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The Beatles - Revolver - 1966


Genre : PopTraductions et paroles :     Sur la Coccinelle Du Net

©Parlophone
1Taxman
2Eleanor Rigby
3I'm Only Sleeping
4Love You To
5Here, There and Everywhere
6Yellow Submarine
7She Said She Said
8Good Day Sunshine
9And Your Bird Can Sing
10For No One
11Doctor Robert
12I Want To Tell You
13Got To Get You into My Life
14Tomorrow Never Knows





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Revolver est l'album d'une rupture. Et bien sur, avec un groupe comme les Beatles, cette rupture ne peut qu'aboutir à une révolution. Cette révolution, c'est la véritable naissance de la musique qui s'écoute plus qu'elle ne se danse, souvent qualifiée de façon très réductrice et austère d'expérimentale.

Lassés des mignonnes chansons d'amour, des concerts gigantesques et musicalement stériles, des millions de mouillures de petites culottes synchronisées (comme quoi, tout est potentiellement lassant) et de la sobriété, les Beatles évoluent ensemble, mais surtout séparément. Le petit Paul se cultive grâce à la merveilleuse et bénéfique influence féminine à ce niveau. Musique classique, théâtres, musées et cinémas d'avant-garde lui permettent d'ouvrir une brèche vers ce que l'on appellera plus tard le rock progressif. Le petit John, lui, devient un de ces sales petits hippies, ce qui lui permettra de s'éloigner un temps de ses influences rock'n'roll finalement plus que barbantes. Le petit George s'immerge de plus en plus dans la musique indienne grâce, entre autre à son camarade Ravi Shankar, et participe ainsi à cet élan des Beatles vers le psychédélisme. Quant au petit Ringo, et bien comme d'habitude : pas grand chose. Et tout ce petit monde plonge allègrement dans une gigantesque marmite d'acide, pour notre plus grand bonheur!

Et pourtant! Le "Taxman" initial aurait très bien pu figurer dans Rubber Soul, comme une bonne partie de cet album. Et ce n'est pas un mal, étant donné la qualité du fameux Rubber Soul en question, et du caractère peut être moins digeste de certaines de ces expérimentations. Effectivement, découvrir des titres comme "Love to You" ou "Tomorrow Never Knows" en 1966 semble digne d'une expérience acidulée. Si cette vague de sitar signée George Harrison et ce dernier morceau sans queue ni tête, sans envers ni endroit ni travers sonnent aujourd'hui de manière plus académique, c'est justement par leur influence révolutionnaire sur la musique qui a suivi.

Paul McCartney n'aura probablement jamais son équivalent en ce qui concerne l'utilisation d'une instrumentation classique en rock, y compris dans toute l'évolution du progressif dont il est à l'origine. "Eleanor Rigby" en est non seulement l'exemple parfait, mais aussi un des plus beaux titres du groupe. Il est vrai également que ce McCartney vire parfois trop dans un style music-hall ("Got to Get You into My Life") mais ces écarts sont tout de même assez jouissifs. Revolver, comme chaque album des Beatles, est une nouvelle preuve de l'extrême complémentarité de la paire Lennon/McCartney, que ce soit dans la douceur ("Here, There and Everywhere", "I'm Only Sleeping"), dans les enfantillages mythiques ("Yellow Submarine") ou les élans plus rock'n'roll ("And Your Bird Can Sing").

Si il fallait sélectionner les paroles d'un titre, ce serait bien sur celles concernant ce médecin dealer nommé "Dr Robert". Même si le chant de Ringo sur "Yellow Submarine" mérite son pesant de cacahuètes dans un registre encore plus grotesque.

Revolver est volontiers considéré comme le plus grand album de tous les temps. Symboliquement, cela semble tout à fait justifié étant donné son caractère influent et révolutionnaire. Musicalement, ça devient une histoire de gout... En attendant, je ne saisirai jamais pourquoi une partie non négligeable de la population préfère glorifier Sgt. Pepper's... aux dépends de ce Revolver qui apporte déjà tout, du moins bien plus...

Religionnaire  10/01/2006    avis



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