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Queen - Queen I - 1973


Genre : Hard rockTraductions et paroles :     Sur la Coccinelle Du Net

©Uni/Hollywood
1Keep yourself alive
2Doing all right
3Great king rat
4My fairy king
5Liar
6The night comes down
7Modern times rock 'n' roll
8Son & daughter
9Jesus
10Seven seas of Rhye
11Mad the swine (previously unreleased)
12Keep yourself alive (Re-take)
13Liar (Remix)





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Aaaaaahhhh Queen! Un sacré groupe! Un chanteur! Un guitariste! Toute une époque!

Leur premier album tout simplement intitulé I est déjà un caneva de ce que sera la reine une fois arrivée à maturité! Déjà on se rend compte de la grandiloquence de Queen et de son leader et quel leader : une voix unique, un sens aigu de la composition et un sens artistique ultra développé. Epaulé par un guitariste de génie adepte des piéces à plusieurs pistes de guitares superposées sans oublier une base rythmique en béton. Mercury, May, Taylor et Deacon sont sur le point d'écrire une des plus grandes pages de l'histoire du rock!

Ce premier album est plus qu'honorable, un concentré de gros riffs acérés (Keep Yourself Alive, Liar...), de mélodies qui font mouche, une voix qui peux se placer dans les aigus, un côté épique très présent, des ambiances soignées, des solos impressionnants et en général des parties de guitares très inspirées et complexes, le piano qui se marie très bien aux compos rock, un batteur/chanteur excellent complété par un bassiste discret mais efficace...

C'est un très bon album en comparaison à d'autres groupes, mais moins bon que ce qui allait arriver dans leurs discographie. Je le conseille à tous ceux qui aiment le vrai rock et qui ont envie de savoir ce que c'était que la musique à l'époque où les zicos avait vraiment du talent et de l'imagination, ce qui commence à se faire rare aujourd'hui!

KlOwN  14/04/2005    avis


Naissance d’une reine. L’histoire de cet album est assez complexe et je ne m’attarderai pas sur sa gestation (voir Bio pour détails). On peut en gros distinguer les titres qui furent composés avant la création de Queen (« Doing All Right » co-écrite par Tim Staffell, bassiste de Smile) ; ceux composés avant l’arrivée de Deacon à la basse (« Keep Yourself Alive », « Great King Rat », « Liar », « Modern Times Rock’n’Roll », « Son And Daughter », « Jesus ») et avec le groupe complet (« The Night Comes Down »). « My Fairy King » fut composée en partie avec l’ancien bassiste Barry Mitchell et terminée en studio, « Seven Seas Of Rhye » n’était pas complète lors de l’enregistrement. On pourra noter que d’autres titres furent composés et enregistrés mais pas retenus comme « Hangman », « Stone Cold Crazy » (figurant sur le troisième opus du groupe), « Ogre Battle » et « White Queen » (sur le second album). En 1972, un an après sa formation, Queen est signé chez EMI et sort donc ce premier album éponyme en 1973. La reine devra pourtant patienter encore un peu pour son couronnement, l’album n’étant jugé par la critique que comme un simple succédané zepellinien. Et pourtant…déjà la rumeur gronde de l’arrivée d’un nouveau prétendant au trône du hard. Queen propose en effet les mêmes ingrédients que les groupes hard de ce début de décennie mais impressionne par son chant flamboyant, la fulgurance du jeu de guitare et l’énergie déployée par la rythmique. La reine s’élève et côtoie le dirigeable. L’analogie avec Led Zeppelin ne doit cependant pas tromper : le style de Queen ne pioche pas dans le blues ou très peu ; on se rapproche bien plus de la théâtralité des opera-rock des Who. Ce sont plutôt les arrangements hard de certaines compositions saveur metal froissé comme « Modern Times Rock’n’ Roll » ou « Son And Daughter », qui font référence directement à cette formation. La structure diffère cependant. Les morceaux sont souvent entrecoupés par des larges breaks instrumentaux, mettant en valeur surtout la guitare qui multiplie les effets, empruntant tout autant au hard qu’aux sonorités psychédéliques.

