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Motörhead - Rock N Roll - 1987


Genre : Hard RockTraductions et paroles :     Sur la Coccinelle Du Net
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©GWR
1Rock 'N' Roll
2Eat The Rich
3Blackheart
4Stone Deaf In The USA
5Blessing [Michael Palin's Speech]
6The Wolf
7Traitor
8Dogs
9All For You
10Boogeyman







Avis de la rédaction :
Ulyssangus
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ROCK’N’ROLL, OU LA SURPRISE HALETANTE

Eat The Rich est la seconde comédie interprétée par l’équipe d’humoristes du Comic Strip, émission diffusée sur Channel 4. On ne se souvient guère de ce film pour ses développements cocasses ou pour son scénario un peu maladroit ; par contre, sa bande sonore restera dans les annales pour avoir été intégralement composée par Motörhead. D’ailleurs, Lemmy tient un petit rôle dans ce long-métrage, et le groupe y fait une courte mais hilarante apparition. Malgré la façace riante, arrogante et sardonique du combo, celui-ci est à nouveau pris dans d’inextricables difficultés, puisque Pete Gill décide d’arrêter l’aventure, poursuivant la longue série de changements de personnel initiée par le départ de « Fast » Eddie Clarke, en 1982. L’homme qui le remplace derrière les fûts n’est autre que « Philthy Animal » Taylor, celui-là même qui avait abandonné le groupe quelques années auparavant. C’est un quatuor nouvellement constitué qui entre en studio pour réaliser le successeur d’Orgasmatron, disque qui n’avait guère marqué les esprits.

Rock’N’Roll. Rares sont les disques au nom à la fois aussi galvaudé et aussi heureux. Car Motörhead incarne une idée si pure, si déterminée du rock que son attitude en devient presque caricaturale. Le groupe, et surtout son inénarrable leader, aussi laid que charismatique, a toujours haï les étiquettes de tous genres, que ce soit speed metal, hard rock ou punk, se réclamant pour toujours et à jamais de ces trois mots, si simples mais si marquants : rock and roll. Motörhead s’est toujours réclamé de cette idéologie, mais cette dernière trouve une illustration presque parfaite dans ce nouvel opus. Orgasmatron a exploité le versant le plus puissant de la musique du groupe, compressant l’orchestration pour donner un ensemble d’une terrible compacité, tellement pesant qu’il en est ennuyeux. Ici, les choses sont différentes. Le versant heavy, quoique omniprésent, a cessé, par un miracle aussi passager qu’incertain, d’oppresser les sonorités du groupe. L’auditeur respire agréablement, la musique ayant perdu cette lourdeur écrasante au profit de cavalcades véloces, teintées d’audaces bluesy particulièrement séduisantes, parfois assez burlesques.

Malheureusement, ce serait s’égarer que de voir en cet album un retour au sommet, car Rock’N’Roll est encombré, embarrassé, engorgé de titres faibles, anecdotiques, voire oubliables. Cependant, et c’est bien ce qui marque la supériorité de l’album par rapport à son orgasmique prédécesseur, l’ensemble des chansons est agréable à l’écoute. Les titres sont puissants et rapides tout en étant aérés, sans pour autant perdre la solidarité inhérente à toute création de Motörhead. Il ne serait sans doute pas faux de voir en cette soudaine amélioration sonore la conséquence du retour de Phil Taylor. L’homme, même s’il ne brille guère par son imagination, a toujours eu le mérite de subvertir le monolithisme du groupe par un groove discret mais bien présent. Le battement franc et sincère du percussionniste s’est toujours accordé à merveille à la tête de moteur : certaines rythmiques en double pédale rappellent l’implacable Overkill, sans pour autant atteindre sa majesté évanouie ; d’autres se réfèrent aux bondissantes progressions rythmiques d’Ace Of Spades, en moins subjuguant.

Il ne faut toutefois pas bouder son plaisir, et savourer sans retenue ce plat richement constitué. La chanson-titre condense tout l’argumentaire que l’amateur de rock se doit de connaître sur le bout des doigts, sous la forme d’une chevauchée bondissante où le génie rythmique de Lemmy surgit à nouveau. Au détour d’une piste, l’auditeur est surpris par la voix inimitable de Michael Palin, nasillarde et maniérée, narrant un texte tout aussi absurde que jubilatoire, faisant définitivement de ce disque une réussite inattendue. Entre fleuves de wah-wah et griffures inattendues de guitare slide, Rock’N’Roll marque une étape supplémentaire dans l’imposante carrière de Motörhead.

Ulyssangus  03/07/2008    avis



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