On connaissait la diversité du répertoire de Rancid : déjà sur leurs précédents efforts, la bande à Tim Amstrong n'avait pas pu résister au plaisir d'incorporer quelques chansons Ska (comme en témoigne l'inoubliable "Time Bomb"). Life Won't Wait reprend alors cette volonté de diversification tout en l'amplifiant comme cela n'a pas été fait au long de la discographie du groupe. L'envie revendiquée de ce dernier n'est toutefois pas comprise par l'ensemble des fans qui boude la galette. Avec raison ? Je vais tenter de vous prouver le contraire...
Tout part du Ska. Voilà c'est dit. Car c'est au sein d'une formation jouant ce style que les deux compères Tim Amstrong et Matt Freeman se rencontre. Nos amis ont donc ça dans le sang et c'est pour cela que l'on retrouvait des pistes différant de la rage Punk sur les opus antérieurs. Avec Life Won't Wait, cette rage semble presque passer au second plan. Et pas forcément pour le pire ! En effet, Rancid nous propose ainsi de nombreuses chansons de qualités à l'instar de la chanson éponyme et son orgue omniprésent, de "Corazon de Oro" ou de "Wrongful Suspicion".
L'investissement est tel que les mythiques Specials sont invités à collaborer sur la très bonne "Hooligans". Étrangement, cette dernière n'est pas pour autant une des chansons les plus calmes de Life Won't Wait. Car à l'exception de "Who Would've Tought" et de sa belle et claire introduction, la distorsion règne sur l'album ! On y retrouve par exemple la géniale "Black Lung" où le chant rauque d'Amstrong ne s'est rarement autant bien intégré (à la manière de "Burn", quelques galette plus tôt), ainsi que "The Wolf" et son refrain fédérateur, parfait hymne de concert.
A me lire, on pourrait croire que le groupe livre ici un album de Ska. Il n'en est rien ! Seulement, ce dernier accorde au style une place plus importante qu'à l'accoutumée ce qui fait que l'on s'y attarde. Néanmoins, le Punk reste présent de la plus belle manière au sein de ce Life Won't Wait au niveau très élevé. Car en effet, avec ses vingt-deux pistes pour le moins variées, évoluant entre orgue et distorsion, on pourrait croire l'opus brouillon. Le résultat est inverse : c'est un de ses meilleurs albums que le groupe produit !
Aux réfractaires on pourrait ainsi dire d'y pencher une dernière fois une oreille attentive, car ils pourraient passer à côté d'un véritable chef d'oeuvre.
val 22/07/2008 avis:  |