirer le matériel installé sur la scène, mais cela n’a fait que retarder à peine l’attente interminable qui s’ensuivit. Soudain, les lumières s’éteignent et des musiciens qui ne sont pas ceux que j’attendais entrent sur scène dans un gros riff saturé. Il y a donc une première partie (je n’étais pas au courant).
Le groupe s’appelle Café Bertrand et joue un Rock énergique de tradition bien française très inspiré par Noir Désir. La musique est intéressante, passionnée, bien interprétée et je constate avec bonheur que le son est excellent, à part la basse qui se fait un peu discrète. Les quelques chansons du groupe français passent vite, mais ont installé une très bonne ambiance dans la salle. Le groupe s’en va, les techniciens installent le matériel et laissent place à une attente encore plus interminable pendant laquelle je remarque deux écrans géants de part et d’autre de la scène, ce qui renforce encore mon impatience.
Enfin, le concert commence… Cette fois ce sont vraiment Ian Gillan, Roger Glover, Ian Paice, Don Airey et l’excellent Steve Morse qui entrent sur scène et jouent « Pictures Of Home ». Le son est extrêmement fort mais supportable et la première surprise que j’ai est que la voix de Gillan n’a rien perdu de sa force et de sa beauté d’antan. Mais par la suite, il est vrai que l’on a pu remarquer une certaine faiblesse, quelques mots nasillards sans doute dus à l’âge, surtout vers la fin du concert.
Quant à Steve Morse, je ne le connaissais pas vraiment et j’avoue qu’il m’a agréablement surpris, en particulier dans sa partie solo, dans laquelle il reprenait différentes influences (Lynyrd Skynyrd et Guns’N’Roses, entre autres) en utilisant des techniques toutes plus étonnantes les unes que les autres. Steve Morse est vraiment un grand guitariste, peut-être l’un des meilleurs actuels.
La partie solo du claviériste Don Airey était, elle, moins intéressante bien qu’impressionnante de virtuosité, le musicien réalisant beaucoup mieux l’accompagnement des chansons. Si Morse est parvenu à faire oublier un peu Blackmore, Don Airey nous fait regretter le génial Jon Lord et ses inoubliables dialogues avec l’ancien guitariste.
Mais qu’en est-il des autres anciens ? Roger Glover, toujours souriant, en parfait rockeur avec son bandana ridicule n’est pas très présent mais parvient quand même à enrichir les chansons de son éternel groove malgré un vieillissement qui se ressent (et ce n’est pas son minuscule solo qui le fera oublier). La sénilité de Ian Paice se fait beaucoup moins sentir, tant le batteur est encore très frais et vigoureux, assure chaque chanson merveilleusement et étonne le public avec son solo monstrueux à la fin du concert. Sa vitesse et sa dextérité, ainsi que ses formidables rythmes émerveillent le public.
Les morceaux joués étaient pour la plupart les classiques du groupe (« Into The Fire », « Strange Kind Of Woman », « Lazy », « Perfect Strangers », « Space Truckin’ », « Highway Star », l’inévitable « Smoke On The Water », et en rappel « Hush » et « Black Night »). Il y avait aussi des morceaux du dernier album (« Rapture Of The Deep », « Wrong Man ») qui m’ont agréablement surpris, en particulier « Rapture Of The Deep ».
J’ai été aussi surpris que le groupe ne joue pas le fabuleux « Child In Time », pour lequel j’aurais vendu père et mère, mais j’ai appris plus tard que Gillan ne pouvait plus l’assurer. Dommage.
Deep Purple, malgré la force de l’âge est quand même parvenu pendant cette soirée à mettre le feu et à interpréter magnifiquement la plupart des chansons (celles qui m’ont marqué le plus étaient « Lazy », « Perfect Strangers » et « Rapture Of The Deep »). Une soirée inoubliable comme celle-là nous rappelle que le Rock ne mourra jamais (du moins pas tout de suite).
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