Aux frontières du hard : début d’un éclectisme musical. Queen ne pourrait en effet se résumer à cette seule influence hard. May développe un jeu inventif et démontre un réelle maîtrise de son instrument qu’il a lui même conçu. Magistral du début à la fin de l’album, maître du fuzz, wah wah, sustain, il s’adonne à plier les riffs, grattant la rythmique (« Keep Yourself Alive »), laissant parfois place à la guitare classique (« Jesus », The Night Comes Down »), coude à coude avec le piano (« Doing All Right », « My Fairy King »), mais toujours avec un sens inné de la mélodie, déclinée en furieux soli galopants (« Keep Yourself Alive », « Great King Rat »), en larges mélopées suaves (« My Fairy King », « The Night Comes Down ») et en tempo délectables mettant la glorieuse stéréophonie britannique à profit. Il innove en imposant un style de jeu qui lui est propre, créant ce son proche du synthétiseur (si proche d’ailleurs qu’il obligea le groupe à apposer la mention « No Synthetisers » sur ses cd), un effet obtenu en combinant sa guitare Red Special avec l’ampli de Deacon, et jouant souvent sur l’échelonnement des effets. Mercury (qui tire son nom des paroles de « My Fairy King »), et cela est moins connu, composera aussi certains riffs de guitare sur le titre « Liar ».
Côté vocal, Freddie Mercury assure, impressionne par son débit (« Great King Rat »), jouant sur sa riche tessiture (« My Fairy King », « Son And Daughter »), affolant de dextérité. Les autres ne sont pas en reste et dès ce premier album l’on remarque les harmonies vocales à trois ( Freddie, Brian, Roger) qui seront une des marques de fabrique du groupe par la suite. « My Fairy King » est un bon exemple de l’utilisation des overdubs et des harmonies vocales. Roger monte les aigus sans doute au plus haut niveau de sa carrière. Il prend même la parole sur son titre « Modern Times Rock’n’ Roll ».
La rythmique quant à elle, n’a pas à rougir de la comparaison avec les deux autres musiciens. Roger et John, musiciens méticuleux, tissent leur toile jusqu’à trouver le parfaite structure sonique sur laquelle Brian vient accrocher ses riffs incandescents. Roger, derrière ses fûts, organise le cyclone, percutant sa caisse claire, martelant à qui veut entendre sur « Liar », osant le solo sur « Keep Yourself Alive » et sur le final de « Great King Rat ». John creuse profondément ses lignes de basse, dodeline sur « Keep Yourself Alive ». Le piano ajoute à la personnalité du groupe, (tantôt joué par Mercury, tantôt par May) doux sur « Doing All Right », rock’n’roll sur « Modern Times Rock’n’Roll », rythmant la cadence sur « Seven Seas Of Rhye » ou sur « My Fairy King » et endiablé sur le final de ce dernier.

Au final, le groupe montre qu’il sait digérer ses diverses influences et brode une musique aux confluences du hard de Led Zeppelin et de la pop mélodique des Beach Boys et autres Beatles. « Great King Rat » annonce à sa manière les grandes fresques épiques à venir, « The Night Comes Down » est une ballade toute queenesque à laquelle succède le rock’n’roll « Modern Times Rock’n’Roll » ; « Son And Daughter » et « Keep Yoursel Alive » sont heavy, « Jesus » et « Doing All Right », pop, proches du son des groupes psyché californiens de la fin des années 60 et en conclusion la première version instrumentale de « Seven Seas Of Rhye », plus lente et plus courte que celle que l’on retrouvera sur le second album. Mercury s’avère être dès ses débuts un formidable compositeur, signant cinq titres au style complexe. May en compose quatre et Taylor le dernier restant.

Queen demeure un bon album. Il pêche par sa production mais on ne saurait le reprocher au groupe qui débutait alors (le groupe n’a d’ailleurs jamais été satisfait du son de cet album). On ne pourrait prétendre connaître Queen en passant à côté de ce vibrant moment. Le groupe fera encore mieux sur le second album qui reste mon préféré.



Note générale : 7/10.

Deadkal  03/04/2006    avis



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