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Disillusion - Gloria - 2006


Genre : Métal industriel

©Metal Blade Records
1The black sea
2Dread it
3Don't go any further
4Avalanche
5Aerophobic
6The hole we are in
7Save the past
8Lava
9Too many broken cease fires
10Untiefen





Avis de la rédaction :
Melmoth
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Disillusion m'avait déjà fortement impressionné avec un Back to Times of Splendor rutilant, qui mélangeait habilement tout les styles de metal (acoustique, atmosphérique, mélodique, chaotique etc...) et plaçait dès le premier album la barre au niveau des albums légendaires. La question se pose alors: que pouvaient ils faire d'autre par la suite ? Un second album de metal-prog avec des morceaux fleuves de vingt minutes ?

Trop prévisible, cette option aurait sans doute plu a toute la frange de progueux conservateurs mais aurait certainement diminué l'estime que j'avais pour le groupe. Et Gloria est de ces disques qui vous font espérer le meilleur. La démarche adoptée est comparable a un suicide commercial: passer d'un metal speedé, progressif, bavard et professionnel à de l'indus-death Jazzy et extravagant. Disons le sans détour, cet album n'a rien à voir avec son prédécesseur si ce n'est la patte du groupe à savoir le chant un peu barjot et des mélodies singulières. Ici il est question de chœurs, de samples, d'ambiances décadentes et puissantes, de digressions funky au beau milieu de riffs purement death voire black. C'est dans cette espèce de jungle sonore et mégalomane que l'auditeur va tenter de se dépatouiller et il a intérêt au risque de louper un album simplement magistral.

L'album est parcouru d'une atmosphère dérangeante, quelque part entre KMFDM et System of a Down. L'ouvreur « The Black Sea » met les choses au point. Après un petit crescendo de violons tout à fait anodin, un riff thrash absolument dantesque débarque. Puis la section rythmique commence à flirter avec la "boîte à rythme" soutenue par une basse énorme, le tout survolé d'un chant vocodé. S’ensuit une guerre, entre un mur de riff et un refrain aux frontières de la pop. L'ensemble du disque est à l'image de cette même chanson, réunion d'influences en total décalage, le tout avec une maîtrise technique qui laisse sans voix. L'usage à outrance de la technique du "mur de riffs" fait la singularité de l'album, sorte de mille feuille musical où la simplicité n'est qu'une apparence. A l’image d’ « Aerophobic » où le groupe use de cette technique tout en intégrant des chœurs samplés du plus bel effet et en parsemant ça et là de passages groovy en total décalage, sans que cela gène pour autant.

Gloria rappelle par moment une bande originale de film mais garde la densité et la cohérence d'un album classique. La démarche rappelle énormément le Blood Inside d'Ulver qui en avait choqué plus d'un en passant d'un électro-trip hop (Perdition City) à un espèce d'hybride indéfinissable et farfelu. La comparaison n'est pas anodine car avec Gloria Disillusion laisse espérer le meilleur pour la suite: une discographie qui sera sans aucun doute variée, dans la même lignée qu'Ulver (référence ultime en matière de variété dans ses choix), ou du moins une attitude qui tend à laisser le groupe s'exprimer dans n'importe quelle direction. Il faudra toutefois s'armer de courage pour ne pas abandonner, car l'album est ouvertement déroutant.

Melmoth  20/02/2007    avis



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