On s’était donné rendez-vous… Place de la Nation avec Iro pour rejoindre, un peu plus tard, l’ami KlOwn à la sortie de la station de métro Ménilmontant. Notre mission : passez une soirée ensemble, le tout, agrémenté du concert d’Evergrey au Nouveau Casino. Si les objectifs de la mission furent globalement tous atteints, vous me permettrez de garder privé le souvenir d’une séquence entre amis pour ne vous faire part que de l’objet de votre intérêt premier.
20h30 et des tonnes de secondes à ne savoir qu’en faire, nous pénétrons dans la salle. 300 places avec balcon, la scène est petite, mais le zinc du bar accueillant et après quelques mouvements de pénétration bien sentis, nous nous retrouvons facilement au 5ème rang. Le public de tous âges est étonnamment varié, métaleux bon teint, classieux bobos et belles de nuit bagousées se côtoient dans la plus parfaite communion. Deux whisky et un coca (allez savoir qui a bu l’eau gazeuse) plus tard, l’ombre se fait enfin pour accueillir Avatar, jeune groupe suédois de death mélodique…Autant le dire sans réserve, Avatar occupe l’espace musical, envoi du son, dépense une énergie plus que furieuse… mais ne transcende pas le genre. Plus poseurs qu’inspirés, assurant un set parcouru de titres composés sensiblement des mêmes ingrédients, c’est avec détachement que je quittais le sol à quelques reprises. Non pas pour célébrer tel ou tel titre, mais pour secouer mon corps de l’ennui qui commençait à le gagner. Applaudissements. Lumière. Deux whisky et un coca bis (allez faire entendre raison à celui qui ne boit que de l’eau gazeuse)
 

EVERGREYYYYYYYYYYY !
Fumigènes, acclamations du public entièrement conquis d’avance, les cinq membres du groupe entrent en scène et dès les premiers accords de Blinded, le ton est donné : son énorme, malgré quelques problèmes de saturation vite corrigés, on sent illico que ça va pulser au pays du power métal progressif. Faisant la part belle au jeu des ambiances, Evergrey débute le bal des décibels comme personne. En trois titres, End Of Your Days, As I Lie Here Bleeding, The Great Deciever, on est immédiatement saisi par la rythmique énorme. En particulier, le travail à la basse de Michael Hakansson qui n’aura de cesse, durant l’intégralité du concert, de tutoyer l’excellence. Alors que dans la fosse, ça jump et headbang déjà à tout va, au centre de la scène Tom S. Englund, chanteur, guitariste et leader du groupe, fait des miracles, autant vocaux qu’avec sa guitare. L’homme aime cette confrontation avec le public. Voix à vriller le silence, tantôt chaude, tantôt lame de scalpel, Tom s’expose, se joue des faux semblants pour mieux nous embarquer en région d’extrême.
Dans la salle, c’est l’union totale qui s’affirme sur les premiers accords d’In Remembrance, extrait du dernier album du quintet. Si le show est musclé, le public, pourtant, ne dépasse jamais la ligne rouge et il faut attendre l’impressionnant Solitude Within pour que la lave embrase la salle. Au même moment, soulevé par Iro et KlOwn au dessus de la foule, je signe définitivement le pacte qui me scelle au groupe. Quelle classe que de rendre la violence aussi sophistiquée ! Revenu sur terre (quel bon moment les mecs) où il est certain que ce Tuesday Morning Apocalypse est en passe de devenir une réussite implacable, s’affichent en quelques minutes toutes les couleurs du métal. Emmené par un frontman à la guitare possédée, assisté par les doigts en fusion du soliste Henrik Danhage sur des lignes de basse uniques, la cérémonie prend un jour d’une noirceur trépidante inattendue. Pêle-mêle, s’enchevêtrent alors Still In The Water, When The Walls Go Down, Mark of the triangle dans une frénésie de riffs à couper tout soufflé vital. Déjà, le rideau vient de tomber, mais l’onde de choc est encore dans tous les regards. S’en suivent quelques battements de cœur, pour que Richard Zander au clavier et Jonas Ekdahl dompteur de fûts reviennent pour nous prouvent les bienfaits de la collision des genres. Lumineuse confrontation, rapidement récupérée par le reste du groupe pour un final sous les ovations. Final ponctué par l’indomptable The Masterplan, performance auprès de laquelle tous les superlatifs auront échoués sous ma plume.
Humainement, musicalement, Evergrey aura été ce soir là, au plus près des attentes de chacun. Aussi, malgré un public qui aurait pu, de son côté, en donner un peu plus, que dire de plus d’une aventure qui n’en est qu’à son début, sinon : ENCORE.
 
Starchild avis: 
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