Celtic Frost... ce nom résonne dans les coeurs comme celui de l'initiateur du black metal. Cependant, tout mythique qu'il soit, le groupe est inactif depuis 1988 soit depuis la sortie de Cold Lake et c'est après dix-huit années d'absence que sort Monotheist. Des oeuvres de jadis, ma connaissance est restreinte, je ne connais qu'un “Into the Pandemonium” qui ne m'a pas convaincu. Un peu par hasard, peut être attiré par les critiques élogieuses du dernier rejeton, j'achète le disque que je trouve en occasion pour une poignée de dollars... Puis c'est la baffe sonore.
Si les paroles abordent très sérieusement des thèmes chers au black comme l'athéisme, la désacralisation et l'iconoclasme, Monotheist n'a que peu de parenté avec le genre et c'est à un album incroyablement varié que sera confronté l'auditeur. On remerciera Peter Tagtgren pour l'excellente production, quelque part entre lourdeur typée post hardcore et franchise du trash metal. A la fois puissante, malsaine et belle, cette oeuvre à aussi le mérite de nous faire passer par des états différents tout en préservant son unité. En effet, l'aspect grisâtre, presque doom qui caractérise les riffs se retrouve dans chaque composition, tel un fil conducteur.
Le groupe peut ainsi passer du coq à l'âne sans que cela ne perturbe l'auditeur, noyant l'originalité dans un bouillon saumâtre. Et l'album de s'ouvrir sur un “progeny” qui marie la vitesse d'une rythmique trash à des riffs dooms, de nous asséner ensuite une magnifique leçon de metal gothique sur “Obscured” où le chant féminin fait des miracles, d'enchaîner avec une narration purement black sur “Totengott”, pour se clore sur un morceau symphonique où l'émotion atteint son point culminant. A cela s'ajoutent quelques outsiders, comme le très Neurosien “A Dying God Coming Into Human Flesh” que l’on croirait sorti de Times of Grace. On notera également l'intervention bienvenue d'instruments peu conventionnels comme le cor sur “Drown in Ashes”.
Celtic Frost signe donc un retour flamboyant sur la scène metal et Monotheist serait presque un chef d'oeuvre si sa lourdeur sonore ne le rendait pas si difficile d'accès. Cela dit, cet album plaira certainement aux amateurs de doom comme, à plus grande échelle, aux amateurs d'expériences originales et uniques.
Melmoth 08/03/2007 avis:  |