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My Chemical Romance - I Brought You My Bullets You Brought Me Your Love - 2002


Genre : Pop-PunkTraductions et paroles :     Sur la Coccinelle Du Net

©Eyeball
1Romance
2Honey, This Mirror Isn't Big Enough for the Two of Us
3Vampires Will Never Hurt You
4Drowning Lessons
5Our Lady of Sorrows
6Headfirst for Halos
7Skylines and Turnstiles
8Early Sunsets Over Monroeville
9This Is the Best Day Ever
10Cubicles
11Demolition Lovers





Avis de la rédaction :
Jerome
Kanart
Religionnaire
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Après tout, pourquoi le grand Religionnaire, amateur de musiques complexes et poignantes, n'écouterait-il pas, lui aussi, du pop-punk. Parmi la déferlante de revival punk observée ces dernières années, c'est vers le groupe américain My Chemical Romance qu'il semble actuellement judicieux de tendre une oreille attentive. Comme la majeure partie de ces groupes, celui-ci semble être livré en kit adapté spécialement au jeune, de préférence prépubère, si prétentieux et agressif en apparence, mais si tendre et sensible à l'intérieur. On retrouve d'ailleurs ce schéma au niveau musical avec une musique plutôt rapide, violente et irritante, et des textes dévoilant tout un désarroi adolescent, à cet âge où l'on s'imagine à la fois le plus malheureux et le plus intéressant…

Le premier album de ce groupe s'intitule tout simplement et humblement I Brought You My Bullets You Brought Me Your Love et symbolise bien tout ce paradoxe psychique de l'adolescent vers lequel le pré-adolescent lui, voudrait tendre. Le tout débute par une agréable version de "Jeux Interdits" ("Romance"), acoustique (si si), qui me rappelle ces délicieux moments d'initiation à la guitare, où je rêvais qu'une délicieuse pucelle daigne m'écouter et m'admirer. Nostalgie tu me tiens! Enfin pas longtemps car tout cela ne dure qu'une minute avant l'entame du rugissement tant attendu. A vrai dire nous sommes plutôt entre le rugissement et le piaillement étant donné que le chanteur Gerard Way (ou Gérard Route pour nous les français) sait garder la corde vocale bien serrée. Tout cela est très énergique bien sur et très bien produit. Chacun des instrumentistes bénéficie d'une audibilité plus que convenable. Dans un élan d'originalité le bassiste peut même couper les guitares quelques secondes sur "Honey, This Mirror Isn't Big Enough for the Two of Us" afin de s'individualiser tranquillement comme l'a fait de nombreuses fois avant lui un certain Krist Novoselic à la grande époque du grunge. Tout cela est un peu téléphoné mais en me rajeunissant d'une quinzaine d'années, je deviens vite moins exigeant…

Avec un petit effort, on trouve quelques traces de metal dans cette musique, mais seulement en introduction des morceaux où l'on perçoit l'influence toute relative et lointaine d'Iron Maiden, ensuite les morceaux se déroulent façon punk, c'est-à-dire rapidement et simplement. Le rôle de la section rythmique est donc bien sur réduit à une évidente monotonie, le tout ayant à cet âge un rôle principalement festif. Car oui il s'agit bien de la période de ce que l'on ose plus appeler aujourd'hui les "boums" dont les découvertes et expériences, notamment des premières alcoolisations massives et naïves, découlant ou non des premières tentatives hésitantes de roulage de pelle.

Aussi simple que ce style musical soit, il n'exclue pas le recyclage à l'infini. En effet, après seulement une dizaine de minutes de matraquage cérébral rapide et régulier, nous en sommes déjà au 6ème titre! Et notre Gérard Route n'a pas encore perdu sa verve sur ce "Headline for Halos" qui malgré tout son swing ne m'incite malheureusement pas à me trémousser, même avec un verre de prémix à la main…

Aussi bonne la production soit-elle, la fatigue est vite arrivée pour le mélomane un tant soit peu exigent quant à la portée intellectuelle d'une musique rock. Mais après tout, une musique qui vise l'âge qu'on appelle "con" ne devrait-elle pas s'y adapter? Mission réussie! Cette fatigue, je l'attribue avant tout à notre chanteur Gérard Route et à ses hurlements fort désagréables et pour lesquels le désappointement atteint son paroxysme sur le strident "Our Lady of Sorrows". Mon instinct d'adolescent attardé reste dans un premier temps troublé par l'apparente absence de balade, mais mon incroyable intuition se vérifie enfin sur le 8ème titre. Ce "Early Sunsets Over Monroeville" m'évoque alors invariablement les meilleurs épisodes de Dawson où les adolescents semblent se masturber le cerveau comme ne le ferait pas aussi bien une femme de 45 ans, masochiste et à l'aube de la ménopause.

