Réglé comme du papier à musique Silverchair sort ses albums tous les 2 ans leur troisième effort ne déroge pas à la règle. Après leurs deux premiers albums j’étais impatient de pouvoir écouter la suite des aventures des 3 frogs. Moi qui m’attendait à écouter un autre bon album, j’ai pris une grosse claque car Neon Ballroom n’est pas un bon album… c’est un excellent album, le chef d’œuvre du groupe à l’heure actuelle. Agés de 21 ans, ils dont preuve d’une maturité, d’une justesse et d’une inspiration qui serait plutôt à attendre de personnes plus âgées. Cet album est bouleversant il y a une telle émotion qui se dégage de la plupart des titres qu’ont est littéralement envahit par la musique. C’est l’album le plus calme du groupe et paradoxalement le plus violent, au niveau émotionnel en tout cas. Et les morceaux heavy de ce disque sont parmi les plus violents du groupe (Spawn Again…). Il faut également se méfier de l’apparente quiétude qui règne dans certaines chansons car on a vite fait de se prendre un gros break violent qui frappe comme un orage dans un ciel d’été (l’excellent Black Tangled Heart). Il y a énormément de contrastes dans les différentes compos qui bâtissent ce disque.
L’album débute par un Emotion Sickness bouleversant et où on découvre le nouveau visage du groupe : gros travail d’ambiance (section de corde à l’appui), composition travaillée et complexe et chant habité. Vien ensuite un puissant Anthem For The Year 2000.véritable hymne en puissance de notre génration. L’album alternera ensuite entre titres musclés (Spawn Again, Dearest Helpless, Satin Sheets...) et plus posés (Ana’s song (open fire), Miss You Love, Point Of View, Paint Pastel Princess...) et aucune faute de goût n’est à constater. Les chansons sont très travaillées, ils sont allé au bout des choses et ont apporté un soin particulier à la production de cet album. On pouvait déjà le présager sur Freak Show mais le groupe souhaite axer sa musique vers une grande orchestration grâce à l’utilisation d’un orchestre et il faut avouer que le rendu est plus que probant. Même si chaque chanson me fait vibrer à chaque écoutes, il y en a une que j’apprécie plus que les autres : Steam Will Rise dont l’ambiance est vraiment terrible, c’est un petit bijou très bien écrit et l’émotion qui se dégage de la compo et de la voix de Daniel est puissante.
On pourrait évidemment reprocher à cet album, et au groupe du coup, ce revirement musical laissant de côté le métal du début pour un rock plus enlevé. Mais ce serait oublié que le rock est vaste, qu’un vrai artiste va là où son inspiration le guide et n’a pour but que de s’exprimer et de créer quelque chose dont il sera fier. En ce sens ces trois jeunes sont de vrais et grands artistes et ils nous le prouvent avec ce disque !
Daniel confirme, en plus de ses talents vocaux, qu’il est très inspiré autant musicalement qu’au niveau des textes. Très intimistes pour certains (Ana’s song…) ces textes sont en tout cas tous interprété d’une façon on ne peut plus habitée et il est évident que le jeunot de 16 ans à qui on reprochait de trop être dans le même style vocal que les stars du Grunge a fait beaucoup de chemin et a aujourd’hui une voix (et quelle voix !) bien à lui.
C’est un album charnière dans la discographie du groupe car ils amorcent une évolution musicale et arrêtent leur contrat avec Sony (qui essaiera quand même de rentabiliser le groupe au maximum en sortant un best of). Quand on compare à leurs débuts on se rend compte qu’ils ont en très peu d’années et d’album parcouru énormément de chemin et réussi (malgré leur jeune âge) à pérenniser et renouveler leur musique.
En résumé, c’est un excellent album que nous offre nos petits australiens. Ils nous prouvent qu’ils ont plus d’un tour dans leur sac et qu’ils peuvent être là où on les attend pas (ce que confirmera leur album suivant).
KlOwN 07/03/2006 avis:  |