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Black Widow - Sacrifice - 1970


Genre : Rock Progressif
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©CBS
1In Ancient Days
2Way to Power
3Come to the Sabbat
4Conjuration
5Seduction
6Attack of the Demon
7Sacrifice







Avis de la rédaction :
Religionnaire
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Black Sabbath n'est évidemment pas le seul pionnier en matière de musique d'épouvante. Black Widow utilise à la même période ce cheval de bataille occulto-satanique et se retrouve ainsi souvent dans l'ombre du groupe de Tony Iommi par un amalgame assez déplorable. Le groupe du guitariste et compositeur Jim Gannon ne joue pourtant pas sur le même terrain musical, délaissant la distorsion au profit des ébats d'un claviériste (Zoot Taylor) et d'un spécialiste des instruments à vents (le flûto-saxophono-clarinettiste Clive Jones). Le rock progressif de Black Widow est suffisamment riche et sophistiqué pour détourner l'attention de ces paroles certes plus authentiques et inquiétantes que celles d'Ozzy Osbourne, mais aussi très stéréotypées. Les accents folk et médiévaux ainsi que les parties de flûtes rappellent immanquablement Jethro Tull, tandis que les parfums jazzy et le saxophone évoquent le troublant premier album de King Crimson. A ces ressemblances réjouissantes s'ajoutent les caractéristiques fondamentales de la musique du groupe, à savoir cette ambiance inquiétante faite de nappes d'orgue, de pesanteur rythmique et des conjurations du chanteur Kip Trevor.

Si la mise en forme musicale de cette recette alléchante est globalement réussie sur ce premier album, c'est principalement grâce aux talents de mélodiste du compositeur de Jim Gannon. Ce dernier parvient à donner à l'ensemble de ces titres un caractère accessible et rapidement assimilable, ce sans en dénaturer les atmosphères ni abattre les échafaudages parfois complexes de certaines pièces. Les élaborations les plus ambitieuses sont magnifiques, à commencer par le très classisant et fascinant "Conjuration" qui évolue entre le boléro et la complainte d'un Kip Trevor possédé, subtilement soutenue par des violons. La plus belle réussite demeure "In Ancient Day", un titre qui semble construit dans le but de jeter un sort à l'auditeur, éveillant son intérêt par l'orgue pour l'attirer ensuite vers les abimes avec un groove des plus diaboliques. Le coup de grâce est évidemment porté par le single "Come to the Sabbath", avec son inoubliable conjuration répétitive : "Come, come, come to the sabbat, come to the sabbat, Satan's there!" qui se libère à travers de véritables éjaculations folkloriques.

A coté de ces pépites résonnent des prestations moins impressionnantes mais tout aussi solides, lorgnant vers le funk ("Attack of the Demon"), le romantisme crimsonien et orchestral ("Seduction") ou encore une sorte de heavy metal sans distorsion ("Way to Power"). Le grand final de onze minutes ("Sacrifice") ne repose malheureusement que sur un seul véritable thème, décliné rapidement puis de manière plus lente et funky durant l'interlude. Sa longueur excessive, logiquement prétexte à de multiples et interminables soli, destine ce titre aux concerts plutôt qu'au studio.

Bien entendu, la controverse Black Widow ne tarde pas à envahir l'Europe de façon théatrale, avec des concerts qui mettent en scène le sacrifice d'une jeune vierge. Ce petit jeu mobilisera tout de même deux agents du FBI qui viendront surveiller ces semblants rituels sataniques. La suite de la carrière du groupe sera quant à elle moins portée sur le sujet, et donc logiquement moins attrayante.

Religionnaire  05/06/2008    avis



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