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Supergrass - In It For The Money - 1997


Genre : RockTraductions et paroles :     Sur la Coccinelle Du Net
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©Parlophone
1In It For The Money
2Richard III
3Tonight
4Late In The Day
5G-Song
6Sun Hits The Sky
7Going Out
8It's Not Me
9Cheapskate
10You Can See Me
11Hollow Little Reign
12Sometimes I Make You Sad







Avis de la rédaction :
Posthuman666
Yedo
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En 1995, I Should Coco propulse les membres de Supergrass au rang de petits surdoués du rock, fraîchement émoulus de leur campagne oxfordienne. L’impact de leur premier album, porté par le single fédérateur, niais et fier de l’être, Alright, est tel, que Steven Spielberg, en personne, souhaite embaucher Supergrass pour une série télévisée. Le groupe décline l’offre (dire non à Spielberg, il faut en avoir de grosses, et bien accrochées !), préfèrant se consacrer à l’écriture de son second album, In It For The Money. Le premier opus de Supergrass s’était conclu sur des chansons plus posées, à l’image de Time, de Sofa (On My Lethargy) ou de Time To Go, traçant, avant l’heure, une voie alternative, ouvrant astucieusement un horizon que l’on aurait pu croire bouché par une vision restrictive et purement adolescente de la musique rock. In It For The Money se faufile dans cette brèche et délaisse l’énergie punk de I Should Coco, pour évoluer vers une musique plus sophistiquée, tutoyant le rock dans son acception la plus classique, et la pop dans toute sa noblesse.

Supergrass a compris qu’il est devenu inutile d’en mettre plein la vue, de s’affirmer de façon péremptoire à coup de bombes punk. Désormais le groupe est dans la cour des grands, et cette reconnaissance fraîchement acquise, plutôt que d’inhiber, va transcender la bande de joyeux lurons. En toute décomplexion, sans prétention, Supergrass expose avec In It For The Money, toute l’étendue de son talent, d’une maturité étonnante, aisément comparable à celui de ses plus illustres prédécesseurs, au premier rang desquels - non ce n'est pas une hérésie - on peut citer les Beatles. D’ailleurs, c’est sous forme de pastiche introductif, à la manière d’un Sergeant Pepper’s Lonely Hearts Club Band, que ce second album du trio d’Oxford s’ouvre. Le titre In It For The Money annonce le repas qui va suivre : festif, mélodique, direct, entraînant, psychédélique sur les bords, et surtout irrésistiblement pop. Supergrass conserve néanmoins sa fougue, son énergie juvénile, teintée de riffs toujours aussi percutants, de progressions d’accords simples et incisives. Mais l’écriture du groupe est transformée, tout en conservant leur identité intrinsèque, les morceaux ont désormais la saveur de grandes chansons rock.

In It For The Money contient ainsi quelques unes des chansons les plus percutantes des années 90, à l’image du tube hors normes Richard III, envoyé tambour battant, mais avec suffisamment d’aisance et de break ingénieux (dont ce passage inénarrable à la thérémine), pour sentir que Supergrass est bel et bien entré dans une nouvelle dimension. Le groupe donne l’impression d’avoir bourlingué des années, enchaînant des titres tout aussi inventifs les uns que les autres, sans avoir l’air d’y toucher. Le répertoire se fait plus varié, mais également plus élaboré, le trio n’hésitant pas à explorer, à pousser à fond leurs compositions. Il se lance dans la réalisation de grosses cocottes musicales, montant en pression, accords plaqués et refrains conquérants pour toucher le nirvana rock sur l’endiablé G-Song, le monumental Sun Hits The Sky ou le génialissime Going Out (ou comment créer la chanson la plus kiffante du monde avec un orgue, deux accords et trois paroles).

Supergrass se démarque définitivement dans la seconde partie de l’album, véritable pépinière de titres plus expérimentaux, voire psychédéliques, dans une veine essentiellement acoustique. Le véritable chef-d’œuvre acoustique du disque restera Late In The Day, une des plus belles compositions de Supergrass, mélodiquement sublime, avec juste ce qu’il faut de mélancolie dans les couplets et d’entrain dans les refrains. Mais, entre l’aérien It’s Not Me, You Can See Me, la sucrerie désabusée Hollow Little Reign, et le final très dérangé Sometimes I Make You Sad, Supergrass s’aventure dans des contrées nouvelles, joue sur les ambiances et les textures en expérimentant des effets originaux au service de petites chansons décalées.

In It For The Money se pose ainsi en album accompli, aussi varié dans son fond, que percutant dans sa forme. Le premier album de Supergrass, I Should Coco, demeure un OVNI, une œuvre incomparable, et nul doute qu’on a perdu un peu de cette quintessence d’énergie primaire en passant à ce second opus, mais c’est pour y retrouver un groupe plus talentueux et génial que jamais. Un groupe qui s’ouvre en grand les portes du panthéon rock, multipliant les prouesses, proposant une musique évidente, emplie d’hymnes imparables et de petites perles insoupçonnées, où la mélodie dans toute sa grandeur est le dénominateur commun. On a parfois tendance à considérer Supergrass comme d’éternels seconds couteaux, pourtant, force est de constater, qu’In It For The Money consacre le rock original et inimitable du trio d’Oxford et s’affirme, rien de moins, que comme un des meilleurs albums rock des années 90.

Yedo  04/07/2008    avis



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