Convention Rock N Metal - 03/03/2007

Fismes

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Les fans de Metal français de tout styles avaient rendez-vous à Fismes (RN51 à 30 kilomètres de Reims) en ce début mars où se tenait le 3 et 4 la 10ème convention Rock’N’Metal organisée comme chaque année par l’association Underground Investigation.
Au menu (sur deux jours, date d’anniversaire oblige) pas moins de 18 concerts se succèdent en ce week-end Warriror, le tout agrémenté d’une bourse aux disques et de divers stands. Nous y trouvons, outre le stand D’Underground Investigation (où Sylvain Cotté et ses compères proposent leur excellent fanzine ainsi que les albums de Gang le groupe de Heavy/Thrash dont il est le guitariste.) on y retrouve des Labels (Replica, Thundering Records - à qui on doit une bonne moitié des groupes à l’affiche ce week end - Underclass qui inonde son étale de ses excellentes sorties - telles que Koritni ou Rose Tatoo - et bien sûr Brennus, immortel, comme Alain, le Boss, venu défendre la sainte cause du Hard et du Heavy Mélodique dans cette convention), des groupes (Fiinky Pie et Last Prophecy, c’est vous dire si il y a du beau monde !) ainsi que Thibault Lecherf, Luthier de son état (allez jeter un oeil sur ses productions sur http://www.lecherfguitars.com/ !).

Il est bien 17 heures passées de 6 ou 7 bières lorsque Trepan Dead se pointe sur scène afin d’ouvrir les hostilités. Car c’est bien d’agressivité qu’il s’agit car le Death/Grind du groupe, agrémenté d’un chant proche du Hardcore (avec deux brailleurs très en verve) n’est pas là pour faire s’allumer les briquets d’un auditoire encore beaucoup disséminé dans les stands. Le son est massif (malgré une corde cassée en milieu de set) et déjà il est aisé de voir que la frange la plus jeune du public est venu pour l’extrême. C’est bien vite Hellsuckers qui prendra le relais pour le plus grand plaisir d’Alain (Brennus) qui se sent des plus mal à l’aise avec la musique extrême et le chant ressemblant à des rots. Les Strasbourgeois d’Hellsuckers ont la particularité de jouer un Hard Frénétique, inspiré par les Turbonegro (dont ils ont également hérité du sens du spectacle) et délirant accompagné d’une contrebasse, élément idéal pour suppléer la batterie et créer ainsi un rythmique du feu de dieu. Les compos du groupes sont groovy et bien balancées et c’est non sans humour que Rich Road, le guitariste chanteur envoie la sauce, bien aidé par ses compères dès qu’il s’agit de faire le show. Blondin, Le contrebassiste n’hésite pas à prendre la scène d’assaut malgré son imposant engin (enfin sa contrebasse quoi) tandis que Randy Zphir, guitariste soliste, fait des siennes, travesti en talon aiguille et moumoute de rigueur. Sûrement fâché d’être en reste question show, Bullit fera parler de lui en explosant la peau d’un de ses fûts ce qui lui vaudra une salve d’applaudissements moqueurs de la part d’un public qui a bien accroché à ce que les Alsaciens avaient à offrir.

Derrière cette surdose de bonne humeur (combinée à une musique du tonnerre) c’est à KOB d’enflammer la scène de la salle des fêtes de Fismes. KOB - ou le Heavy Metal français dans son plus bel écrin - n’a jamais déçu lors de ses nombreuses sorties, réussissant même, à force d’énergie à voler la vedette aux grands favoris du jour (ADX en avait déjà fait les frais en octobre au Rustic de Montereau et bon nombre de groupes s’y sont déjà frotté en y laissant des plumes !). Attaquant tout berzingue avec un He’s coming annonciateur, KOB donne à ce festival - jusque là installé dans la bonne humeur – une dimension de force, de rigueur et de perfection d’exécution palpable même derrière l’apparente décontraction de Stéphane, qui donne de sa formidable voix comme s’il était dans un fauteuil, se permettant même le plus puissant des aigus simplement assis sur l’estrade de la batterie (Où Tazz règne pourtant en maître).
Thierry donne de sa guitare, lui qui n’est pas épaulé par Rodolphe Bousquet (aurait il quitté le groupe ?!) mais s’en sort magistralement avec ses six cordes lui filant le long des doigts. Stakeout, Better Off Mad et Bad News From Hell, tiré de l’excellent Strafe The Underdogs, viennent ensuite convertir (s’il en était encore besoin) ceux qui aurait été distrait au début de Set. Plus rien ne peut arrêter la mécanisme pas même le temps alors que KOB pioche sans retenue dans son premier opus pour envoyer The Curse puis Dirty Woman, Fallen Angel. Love to Love vient ponctuer cet merveille de set alors que le public nourrit le groupe de chaleureux et sincères applaudissements. Kob a encore frappé juste, sans forcer, juste pour le plaisir, et l’amour de ce Heavy qu’ils aiment tant (J’aurais tué pour un The Race ou Heros Die Young mais une prochaine fois m’a t’on dit !). Trop court, définitivement mais sans pareil. Quel souffle mes amis, KOB (qui promet que ce concert n ‘était pas le dernier) a mis la salle à genou et les applaudissements nourris dont il font preuve ne sont que garant d’un talent saisissant (j’irais dès demain sacrifier une chèvre afin d’espérer un troisième album).

