D-A-D est ma nouvelle sensation, je ne m'en cache plus. Après avoir été littéralement séduit par ce que j'ai pu trouver sur le net, plié en deux devant leurs clips, me surprenant à sauter dans tout l'appart au son des guitares, la larme à l’œil grâce à la voix sensationnelle de Jesper Binzer. No Fuel Left... a assis D-A-D comme LE groupe sur lequel il fallait compter, dans ma voiture, sous la douche et à tout endroit où le lecteur accepte la galette. Eprouvant les pires difficultés à trouver Riskin' It All (NDLR : A force de persévérance ce n’est pas deux mais cinq albums du combo qui ont fini sur mes étagères !) je m'étais résolu à ne posséder qu'un seul album du combo Danois sachant que les autres sont, pour ainsi dire introuvables sur le territoire français. Et quel ne fut pas ma surprise, au détour d'une page Web lue tard le soir, ou d'un magazine - votre serviteur lit trop pour pouvoir citer ses sources - d'apprendre que le combo Danois, fort des bonnes ventes de son Scareyourself en Scandinavie et en Allemagne (les seuls pays ayant le droit aux albums et tournées du groupe depuis leur contrat avec EMI en 1996), voient leur album dans les bacs de toute l'europe. Inespéré et providentiel.
Car, histoire de replacer un peu tout ça dans le temps, le groupe a dilapidé un million de dollars dans l'enregistrement de son (risqué mais pourtant excellent) album Riskin' It All (qui porte finalement bien son nom nan?!) en 1991 et ce dernier se vendit très mal (La faute, à mon avis à aucun titre fort de la trempe d'un Girl Nation ou d’un Sleeping My Day Away). Warner perd du pognon et jette les Danois. EMI récupère le bébé mais met les Holà et en 1995 sort dans l'anonymat un Reconstrucdead lorgnant sur un grunge plus qu'en vogue à l'époque. Vente accablante, D-A-D est relégué en National. Et c'est 10 ans plus tard, grâce à un Scareyourself fichtrement bien foutu (signé chez Sanctuary Records) que le groupe prend sa revanche et explose à nouveau, imposant aux pays qui les suivait encore (Scandinavie/Allemagne) une tournée dantesque (dont est tiré le CD/DVD live Scareyourself live) et de par cette réussite s'offrir un second souffle par le biais d'une sortie Européenne de son dernier Bijou.
Car c'est bien d'un matériau précieux dont il s'agit. L'écoute de ce Scareyourself amène à une indéniable conclusion : Il existe bien des pierres précieuses au Danemark. Un Rubis glacé, un Améthyste tout de Punk vêtu, que sais-je, une douceur, qui fond et pique à la fois, acidulé, amer, mais plaisant, hilarant et transcendant. Super Album, Super D-A-D, le superlatif de ton choix car toutes les éloges s'accordent au groupe aussi facilement que Stig "Nasty" Pedersen accorde sa basse. D'ailleurs parlons en du bonhomme...
Ca commence fort, avec Lawrence Of Suburbia (Lawrence des banlieues, jeux de mot évident avec Lawrence d'Arabia) et son riff, super plombé tissant une atmosphère lourde - confirmé par la voix de Binzen - sur ce titre. Une montée en puissance dont ne pouvait résulter qu'une explosion, si bienvenue, pour un refrain - c'est la marque de fabrique du combo - entêtant... à jamais. Le rythme se ralentira, doucement jusqu'à mourir au pied du monstrueux A Good Day To Give It Up, clairement Heavy. Dialogue de six cordes, basse en sprint, batterie déchaînée (à noter le remplacement de Peter Jensen, finalement plus motivé par le métier d'Architecte, par le jeune Laust Sonne, largement aussi déjanté que son illustre prédécesseur!) et lyrics incisives par une voix en papier de verre font de ce titre un cador dans la set list live du groupe. S'en suit rien de moins que le single et éponyme Scare Yourself. MAGISTRAL ! Tout en changements de rythmes et décollage façon Airbus, pas loin d'un grunge effleuré (sans réussite) par le groupe (Reconstrucdead/95). Trois tubes viennent de défiler et le groupe ne semble pas décider à s'arrêter.
La suite est du même acabit, No Hero est une déflagration électrique, bien Punk, sur laquelle, une fois n'est pas coutume, la voix de Binzen fait des miracles. Et que dire de son organe sur Hey Now?! Fidèle à sa marque de fabrique: Créer une dimension Fun avec des mots et des rythmes simples, assimilables plus vite qu'il ne faut de temps pour le dire, les Danois servent tout chaud une flopée de titres de haut vol, calibrés pour notre quotidien autant que pour la scène. Exemple frappant qu'est ce Camping In Scandinavia, improbable Single aux paroles aussi barrées que le riff est ravageur.
Passe la hargneuse Unexplained pour laisser le champ libre à la merveille de l'album: La tout simplement magnifique Little Addict . Mid Tempo, basé sur quelques accords ancré dans l'esprit de celui qui écoute, faussement calme, porté par une voix gorgée d'une émotion nouvelle et particulière. Dénonçant les addictions, fustigeant la sensation de manque, qu'elle soit de drogue, d'Alcool, du jeu, de n'importe quoi, sans jugement, simple constat de ce drôle d'acharnement humain. Le refrain est salvateur, enivrant, 3.34m de bonheur.
D-A-D reprend le Punk qui tâche juste après, comme pour s'excuser d'avoir mis du sentiment là où l'on n’attendait que de l'énergie : la fin d'album sera rythmée. Dirty Fairytale, Allright (quelle intro et quel riff!)... L'album se clôt sur un Last Chance To Change en forme de procession de foi, très sudiste, une country Overspeedée ou un blues sous Amphet' que sais-je... Un défi pour la route, un détour obligé, car le groupe nous l'avais promis, est passé par la France... Nous voilà repus!
En bonus Européen, l'album propose la ballade You Filled My Head, carrément splendide que je soupçonne de provenir tout droit d'un de ces albums auquel nous n'avons pas eu la chance de goûter ici bas... See you on road D-A-D!!
Iro22 27/06/2006 avis:  |