S’attaquer à la chronique de Hot Space c’est comme se baigner nu et recouvert de sauce à rôti dans une piscine de piranhas : C’est suicidaire !
Il incombe à cet album, sorti le 21 mai 1982, la très (trop) lourde tâche de succéder à The Game, apogée musicale de Queen, tant au niveau du son que des compositions. Très attendu, à la fois par les nouveaux adeptes du groupe envoûté par le Méga-tube Another One Bites The Dust ainsi et par les autres, plus anciens, désirant voir continuer leur groupe favori dans cette veine Hard-rock/Opera/Progressif qu’ils affectionnent tant. Des choix artistiques s’imposait donc et le conflit d’opinion semblait inévitable.
Je pense qu’à vouloir contenter tout le monde, Queen a perdu sur ce disque son identité musicale. Certes sous l’impulsion de Deacon et Mercury, et aux vue du succès planétaire de Another One Bites The Dust, le disque allait forcement avoir des relents disco-funk, des rythmes dansant et Queen allait, forcement produire des tubes pour Night club. Mais les bonne vielles formules de la reine ont toujours eu leur succès et l’on attendait du gros son également sur cet album, un ensemble homogène qui aurait contenté (à défaut de satisfaire) tout le monde et permis au disque d’obtenir une qualité à la hauteur du talent du groupe.
Et quoi qu’on en pense il n’en est rien ! L’album pêche et de façon impardonnable par un mixage trop timide ce qui rend la plupart des compositions insipides. A vouloir lisser un maximum le son pour séduire les oreilles des clubbers Queen a perdu le coté hargneux de ses débuts sans réussir à retrouver le grandiloquent de ses enregistrements passés au profit d'une suite de titres rendus banals par manque d’originalité.
Les Funk Staying Power et Black Chat ont des rythmes intéressants et ne sont pas de mauvaises chansons mais le mixage les rendent longilignes et vite oubliables (leur qualité intrinsèque est prouvé par leur excellent effet sur le live Queen On Fire !). Dancer ressemble à une chanson d’un Michael Jackson peu inspiré ; Body Language, pourtant deuxième single est so-po-ri-fi-que ! Action This Day, autre titre Funky, carrément merdique ! Avec Put out Fire, May, éternel gardien du son Hard Rock de la Reine réussi à remonter le disque à la surface grâce à une guitares inspirée, percutante (enfin comparativement au reste de l'opus j'entend) et une des seules valant vraiment le coup, surtout grâce à un texte sympa, très troisième degrés et un solo rageur. Life is Real renvoie à la mort de Lennon (d’ailleurs la chanson lui est dédié !), au piano plus saccadé, avec des arrangements très discrets, on peut d’ailleurs la voir comme une réponse désenchantée à l’idéaliste Imagine : la vie finit par rattraper celui qui rêve d’un monde meilleur, cette chanson est un ballade acceptable. Calling All Girls, sentant le Toto à plein nez, n’aura pas l’effet escompté toujours à cause de cet odieux lissage. Vient le cas de Las Palabras De Amor (The Words Of Love/Les mots D’Amours) ballade doucereuse aux effets d’arpèges cristallins au clavier et un refrain en espagnol, un bel hommage qui, surtout aux vues du reste du disque reste de qualité. Cool Cat vient derrière, encore assez Funky, elle n’a comme seul intérêt que d’apprécier avec quelle aisance Freddie Mercury use de sa voix de tête (Eteignez la star Ac’ y en a pas un à niveau). L’album est sauvé (un peu artistiquement et carrément commercialement !) par l’excellent duo Under Pressure, avec David Bowie, pour un chanson qui s’avère être l’apogée du rock Glamour, par ses deux principaux protagonistes, redonnant espoirs aux millions de fan (dont je fais parti) et qui attendent le retour d’un Queen plus inspiré et ayant refermé un bonne fois pour toute cette mollassonne parenthèse disco où le son formaté et lisse a donné la nausée a bien des auditeurs. La suite nous donnera raison : The Works en réponse deux plus tard, 10 titres, 10 tubes, résolument rock… A dans deux ans messieurs !
Ps: Michael Jackson cite pourtant cet Album comme source d'inspiration numéro 1 pour son fameux Thriller, sorti la même année.
Iro22 08/12/2005 avis:  |