2007 GRACE OF GOD ... DARK SIDE ...
Trois ans après avoir stigmatisé l’effondrement des sociétés occidentales et, par là même, adressé un coup de semonce au nouvel ordre mondial en devenir, c’est avec un paysage sonore reconnaissable entre tous, une froide sensualité lui conférant une véritable signature désespérée, que les suédois de Puissance reviennent sur le devant des angoisses d’un monde voué à sa propre perte. Musicalement très sophistiqué, jamais étouffé par ses propres cas de conscience, voici un groupe qui, tout en s’inscrivant dans une démarche contemplative, nous alarme sur la question d’un futur désordre mondial, orchestré par les forces parallèles qui en dirigent les états. Toujours aussi sombre que leurs précédentes productions et habité par la mélancolie latente des visionnaires, ce Grace Of God s’érige en tant que défenseur des libertés auquel on aurait retiré le goût de vivre.
Ce qui captive dans cet album, au-delà de son militantisme récurrent, de sa conscience de l’inéluctable, c’est son climat si particulier. Tapissé d’accents martiaux sur lesquels se greffent d’hypnotiques chœurs aériens et autres souffles cristallins, Grace Of God capture l’essentiel, nous renvoie à nos propres angoisses, sans jamais lâcher la moindre concession à un impact mélodique certain. Par ailleurs, tandis que l’on aurait pu craindre qu’une improbable corruption pop nuise à l’ensemble, on sera particulièrement surpris de son évidence, voire même de sa nécessité. En toute vérité, même s’il dérange parfois plus que de raison, difficile de ne pas succomber à ce disque, dont la rareté en fait un objet de soumission. Cependant, que l’on ne s’y trompe pas, alors que tout semble si noir dans le pire des mondes, c’est étonnamment à la lueur d’espoirs sans lendemain que l’humanité sera peut-être préservée.
Après avoir prôné des thèmes d’un nihilisme extrême sur des inflexions wagnériennes, Puissance tente depuis quelques temps de s’extraire du concept de non-sens absolu, si cher à ses débuts. Néanmoins, si effectivement la vie vaut d’être sauvegardée, ce ne sera pas sans en payer le prix fort. En conséquence, mes frères, je vous le dis : Avec un album jouissant d’une rythmique organique obsédante, de textes toujours majoritairement récités et encadrés de percussions purifiées. Un album sur lequel se posent les ombres d’un doute, auxquelles on aurait tort de ne pas prendre garde. N’hésitons pas une seconde à nous en remettre à la grâce d’un dieu pour qui, semble-t-il, les voies d’un avenir proche semblent impénétrables.
Starchild 20/02/2007 avis:  |