Le Religionnaire observe dernièrement une perturbation sensible et généralisée du cycle menstruel prédominant au sein de la population collégienne. D'après ses prévisions, une ovulation massive et généralisée aura lieu dans quelques jours, lors de la sortie du nouvel album de My Chemical Romance : The Black Parade Is Dead!. Ce groupe, déjà responsable de plusieurs grandes vagues de puberté précoce chez les jeunes filles de moins de dix ans, semble à nouveau vouloir frapper un grand coup avec cet album live et ainsi enterrer définitivement les modestes boys bands de la décennie précédente. Cette bouillie hormonale en pleine ébullition, principalement localisée au niveau des innombrables et rudimentaires blogs féminins réalisés en hommage au groupe, laisse échapper depuis plusieurs mois des millions de salves éjaculatoires, prenant typiquement la forme de messages impulsifs en langage sms et appelant au rassemblement crépusculaire.
Ce délicieux assemblage audio/vidéo rassemble deux prestations bien différentes. La première est un gigantesque concert au Mexique devant pas moins de 200.000 jeunes filles, illustrant à merveille les limites de l'expression musicale en situation d'hystérie collective. La seconde, bien plus surprenante, présente le groupe dans une manifestation bien plus intimiste, en l'occurrence dans une salle du New Jersey où sont amassées 200 groupies. Hélas, cette performance bien plus intéressante musicalement ne figure que sur le DVD. Le bon vieux disque compact est en effet reservé aux hurlements stridents et continus couvrant l'intégralité du concert à Mexico. My Chemical Romance y atteint globalement son objectif : ne pas surprendre pour mieux satisfaire son public. C'est ainsi avec joie que nos jeunes chipies au pucelage frétillant rabâchent en cœur les délicieux refrains du précédent album, secouent leur plumage sur des rythmes de punk californien, et élèvent l'aimable chanteur routier à des hauteurs que n'ont jamais atteint David Bowie et Freddie Mercury. Car oui, My Chemical Romance est un phénomène, un monstre qui bat sans peine chaque icône du rock à son propre jeu. Les mythiques albums concept, la sombre épouvante du rock gothique, l'énergique rébellion du punk, les hanches de Mick Jagger, les déguisements de Bowie, la séropositivité de Freddie, le moonwalk, les hymnes misogynes d'AC/DC, les frasques d'Axl Rose et Mötley Crüe, tout ce qui faisait jusqu'à présent l'immortalité du rock n'a aujourd'hui plus de raison d'être, car My Chemical Romance l'inclut dans son menu enfant.
PS : les jeunes filles envisageant de forcer la demeure du Religionnaire pour se procurer l'album avant les copines seront bombardées avec les dernières souches d'Herpès disponibles au marché noir. Le Religionnaire conseille par ailleurs à la population de rester confiné au domicile le jour de la sortie officielle sans hésiter à rejoindre le sous-sol en cas de trop forte secousse.
Religionnaire 02/07/2008 avis:  |