Pablo Honey est le premier effort du l'excellentissime groupe Radiohead, ce disque nous porpose de voir d'où vient ce groupe c'est assez amusant en regardant toute la discographie du groupe de voir l'évolution musicale. Car loin des trips (vraiment trippant d'ailleurs ^_^) électro-rock d'aujourd'hui, cet album est un album post-grunge on sent très bien l'inspiration grunge dans les compos et en même temps les qualités musicales des membres les éloignes de ce stéréotype.
Car chaque membre de Radiohead est très bon dans son domaine (voir dans d'autres d'ailleurs...) et le prouve sur cet album, les trois guitaristes arrivent à former un tout cohérent même dans les phases les plus "chaotiques" de l'album. La section rythmique est variée et intelligemment construite. Reste la voix très bonne (c'est quand même Thom Yorke) mais on sent qu'il ne se lâche pas à fond et ça viendra par la suite (heureusement pour nous!).
Evidemment on ne peut parler de cet album sans évoquer le méga single Creep il est d’ailleurs amusant de savoir que leur pays d’origine les a complètement ignorés et que ce sont les américains qui les ont encensés grâce à (et uniquement pour) cette chanson qui deviendra par la suite le cauchemar du groupe (devoir à chaque fois la rejouer encore et encore sachant qu’a l’époque les gens venaient les voir juste pour cette chanson et partaient ensuite….). On peut noter aussi que d’après une rumeur le gros son (très dur à reproduire sans un matos adéquat) tiré de sa guitare par Jonny vient du fait qu’il était frustré de jouer une chanson calme.
Les autres chansons sont intéressantes et pas répétitives mais on suit le schéma refrain son clairs/ refrains grosses distos. C’est tellement bien fait que ça passe tout seul, les constructions n’étant pas toujours forcément basiques (voir jamais…) mais finissant souvent par un pétage de plomb sonique (Blow Out en tête mais on peut aussi citer Ripcord ou Stop Whispering). Une de mes préférés étant Anyone Can Play Guitar qui est vraiment excellente.
Je ne note que bon l’album parce qu’au vue de ce qu’à fait le groupe par la suite je ne peux pas honnêtement mettre plus même si à mon avis il mérite plus car pour un premier album c’est quand même une réussite, un bon disque de rock !
KlOwN 17/11/2005 avis:  |
Radiohead est formé à la fin des années 80 par 5 étudiants d'Oxford : Thom Yorke (chant, guitare), Ed O'Brien (guitare, chant), Jonny Greenwood (guitare), Colin Greenwood (basse) et Phil Selway (batterie). Ce n'est que quelques années plus tard que le groupe signe avec EMI qui flaire un bon parfum de single à succès.
Il est intéressant de constater que sur le premier album, Pablo Honey, qui sort en 1993, la musique du groupe n'a vraiment rien de révolutionnaire et reste en accord avec son temps. D'ailleurs, à l'époque, je reconnais volontiers avoir soupiré à l'écoute de "Creep", non pas en raison du succès ma foi bien légitime de ce single, mais car Radiohead semblait inévitablement destiné à la catégorie du "groupe à un single, qui, ensuite, se casse la gueule". En somme, il émergeait un énième groupe entre grunge et britpop, qui semblait déjà superflu avant d'écouter l'album.
Effectivement, cet album n'est pas inoubliable ni indispensable. On y découvre un groupe qui surfe sur la bonne vague de l'époque et dont les influences s'étendent de U2 à Nirvana en passant par l'inévitable REM. Ceci donne concrètement une pop douce avec des arpèges appliqués pleins de reverb alternant avec des passages à trois guitares boostées à la disto bien crade et approximative... Cette formule se retrouve à peu près sur tous les titres de l'album, en dehors du court, quasi-punk et insupportable "How Do You?" et du tout aussi court mais acoustique et plus agréable "Thinking About You".
En tendant bien l'oreille, il est tout de même possible de percevoir quelques bribes de ce que sera le grand Radiohead. Par moments survient en effet discrètement une certaine intelligence harmonique et mélodique : retenons "You" pour ses arpèges et son tempo atypique, "Prove Yourself" pour son refrain plutôt original ou encore "Blow Out" pour son coté bossa-nova assez fun. Tout cela reste cependant encore loin des futurs élans progressifs du groupe. Les autres titres, pourtant loin d'être mauvais, campent naïvement dans une certaine banalité. On pense alors inévitablement à REM pour les plus lents et clairs ("Vegetable", "Lurgee") ou à My Bloody Valentine pour les plus noisy ("I Can't", "Ripcord").
Les deux singles suivants, "Anyone Can Play Guitar" et "Blow Out", moins efficaces que "Creep" sans être moins intéressants, passeront quasiment inaperçus, ce qui renforcera l'intuition générale d'avoir à faire à un "one hit wonder".
Pablo Honey, sans être un mauvais album, est à considérer comme un disque d'échauffement, sans grande prise de risque, de la part d'un groupe qui a encore tout à prouver, et qui bien sur, le prouvera.
Religionnaire 05/04/2006 avis:  |