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Nirvana - Nevermind - 1991


Genre : GrungeTraductions et paroles :     Sur la Coccinelle Du Net

©Geffen compagny
1Smells like teen spirit
2In bloom
3Come as you are
4Breed
5Lithium
6Polly
7Territorial pissings
8Drain you
9Lounge act
10Stay Away
11On a plain
12Something in the way





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Ce matin, je me suis réécouté "Nevermind", le soit-disant chef d'oeuvre de Nirvana. Apparemment, le disque est toujours classé comme un des 10 plus grands monuments du rock. Jamais je ne pigerai ça. Jamais je n'ai pu apprécier ce disque à sa juste valeur, expliquez-moi en quoi il est si magistral, please, je me ronge les sangs depuis 1997 (année où j'ai acheté le disque)...

OK, "Smells Like Teen Spirit" et "Come As You Are" sont excellentes, j'adore ces deux chansons. OK, "Polly" et "Something In The Way" véhiculent une atmosphère tragique, sinistre, mélancolique. OK, "Lithium" est une ruade d'une violence et d'une force rarement égalée. Mais quid des autres titres ? Que dire devant "Breed", "Stay Away", "Territorial Pissings", "Drain You", "Lounge Act" ? Il y à mieux, bien mieux ailleurs. Le morceau final caché après des interminables minutes de silence (aah, je hais ces disques contenant des plages cachées ! Le plus souvent, les morceaux cachés ont vraiment raison de l'être, cachés, tant ils sont ineptes), "Endless, Nameless", est à chier. "On A Plane" contient de belles harmonies vocales, "In Bloom" est sympa...Mais, franchement, 4 excellents titres (car "Polly" m'énerve quand même pas mal) sur 12, soit environ 16-17 minutes sur 60 minutes de CD, c'est risible.

Je soupçonne pas mal de monde d'avoir fait une razzia sur les albums du groupe après le suicide de Kurt Cobain (qui ne chante pas si bien que ça, sauf pour "Something In The Way" et "Come As You Are", morceau enregistré en une seul prise de voix). Tout le monde dit que le grunge est mort en 1994, avec Kurt. Mais non, le grunge est mort en 2002 avec Layne Staley, leader/chanteur d'Alice In Chains, dont le disque éponyme de 1995 est bel et bien LE monument grunge, un disque hélas passé plus ou moins à la trappe parce que "Nevermind" est bien plus connu et vendu (et vendeur) qu'un album aussi sombre que celui du three-legged dog.

Un an après la mort de Cobain, alors que le culte autour de lui commençait vraiment à prendre de l'ampleur, le disque définitif du mouvement grunge sortait, et il ne devait strictement rien à Nirvana, mais plutôt à Black Sabbath, Led Zeppelin et aux Stooges. A coté, "Nevermind" (titre en hommage amusé au "Nevermind The Bollocks" des Sex Pistols) fait pitié. Mais vraiment pitié.

Alors, disque surestimé en puissance, ou bien, est-ce que je suis vraiment passé à coté de quelque chose ? Convainquez-moi, ou bien, comme Katerine le dit dans son plus grand tube, faites de moi n'importe quoi, pendez-moi la tête en bas, comme la dernière fois...J'adoooooooooooore...

Non vraiment, vous aimez "Nevermind", vous ? Vous l'écoutez encore, en 2007 ? Il vous fait encore quelque chose ?

Je sais, vous allez me tuer pour ces paroles blasphématoires, je sais.

