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Lustmord - Metavoid - 2001


Genre : Ambiant
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©Nextera
1The Ambivalent Abyss
2Blood Deep in Dread
3Eliminating Angel
4Oblivion
5Outer Shadow
6Infinite Domain
7Light That is Darkness
8Insignificance







Avis de la rédaction :
Melmoth
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Extension du domaine de l'ombre, bruit primal, recherche intelligente et méticuleuse sur les origines de l'insignifiance. Certains artistes ne parlent que par énigmes et s'il fallait en trouver une colonie grouillante, on serait tenté de soulever ce petit rocher, à peine visible, de la musique ambiante (dites dark-ambiant pour briller en société). Sous cette pierre donc, un étrange personnage au crane rasé et luisant darde sur moi son regard, c'est Lustmord; on dit qu'il est l'initiateur du mouvement mais on dit beaucoup de choses. On peut remonter au “Voices of Syn” de Klaus Schulze, voire jusqu'à John Cage, qu'importe finalement, une fois l'idée lancée, si elle trouve suffisemment de reflets pour s'étendre, c'est qu'elle est plutôt bonne, non ?

Metavoid, littéralement physique du vide, ne reflète rien, il absorbe. C'est une sphère lisse, taillée dans l'ébène et parcourue en sa surface de remous préhistoriques. Le vide ouvre l'album; "The Ambivalent Abyss" sonne comme un long hommage à l'oeuvre de György Ligeti -à qui l'on doit le bouleversant "Lux Aeterna" dans le film 2001: L'odyssée de l'espace- et laisse place à l'absence, au dénuement fertile que procure cette longue étendue de vacuité. Des voix électroniques, dont l'injonction froide ajoute à l'oppression ambiante, volent dans l'air, l'atmosphère est lourde et légère, indescriptible.

Comme après un long voyage, on se retrouve au point de départ mais on ne reconnaît plus nos proches, la planète d'origine semble peuplée d'une population néolithique (merci Pierre Boulle). La suite du disque ramène l'auditeur à quelque chose de plus rustique, sauvage sans être grossier. “Blood Deep in Dread” nous promène lourdement et sans joie sur le dos d'un quelconque brachiosaure; “Oblivion” nous plonge au coeur d'un sordide rituel de trépanation et le vide refait surface sous la forme d'un mantra sinistre. Le dépouillement du premier titre ne disparaît jamais, il s'insère entre les fentes de ces morceaux faussement consistants pour mieux nous ramener à lui.

C'est chose faite à partir d'”Infinite Domain”. Le rythme peine à donner vie à la matière sombre qui lui sert de corps mais met lentement en marche une excellente pièce pleine de nostalgie électrique. La musique se fait claudiquante, jamais sûre de vouloir intervenir, jamais certaine qu'elle est à sa place. Lustmord sait faire se rejoindre les contraires, mais n'attend pas forcément d'eux un dialogue, les deux univers, l'un empreint de tribalisme, l'autre livré au néant, se reniflent, se contournent, pour finalement s'entre dévorer. Le vainqueur de l'entropie ? Je vous laisse deviner. L'oeuvre se clôt dans la solennité d'un enterrement.

Lustmord nous laisse une oeuvre pessimiste et déséspérante... certes ce n'est pas une première, à fortiori dans l'univers souvent suicidaire du dark-ambiant. Si Metavoid est une oeuvre sobre, finalement peu ambitieuse sous ses airs arty, elle n'en reste pas moins forte en émotion, charmante comme la fin du monde.

Melmoth  15/05/2008    avis



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