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Akira Kajiyama + Joe Lynn Turner - Fire Without Flame - 2006


Genre : hard rock

©Aor Heaven
1One Day Away
2Fire Without Flame
3Survival
4Heart Against Heart
5End Of The Line
6Forever Changed
7Bad Feeling
8Looking For Trouble
9Down And Dirty
10License To Kill
11Slow Burn





Avis de la rédaction :
Requiem
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Drôle de CV que celui de Joe Lynn Turner. L'homme à la voix qui fait tomber les femmes (ou plutôt faisait, à une époque très, très lointaine) a eu la chance de poser ses lignes de chant dans Rainbow et Deep Purple mais à chaque fois c'était en remplacement d'un membre regretté, quant à ses collaborations avec Yngwie Malmsteen, elle reste... Une collaboration avec Yngwie Malmsteen. Franchement, qui écoute les albums du pingouin pour le chant ?

Bref, Joe Lynn Turner a bien profité des années 70 et 80 pour se faire un nom et pour se tailler une part du pactole qu’a amené l’age d’or du hard mais sa réputation artistique n’a pas été assez solide pour lui assurer une place dans le paysage actuel. De plus son statut d’éternel remplaçant ou d’intérimaire l’ont empêché de se sécuriser un poste dans une formation de quelque envergure.
Heureusement il existe un Dieu pour les vieux chanteurs de hard FM, et son Jardin d’Eden s’appelle le Japon.
Akira Kajiyama, grand fan de Ritchie Blackmore devant l’éternel et guitariste du groupe de hard des années 80, Precious (qui, je n’ai pas honte de le dire, m’est totalement inconnu) lui n’a pas oublié Joe et après quelques collaborations (d’abord sur un album hommage à Rainbow puis sur la carrière solo du chanteur) les deux individus décident de former leur propre projet lourdement influencé par le hard FM des années 70 et par… Le Rainbow période Turner (quelle surprise !).

Dur, dur de parler de Fire Without Flames tant les repères semblent lointains. Je suis un amateur de certains groupes se targuant de jouer une musique dite old school mais Fire Without Flames dans sa volonté de rester définitivement 70’s est franchement déstabilisant, voire comique.
Avouons le, je n’ai jamais été un grand fan de la voix de Turner que je trouve trop typée et FM pour mes goûts. Chaque note avec lui semble surjouée, tirée, tendue pour faire pâmer le parterre de quinquagénaires qui accourent à ses concerts.
Le jeu de guitare de Kajiyama pourrait être intéressant si chaque note, chaque accord, chaque technique ne rappelait pas inévitablement Ritchie Blackmore. La batterie dans la plus grande tradition hard des années 70 est simpliste et les touches de synthé et d’orgue Hammond, loin de fleurer la bonne odeur des greniers pleins de vinyles sont clichées à souhait (voir le break de « Fire Without Flame »).
Quant aux paroles, leur banalité me permet de les résumer rapidement : Jojo veut recommencer sa relation amoureuse sur de nouvelles bases, Jojo supporte mal sa rupture, Jojo en a marre d’être avec sa copine, Jojo a rencontré une fille qui l’a changé à jamais, Jojo a rencontré une fille mortellement séduisante, Jojo trouve la façon dont une fille le drague étrange... Etc. etc.

Tant sur le plan lyrique que vocal ou musical on sombre rapidement dans le cliché, le ridicule et l’exagéré, comme si Joe et Akira avaient cherché en vain à recréer une ambiance 70’s et qu’en fin de compte, ils n’avaient réussi qu’à faire sonner leur musique encore plus déplacée. Pourtant il y a dans Fire Without Flame et dans ce élément comique quelque chose d’émouvant et de positif. Bien sur ce n’est pas l’album que je vais me passer tous les jours mais de temps à autre, la chaleur qui s’en dégage fait un peu de bien, le temps de quelques titres. Kajiyama et Turner n’ont pas comme Manowar la capacité à transformer un cliché en force mais d’une manière ou d’une autre, ils arrivent à insuffler à leur musique un petit quelque chose qui la sauve de l’abîme de l’insipide.

Pour les nostalgiques désepérés.

Requiem  20/05/2006    avis



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