Nul doute qu'en 2002, agé d'à peine plus d'une décennie, on puisse trouver cette musique révolutionnaire, tout comme celle de Britney Spears. L'important, c'est de ne pas oublier de grandir un minimum les années suivantes et d'aller chercher plus loin, bien plus loin, voire même très loin de ça.

Religionnaire  04/04/2006    avis


Originaire du New Jersey, le groupe s'est très vite vu comparé à leurs aînés, The Misfits. A l'instar de leurs modèles locaux, My Chemical Romance allie look obscur, entre punk et gothique soft, à des textes horrifiques à tendance névrosée. Sur ces quelques points, la similarité apparaît évidente. Mais un tel déluge de compliments semble un tantinet inopiné, tant le début de parcours des maîtres de l'Horror Punk des années 80 fut proche de la perfection. Créé fin 2001, My Chemical Romance s'est rapidement fait remarqué par Geoff Rickly, leader de Thursday et du label Eyeball. Grâce à sa démo 'Dreams About Stabbing and or Being Stabbed' et par l'émulation qui entoura chaque représentation du groupe, au début de l'année 2002, My Chemical Romance fut pratiquement sur toutes les lèvres de la localité de Jersey City.

Enregistré en une dizaine de jours, I Brought You My Bullets, You Brought Me Your Love a vu l'arrivée tardive du second guitariste Franck Lero, durant les derniers jours de sessions. Celui-ci ne participant qu'à l'enregistrement de deux titres, agrémentant ainsi "Early Sunset Over Monroeville" de nouvelles lignes de guitare. En la prenant par le détail, la musique de MCR se résume à une somme d'ingrédients de sources diverses. Si le premier morceau, "Romance", prélude instrumental, reprend le thème archiconnu de "Jeux Interdits" sur un fond légèrement bruitiste. Son rôle se borne à jouer les introductions doucereuses, car la suite de l'album, toute à son euphorie introspective, pose un regard maladif plein d'audace et de folie sur la vie décadente de la société adolescente, comme de soi-même.

Déployant un Punk Mélodique à tendance Screamo, le combo du New jersey s'appui la plupart du temps sur les accords tout en puissance distillés par la guitare de Ray Toro. Non pas pour un faire des riffs accrocheurs ou fragiles, mais pour bâtir de longues lignes harmoniques renforçant l'effet "mur du son inébranlable". Objectif avoué : conserver le côté agressif de la musique, à seule fin d’augmenter la tension des émotions négatives planantes, tantôt sur de longues chevauchées mid-tempo, typique du skate Punk "Headfirst For Halos", tantôt sur de tristes ballades s’apparentant plus à des complaintes mortuaires, telle "Early Sunset Over Monroeville". Loin de porter l'enthousiasme de la musique, les textes de Gerard Way synthétisent parfois jusqu'à l'excès la situation de la société adolescente Américaine.

Même si la faible couverture, résultant de la taille minuscule des structures Eyeball Records, n'a permis au groupe de ne vendre que 37.000 unités de ce disque sur deux ans. La vraie malice de la bande, à la vue du battage positif qui en a découlé sur la toile, aura été d’avoir misé sur une stratégie de diffusion prônant le libre téléchargement de l'album sur différents sites musicaux. Ceci, afin de viser un public beaucoup plus large. Sans être le premier, ni le dernier groupe à proposer des textes moribonds et pessimistes aux travers d'un assemblage de notes joué sur un tempo très énergique et enjoué, à l'instar d'un Nirvana par exemple, My Chemical Romance est, pratiquement sans l’avoir prémédité, devenu la figure de proue du mouvement Emo. A tort ou à raison, légitime ou pas, l'engouement et le succès radiophonique en décidèrent ainsi.

Si I Brought You My Bullets, You Brought Me Your Love n'est que le premier pas brut d'une formation en devenir. Autant par la moyenne d'âge de ces différents membres, que par son attitude de prétendant au titre, My Chemical Romance s’impose déjà par une certaine maîtrise de son environnement immédiat. A la fois riche et complet, excluant toute velléité de devenir incontournable, cet album reste néanmoins sans mauvaises surprises et toujours très agréable à rencontrer, même après une multitude d'écoutes.

Sid  06/08/2008    avis



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