Derrière cela, c’est aux Strasbourgois d’Inhumate de grinder l’ambiance et, comme si bien montré sur leur DVD (At War With Inhumate), nos amis savent tenir une scène et les blasts de Yannick annonce la couleur. Christophe braille comme un damné n’hésitant pas à s’asséner ses désormais célèbres coups de micro sur le crâne. C’est plongé dans cet ambiance de folie que j’observe, au loin dans les stands (il me faut vous avouer avoir mal mesuré le vice contenu dans les canettes de bières, celles-ci, en surnombre, ont profité de ma grande générosité pour envahir mon gosier et créer en moi de multiples symptômes, telles que vue brouillée, tendance à dire des conneries et trou de mémoires) le groupe Alsacien envoyer en rafales les titres de Life ou Growth, leurs deux derniers Opus. Le public est bouillant et Inhumate remporte un très large succès. Ce n’est pas le power burné de Kragens qui fera tomber la tension mais c’est dessous la scène, en plein interview que je me trouve à cet instant et il m’est difficile de vous raconter en détail ce qu’il s’est passé à la surface. S’en suit Kristendom et son Thrash/Death technique, envoyant le bois à 200 à l’heure avant une petite accalmie le temps de préparer la scène pour la venue… D’ADX. Les guillotine sont de sortie et le public acclame : ADX va encore couper des têtes. Malgré des concerts légèrement critiquables depuis leur reformation (presque 10 ans d’inactivité ça demande du temps pour être rattrapé) ADX est attendu par un public hétéroclite mais emprunt de respect pour le poids lourd des 80’S. La désormais célèbre intro Sidonie et Aglae retenti et la salle pète un plomb, sans faiblir lorsque Phil, Betov, B.Y., Klod et l’ineffable Dog investissent leur terrain de jeu. Le set part tout azimut mais déjà il est flagrant qu’un souci sonore va nous gâcher la fête. Voix inaudible, Guitare sur mixé pour l’un, sous mixé pour l’autre, batterie trop en avant et basse totalement absente (à tel point que sur son solo de basse, on entendait le public tousser tant les lignes de l’instruments sortaient à bas volume). Les musiciens ont la pêche, on ne peut pas leur reprocher, envoyant les titres de toute périodes confondues, et le public suivra de son mieux sur les refrains du Jugement de Satan ou de l’Ordre Sacré. Résurrection et Notre Dame De Paris seront aussi de gros moments ainsi que la reprise des Killers mais cet exécrable son gâchera la fête à bon nombre des fans venu applaudir leurs héros à Fismes.
Fin de la première journée, du bonheur plein les yeux, KOB a encore inondé le jour de sa force scénique, loin devant quiconque et personne n’a été dupe.


Le lendemain c’est sur le set déjanté de Zebarges que je pénètre dans une convention encore endormie de la veille. Passkiss Fiftyone (un nom pareil ça s’invente pas !) s’emploi à faire rire une salle distraite avec son chant Punk sur Putain de Metal, accompagné de sa boîte à Rythme et de AC/JC(ou Enuts surtout lorsque Paskiss se fait appeler Ben) à la basse. Autant vous prévenir tout de suite, sans guitare ni mélodie (outre l’intro de From Whom The Bell Tolls sur l’intro de ce titre) ce n’est pas le mélomane que cherche à toucher Zebarges mais bien le barjot plein de bière (et merde moi j’ai aimé !) s’en suit des titres hilarants (Sœur Agnès de Saint Phallus) et, point d’orgue du set, Chanson d’amour ou presque et son refrain salvateur (Je Bandes… Et le matin au lit, je bande aussi !) sur lequel AC/JC aidé par un sexe en peluche fait merveille auprès des demoiselles et des pères de famille. Panne de basse sur la suivante et c’est la fin du set, applaudi par les festivaliers, encore éparses qui semblent avoir apprécié cette touche d’humour matinale ! Ganisha envoie son Heavy de derrière les fagots histoire de remettre les choses sur les rails avant que Obdurated, plus musclé sans délester la mélodie pour autant rappelle que l’extrême est là pour se tailler la part du lion (n’en déplaise au Trve qui a but l’équivalent de deux citernes de Kronenbourg en braillant du Barthory dans sa 206 coffre et portières ouverts !) et font sensation avec les titres tirés de Livin In Faillure, son premier (et seul) opus.

