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Motörhead - Orgasmatron - 1986


Genre : Heavy MetalTraductions et paroles :     Sur la Coccinelle Du Net
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©GWR
1Deaf Forever
2Nothing Up My Sleeve
3Ain't My Crime
4Claw
5Mean Machine
6Built For Speed
7Ridin' With The Driver
8Doctor Rock
9Orgasmatron







Avis de la rédaction :
Starchild
Ulyssangus
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ORGASMATRON, OU LE RETOUR TONITRUANT

Après le départ de l’excellent Brian « Robbo » Robertson, à la fin 1983, Motörhead pénètre dans trois années de conflits qui vont presque avoir raison de son existence. Le duo de guitaristes constitué par Phil Campbell et par Michael « Würzel » Burston est rapidement engagé, mais cela n’empêche pas le départ du batteur « Philthy Animal » Taylor, marquant la fin définitive de la grande période du groupe. Heureusement remplacé par Pete Gill, ancien percussionniste de Saxon, Motörhead est opérationnel à nouveau, produisant un nouveau single à succès, le magistral Killed By Death. Cependant, les déboires du groupe ne s’arrêtent pas là. Après avoir assigné sa maison de disques, Bronze Records, en justice pour ne pas avoir suffisamment promotionné leurs disques, Motörhead se voit privé de studio pendant les deux ans de la procédure. La seule solution pour assurer tout de même la subsistance du combo réside donc dans les concerts. Ainsi, durant des mois, le groupe va écumer les scènes du monde entier, de l’Australie au Danemark en passant par la Hongrie. Ce n’est qu’à la mi-1986 que le groupe, enfin libéré de ses obligations, peut instituer son propre label, GWR records, préparant ainsi la sortie de son tant attendu nouvel album : Orgasmatron.

Après trois ans d’un malencontreux silence, Motörhead est bel est bien de retour, même si l’évolution est palpable. Tout d’abord, exit les fulgurances du précédent opus ; le départ de Brian Robertson emporte à jamais tout ce qui fait le charme d'Another Perfect Day. Le trio, devenu quatuor par la force des choses, se tourne vers une musique des plus compactes, massives et pesantes. La basse de Lemmy reste le point nodal de cette construction. Cette Rickenbacker 4001 reste ce qui fait la singularité de Motörhead à travers les décennies : délaissant le rôle traditionnel d’une quatre-cordes, tout en méprisant la tentation mélodique, elle préfère se lancer dans de longues rythmiques distordues, formant le centre nerveux des chansons. Sa place n’est plus aussi évidente qu’auparavant, concurrencée par les deux guitares, mais elle donne toujours la pulsation vitale, l’essence de la musique du combo. Le couple de guitaristes, quant à lui, contribue à rendre la musique encore plus dense, sans jamais se distraire du but avoué du groupe : écraser l’auditeur. Le batteur Pete Gill apporte une frappe beaucoup plus lourde que le regretté Taylor, irréprochable au niveau technique, mais manquant de ce groove qui arrivait autrefois à percer au détour d’un Stay Clean.

C’est peut-être ici que le bât blesse. En rendant sa musique plus puissante, Motörhead la rend également oppressante, voire étouffante, ce qui révèle immédiatement la faiblesse de certains morceaux, perdus dans une violence aveugle, sans génie ni talent particuliers. Ces facteurs font que Orgasmatron restera comme un album peu convaincant. Seul l’entraînant boogie Doctor Rock ou le terrifiant morceau-titre renouent avec les sommets du groupe, vigoureux sans être accablants, obsessionnels sans être répétitifs, ils rappellent que Lemmy n’a pas dilapidé toutes ses chances, et que la batterie Motörhead est loin d’être à court de munitions. Cela pose néanmoins d’inquiétantes interrogations sur l’avenir de la formation : va-t-elle sombrer de plus en plus dans un metal sans imagination, avec de vagues relents rock’n’roll ? Ou, au contraire, reste-t-il des raisons de croire encore en la machine Motörhead ? La réponse viendra un an plus tard, avec le bien nommé Rock’n’Roll. Mais en 1986, perdu au milieu des innombrables hordes du thrash metal, pillant son héritage sans vergogne tout en réclamant son influence, le groupe fait office de résistant, voire de dinosaure. Seule la pochette de Joe Petagno, d’une furie bestiale et démentielle, rappelle la suprématie évanouie de la formation.

Ulyssangus  02/07/2008    avis



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