Snow Patrol n’est pas une énième sensation pop/rock nous provenant de grande Bretagne, aussi vite encenssé qu'oublié. Non. Tout d’abord parce que, comme U2, ils sont Irlandais (Ils ont d’ailleurs assuré la première partie du Vertigo tour de ces derniers !) et aussi parce qu’ils ont quelque chose eux, quelque chose de touchant et de vibrant. Noyé, en cette année 2004, au milieu des Coldplay, Travis et autres Franz Ferdinand, annonciateur de la déferlante Rock intello-pop anglaise, rare sont ceux qui ont entendu l’accrocheur single Run, qui a pourtant pointé timidement le bout de sa mélodie sur nos ondes (Oui FM l’a pas mal joué) et c’est d’ailleurs là que votre serviteur l’a entendu. Plus sombre, plus malade, moins lisse que le reste de ce que j’ai pu capté sur les ondes en ces temps obscures où la bonne musique n’est pas celle mise en avant. Intéressé, ou intrigué même, je me suis procuré le single qui a eu une carrière honorable dans mon autoradio mp3 (où Coldplay n’a jamais placé un seul titre sachez-le !) avant qu'il soit rangé fierement dans ma discothèque et que, fatalement, il soit tombé légèrement dans l’oubli.
Mais croire que l’on peut se passer longtemps de la mélodie de Run est simplement utopique. Ce morceau, pour qui sait l’apprécier, restera longtemps dans les mémoires, sa mélodie flottant comme une odeur d’éssence dans votre esprit, habitant vos chantonnements sous la douche où hantant vos sifflotements quotidiens lors des ¾ d’heures de bouchons journaliers pour rejoindre le chagrin. Oui ce titre est entêtant, autant qu’il est opaque, et beau. Simplement beau, tristement beau même.
Alors un an plus tard il refait une apparition dans l’autoradio, pour ne plus jamais le quitter. C’est décidé, mon prochain passage à la FNAC sera agrémenté de l’acquisition du précieux opus et voilà comment je me suis retrouvé avec Final Straw dans ma platine.
Cette impulsivité, qui m’a offert le meilleur (Prohom ; Archive ; Arch Enemy, Method Of Mayem…) comme le pire (Biohazard), a cette fois encore payé. Car Snow Patrol est à mon goût sous-estimé. Sachez tout de suite : Rien dans l’opus ne sonne comme Run, qui fait finalement figure d’alien dans ce très bon album Pop-Rock aux relents de Radiohead du Début. Y a du Coldplay, certes, mais en moins Bubblegum, du Oasis aussi, de la grande époque. Sans être totalement nouveau, avec des sonorités faisant parfois déjà entendu, cet album, à la fois sombre, abrasif et tourbillonnant intrigue forcement. On nous sert un cocktail de morceaux lents/rapides, servis par des guitares colériques et une batterie distordue. Quelques renforts électroniques viennent ponctuellement clarifier l’ensemble, qui, à l’écoute recèle de beaux moments.
Ainsi, en sus de Run, formidable titre, irréprochable de par son riff, son ambiance et la voix grave et tremblante de Gary Lightbody, Final Straw est émaillé de petit plaisirs musicaux, tels que How To Be Dead ; Wow ou Chocolate, ainsi que Somewhere a Clock is Ticking une des pièces magistrales de l’album, tantôt ballade, tantôt planante et électrique, à l’image de cet l’opus, jouant avec nos sens comme rarement.
Les Irlandais, pour leur troisième album nous offre un beau cadeau, aussi sobre que l’est la pochette et le livret. Ayant fait sensation en Angleterre, la France est un peu passé à coté, alors, amateurs de Pop Rock planante, fan de guitares pleurantes et de voix déchirés : Aidez moi à réparer cette injustice !
Iro22 20/01/2006 avis:  |