Place à Denied par la suite, qui, à grand renfort de riffs solides et de refrains qui tuent arrivent à tirer leur épingle du jeu, en plaçant ses trois titres issue de leur démo Dawn (Healing Hands, Dawn et Cross The Line) avant de fédérer tout le monde sur le Cowboys From Hell de Pantera (en chant clair et mélodique, que du bonheur). Derrière, c’est à Downright Malice d’investir la place et les Alsaciens, qui évoluait sur leur première démo dans un style Néo/Thrash/Indus en short et casquette s’est mué avec Perpetual Return en une machine scénique, dont le Death Mélodique aux ambiances Gothiques, portés par des blasts nucléaires, a su trouver un public réceptif. Les quatre musiciens font front, envoyant la sauce sans relâche. Cyrille et Cliff, en frontman avisés se partage la devanture comme le public en offrant deux somptueuses voix, chacun dans son style. Alors Metalcore ou Death Mélo, Goth ou pas Goth on s’en fout, il faut le dire, à l’écoute des monstres que sont Full Effect Decision ou The Call Of Darkness. Colored In Black, issu de la démo Spit Your Hate Out s’offre même une seconde jeunesse pour mieux nous décrasser les cages à miel ! la boîte à rythme donnent un son d’enfer, martelant ses Blasts Beat sans relâche et les zicos se permettent même un fantaisie en reprenant le Take On Me de Ah-Ha sauce Metal, entrecoupés de riffs venant tout droits de la besace de Dimebag Darrell.
Passe après cela le black Metal d’Eternal Rest puis Psoriasis, quatre garçons bouchés distillant un Death technique à haute teneur en agressivité qui ne laisse pas le public insensible, loin s’en faut. Une prestation technique qui sait se faire une place au zénith de la journée et laisser parler la musique au delà des artifices. Changement d’ambiance avec Thorgen et son Heavy classique, mâturé dans l’Aisnes et son chemin des Dames. Appuyé par une bien jolie violoniste, le groupe rafraîchit l’assistance et s’en sort plus que bien dans cette essentielle tâche.

Vient derrière le plus brutal des groupes de la soirée : Disgust écrabouille tout résistance avec son Death cradingue et violent, débité comme du petit bois sous l’impulsion de son bûcheron de frontman, sataniquement vôtre. Les mecs de Denied foutent l’ambiance dans les stands et la public pête les plombs, au grand désarroi d’Alan de Brennus, qui en perd son latin. Heureusement pour lui, ses nouveaux poulains, Tucker doivent venir rétablir l’ordre des choses par la suite et propose en tout et pour tout 9 titres : les 6 du désormais signé mais déjà culte BlackTown ainsi que 3 inédits qui m’ont fait bavé de plaisir. Greg Paturet envoie à mort avec sa voix sans pareil, bluesy et puissante tandis que Dom fait le show avec sa six corde. Soli, riffs d’anthologie, ceux qui pensait que le Hard était mort, du moins en France n’ont jamais eu l’occasion de poser les esgourdes sur l’excellent premier album d’un Tucker en grande forme ce soir. Blockbuster, 100 Pourcent, déjà une pléiade de tubes sur cet opus, qui fait littéralement imploser le public, définitivement acquît à la cause de ces Hardos de luxe ! La base rythmique, bien en place (ils se sont bien trouvé ces deux là) donne la cadence de ce set effréné pour le plus grand bonheur de tout ceux qui ont fait le déplacement ! Les futurs cadors français du style, croyez moi !
Trop tard pour Demon Eyes, dont le set a pris une heure de retard. Epuisé de ce week-end de Feu, je rentre à ma vie rangée, sûr de pouvoir mourir en paix, après avoir vu en KOB, Downright Malice et Tucker, la fière relève de Heavy Français, chacun dans son style. Merci à Sylvain Cotté et tout les bénévoles d’Underground Association (merci pour les croques messieurs sans beurres et les hot dogs au chips !) et à l’année prochaine !










Iro22    avis



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