Venu tout droit de Belgique où la scène Stoner explose - sous l’impulsion du label Buzzville records entre autres - c’est pourtant chez Funtime (label Punk/Hardecore) qu’est logé The Killbots, quartet dont le premier et éponyme album montre l’étendu du talent de ces jeunes gens. En effet les tueurs de robots nous ont livré là un brûlot Stoner, mâtiné d’une grosse dose de punk (la voix de Kill Stöff y est pour beaucoup) conférant au disque une énergie rare et communicative. Le résultat oscille entre Danzig et les Queen Of The Stone Age, intégrant de ça de là quelques éléments qui font de The Killbots un groupe à retenir. Mise en place 70’s, esprit barré et qualité de composition supérieures à la norme, le programme des réjouissances est alléchant non ? Et bien suivez le guide…
Outre sa teneur exceptionnelle en riff et en morceaux directs (Hellfire, Rule Me Out) qui donnent à cet opus sont aspect brut et efficace, il est passionnant de se perdre au détour des titres qu’il renferme pour apprécier quelques joyeusetés dissimulées derrière l’urgence de certaines compositions… a commencer par ce respect religieux des années 70’s, égrené au fil des titres, par le son de la guitare, des soli ou de quelques breaks qui rappellent entre autre Led Zeppelin. Hiller Raid est contaminé par le rock lourd des pionniers Anglais, c’est indéniable, sur lequel un rouleau compresseur punk aurait laissé d’irrévérencieuses balafres. Good Times quand à elle montre un certain respect à l’égare de Black Sabbath, vociférant quelques accords que n’aurait pas renié Iommi. Pay The Dues a subit un traitement similaire, allant puiser dans les différents courants novateurs la moelle substantifique de sa construction, pour le plaisir de nos cages à miel, toujours avides de rythmiques musclées et sonorités pesantes.
C’est que question lourdeur The Killbots n’est pas pingre, à en juger par certains effets sonores, découlant sans détours du son pachydermique d’un certain gang né à Palm Desert. En effet, Whirlwind Pussy par exemple, s’inspire de ce que Kyuss avait de meilleur en lui, montrant un visage Stoner qu’on aurait, au premier abord, pas soupçonné chez ces belges. Une réminiscence poussiéreuse que l’on va retrouver au fil des chansons, derrière un riff distordu, ou un effet de pédale nébuleux.
Apogée de la chose, The Count Of Mondo, dont l’introduction acoustique hispanisante, très typée western laisse place à un déluge de guitares démentiel. Impressionnant. Mais le clou du spectacle ferme la marche : Tantra, titre s’articulant autours d’un riff répété à foison, sur un tempo de plus en plus rapide et explosif, est sans aucun doute LA pièce maîtresse de l’album. Cet instrumental à la lente progression s’impose comme une preuve supplémentaire de la fertile imagination du groupe de Sludderville, capable de transcender quelques notes bien pensées en pièce apocalyptique à mi chemin entre Anathema et Killing Joke. Vin E, le batteur, y fait étal d’un jeu impressionnant, martelant sans relâche les peaux de plus en plus frénétiquement pour un final dantesque. Du grand art en somme.
Premier album riche et maîtrisé méritant toutes les attentions de la part d’un Quartet de furieux qui ne semble pas prêt à rendre les armes, The Killbots inscrit son nom sur le devant d’une scène belge effervescente. Une très belle réussite.
Iro22 17/03/2008 avis:  |