2007 1000 TEARS ... COMME UNE SPIRALE...
En matière de couleur, le contraste le plus élevé est généralement obtenu lorsque les extrêmes se côtoient. Ainsi naît le clair-obscur, confrontation de deux mondes qui se voulaient au départ en opposition, mais dont le rapprochement permet de mettre en relief des territoires dans lesquels ombre et lumière s’accordent, s’épousent, jusqu’à se confondre. 1000 Tears, l’album de Temujin est de cette nature. De ces disques dont on se demande toujours de quelle matière sont faites les émotions violentes, comme les tonalités agressives qui le composent. En réalité, proposant une musique se jouant autant des couleurs de l’aurore que du crépuscule, ces mille larmes n’ont d’autre but que de capturer notre attention.
Mené par la voix de Kelly et Karl Lean pour le reste - Karl a été, entre autre, membre fondateur et bassiste du groupe de metal australien, Nothing Sacred - 1000 Tears est l’aboutissement de deux ans d’une intense implication, tant au niveau de l’écriture que de l’enregistrement. Taillé pour convaincre, baigné de climats à contre-jour, embrassements multiples, chaleurs australes ou boréales, ce disque est avant tout un univers fait de guitares au service d’un chant mélancolique qui, par moment, nous ramène à celui de certaines walkyries plus connues. Puisant autant à la source du silence que des meilleurs ingrédients électriques, si les compositions sont riches, puissantes, voire originales, le duo aime également surprendre par quelques apparitions dark.
A l’image du pseudonyme de son groupe, choisit en référence au grand empereur mongol Gengis Khan, Karl Lean aime brouiller les pistes, provoquer l’inattendu, jusqu’à nous faire évoluer dans plusieurs dimensions. Aussi, dans un disque ou le scénario ne semble jamais écrit d’avance, c’est à pas comptés qu’il faudra passer d’un titre à l’autre. Non pas que le voyage n’en vaille pas ses promesses, mais parce que l’impact d’une rencontre avec Let You Go ou All Of You, par exemple, ne laisse pas les mêmes traces sur nos certitudes. Pour aimer cet album empreint de tensions et de soulèvements, entrer en dépendance avec celui-ci, il faudra oublier que le réel est une valeur sûre, quitte à se laisser entraîner en eau profonde.
Starchild 25/01/2008 avis:  |