Après la parution de Making Movies, Mark Knopfler équipe son groupe d'un claviériste (Alan Clark) et d'un second guitariste pour remplacer son frère (Hal Lindes). Ils complètent alors la formation alors composée du bassiste John Illsley et du batteur Pick Whiters. A la tête d'un groupe plus étoffé et fort du succès de ses trois albums précédents, Mark Knopfler dévoile une confiance croissante en son talent. Et c'est bien légitime.
Il conçoit alors une musique plus ambitieuse pour Love Over Gold, beaucoup plus riche, profonde et variée que ce qu'il a composé jusque là. Jamais sa musique n'aura été plus expressive, cérébrale, et progressive que sur Love Over Gold qui reste son sommet artistique.
Comme dans la tradition progressive, les titres sont longs et peu nombreux. Ils semblent également plus ou moins liés dans une cohérence d'album typiquement progressive. L'accent est mis sur l'orchestration plutôt que sur les paroles, avec des variations dignes de la musique classique et une virtuosité Knopflerienne à son paroxysme.
Le titre le plus long débute l'album : "Telegraph Road". 14 minutes et un nom très évocateur... C'est probablement le plus grand titre de Dire Straits, bien devant l'avant ("Sultans of Swing") et l'après ("Money for Nothing"). Jamais Mark Knopfler n'a aussi bien affuté sa guitare qui traduit alors des messages émotionnels intenses tout le long du quart d'heure en question. L'autre point fort de ce titre et de l'album est la présence quasi féérique du piano. Ce claviériste se révèle idéal dans l'interprétation des compositions de Mark Knopfler.
"Private Investigations" bénéficiera d'un succès phénoménal surprenant pour un titre aussi progressif, et aussi instrumental. L'alternance guitare électrique/acoustique y est particulièrement sublime et le titre tient véritablement en haleine jusqu'à la dernière note.
Au troisième titre, on commence déjà la deuxième face du disque. Cette deuxième face est globalement plus rapide au niveau du tempo sans pour autant donner l'impression d'une réelle scission avec la première face.
"Industrial Disease" est typiquement calibré façon single, à la manière d'un futur "Walk of Life". Il ne bénéficiera pourtant pas du succès de ce dernier alors que sa valeur ne lui est pas du tout inférieure. Au contraire... "Love Over Gold" est une merveille souvent négligée comme le reste de la première face. Cette chanson dégage une émotivité intense et mêle encore à merveille guitare électrique, acoustique et piano. Tout cela au cours de plusieurs phases dont certaines flirtent allégrement avec le jazz. "It Never Rains" termine l'album sur une note d'espoir nostalgique dans une structure complexe avec un petit clin d'œil à "Romeo & Juliet".
La nostalgie, c'est pour le progressif. En effet, Mark Knopfler ne persistera pas dans ces contrées musicales complexes. A mon grand regret...
L'espoir c'est........... qu'il sent que la consécration est proche. Il ne manque plus qu'un album, un peu plus accessible, pour devenir une véritable rock star mondiale...
Religionnaire 20/11/2005 avis:  |