Tagomago  16/07/2007    avis


NEVERMIND, OU LE JALON INCONTOURNABLE

On ne présente plus Nevermind. Ce disque reste comme l’un des plus fameux des années 1990, et beaucoup de ses morceaux sont devenus des classiques repris par toute la fameuse Génération X. Cependant, il est bon de revenir sur cet album, sur sa genèse, ainsi que sur ses qualités et défauts intrinsèques, afin de déterminer son apport réel au monde de la musique populaire. Récapitulons donc : Kurt Cobain, jeune guitariste créatif, mais à l’esprit assailli de visions morbides, atteint d’une dépression profonde, de maux d’estomac chroniques ainsi que d’une terrible addiction à l’héroïne, avait formé Nirvana avec son comparse bassiste Christ Novoselic. Les deux hommes, prenant exemple sur certains groupes de la région de Seattle comme les Melvins et Mudhoney, entreprirent de mêler punk hardcore et hard-rock classique. Après un premier album et plusieurs changements de formation, Nirvana avait gagné suffisamment de notoriété pour attirer l’attention des maisons de disques. Ce fut la major Geffen qui parvint à signer le groupe, qui commença l’enregistrement de son second album après l’arrivée de son nouveau batteur Dave Grohl, durant l’année 1990. Le résultat des séances d’enregistrement parvint dans les bacs en septembre 1991, sous le titre de Nevermind, référence évidente au célèbre album unique des Sex Pistols.

On assiste ici à d’évidents progrès par rapport au premier album, Bleach : là où ce dernier n’était qu’un mélange de riffs bourbeux, de progressions harmoniques tortueuses et vicieuses, Nevermind offre un ensemble de rythmiques souveraines, d’orchestrations minimalistes et pourtant formidablement bien dirigées, de performances instrumentales à la fois simples et accrocheuses. L’un des facteurs clés de la réussite de l’album, avouons-le, tient à la production de Butch Vig. Cet homme dut batailler durant des mois face aux réticences de Kurt Cobain. Ce dernier possédait une réelle intégrité artistique, héritée de l’esprit punk, haïssant les fioritures, effets spéciaux et autres artifices de studio. Malgré tout, Vig parvint à gagner la confiance de Cobain, ce qui lui permit d’augmenter grandement la qualité sonore du groupe. C’est cette production, incisive tout en étant léchée, qui est sans doute l’une des raisons du succès de Nevermind. Vig a su capter l’esprit punk des compositions, restituer leur puissance, tout en leur donnant une patine brillante et agréable, capable de contenter l’auditeur moyen.

Mais la production brillante n’est qu’une des facettes de ce disque. On ne chantera jamais assez le talent de compositeur de Kurt Cobain. En faisant fi des règles harmoniques et mélodiques classiques, ce dernier a su créer une musique libre, audacieuse, tout en étant nourrie de multiples influences. On peut entendre à la fois l’influence des Dead Kennedys, des Sex Pistols, mais aussi celle de Led Zeppelin et, évidemment, de Black Sabbath ; tout cela mêlé pour former une musique novatrice, qui aujourd’hui encore n’a rien perdu de sa beauté. Nirvana avait quelque chose de plus que la plupart des groupes hardcore qui les avaient précédés : une maîtrise totale des contrepoints mélodiques. Le chant de Cobain y est pour beaucoup ; ses mélodies vocales étant simples à retenir tout en se fondant admirablement bien avec la musique. D’autre part, le groupe n’hésite pas à exploiter un côté acoustique dépouillé, sinistre, rempli d’émotions presque palpables, révélateur d’une tension latente. Le groupe, à l’opposé des divagations metal des années 1980, possède un son compact, où la virtuosité n’a guère sa place. Les solos sont très simples, volontairement parodiques. Malgré tout, il faut saluer la performance de Dave Grohl : cet homme est probablement l’un des meilleurs batteurs contemporains. Il possède une frappe franche, d’une puissance rare, rappelant l’exemple de John Bonham, ainsi qu’une polyvalence déroutante. Novoselic, bien que plus discret, est un rouage essentiel de Nirvana ; on ne peut imaginer cette musique sans ses lignes de basse percutantes, directes, irrésistibles.

Ainsi, Nevermind est un grand, un excellent disque de rock, qui mérite amplement son statut de classique. Bien qu’on puisse lui reprocher un certain nombre de longueurs, il possède assez de morceaux superbes pour conquérir le moindre amateur éclairé de rock, tout en étant appréciable pour le grand public.

Ulyssangus  16/02/2008    avis



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