Après OK Computer, Radiohead se retrouve dans une situation que quelques grands groupes ont déjà connue et dont l'issue reste toujours extrêmement incertaine... Ayant déjà exclu la possibilité de faire mieux que ce fameux OK Computer, il sera décidé de faire différent... Et pour éviter l'inévitable comparaison, il faudra faire le plus différent possible, c'est à dire l'extrême opposé.
L'extrême complexité instrumentale doit laisser la place à un minimalisme inédit. Les guitares doivent disparaitre et l'électronique doit combler le vide ainsi laissé. Les prétentions commerciales doivent laisser la place à des prétentions anti-commerciales majeures. Voici une bonne introduction pour un album dont la démarche est avant tout une lâche mais judicieuse dérobade face à la montagne de fans trépignant d'impatience.
Le résultat musical est bien entendu décevant, même sans s'attendre à un OK Computer bis. Le patchwork ainsi constitué regroupe des titres d'une extrême variabilité allant de l'excellence la plus troublante à la supercherie la plus grotesque. Du coté de l'excellence, nous avons "Everything in its Right Place" et son prolongement logique "Morning Bell" où les claviers sont utilisés d'une façon magistrale. Rarement de si simples accords de claviers n'auront été si expressifs et si envoutants ce qui ferait presque oublier un instant l'absence des guitares. Sur le coté pitoyable du disque, nous avons les médiocres tentatives pseudo-ambient expérimental "Kid A", "Treefingers" et l'infamie techno-vocale "Idioteque". Mieux vaut ne pas commenter ces artifices totalement dénués d'esprit artistique et destiné à flatter une pseudo-image anti-commerciale illusoire qui fera désormais la fierté du groupe et de sa fan-base.
Pour le reste, mon avis reste mitigé et variable. "The National Anthem" tourne uniquement autour d'une ligne de basse qui n'a rien d'extraordinaire, "How to Disappear Completely" finit par émouvoir après quelques années d'oubli, "Treefingers" est finalement d'une simplicité salvatrice mais confuse et "In Limbo" ferait presque penser à du progressif hermétique...
La stratégie marketing Kid A sera un succès, permettant au groupe de garder son statut de référence du rock en ce début de siècle. Bravo!
Religionnaire 23/02/2006 avis:  |