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Lacrimosa - Elodia - 1999


Genre : Rock/Metal gothique symphoniqueTraductions et paroles :     Sur la Coccinelle Du Net

©Hall of Sermon
1Am Ende Der Stille
2Alleine Zu Zweit
3Halt Mich
4The Turning Point
5Ich Verlasse Heut' Dein Herz
6Dich Zu Töten Fiel Mir Schwer
7Sanctus
8Am Ende Stehen Wir Zwei





Avis de la rédaction :
Deadkal
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C’était il y’a bien longtemps…l’orchestre de Lyon interprétait le Requiem de Mozart. N’étant pas spécialement un fan de classique, je fus néanmoins happé par la beauté du chant et de la musique. Enfoncé profondément dans mon fauteuil, j’écoutais, captivé par la scène le premier mouvement et ainsi de suite…toujours aussi ému. Je me retourne, cherchant du regard des yeux qui au moins acquiesceraient que ce moment est fabuleux, que je ne suis pas entrain de rêver…la tension monte…jusqu’au paroxysme : "Lacrimosa". Là je ne peux m’empêcher de retenir mes larmes, j’ai envie de me lever et gueuler un bon coup Heaaaaaaaaavy !!



Mélancolie et romantisme : un opéra « gothique » symphonique. Des larmes, oui, vous ne rêvez pas mon cher Deadkal (il m’arrive de me vouvoyez) me rétorquais-je cette soirée. Couché sur mon lit, je m’étais laissé aller à l’écoute de cet album de Lacrimosa et me réveillais soudain les larmes aux yeux. Cela faisait longtemps que je ne l’avais pas écouté. En effet l’actualité fort chargée en cette année 1999 m’avait amené à servir sur le front du heavy, plus d’une fois à défendre la cause de la véritable foi. Ce fut donc une redécouverte. Commençons par de succinctes présentations. Lacrimosa est un groupe allemand originaire de Francfort et actuellement basé en Suisse. Il a neuf albums à son actif depuis ses débuts en 1991, le dernier étant sorti en 2005. Le groupe est composé de Tilo Wolf, chanteur, compositeur principal et de Anne Nurmi (d’origine finnoise) qui occupe un rôle secondaire au chant et à la composition. L’évolution musicale du groupe pourrait être décrite ainsi : débutant avec un style minimaliste, où rythmes lents et claviers étaient proéminents, Lacrimosa intègre de plus en plus des influences metal, style achevé sur l’album Stille en 1997 et immortalisé sur le live de l’année suivante. Commence alors avec Elodia une nouvelle étape où les éléments orchestraux prennent le dessus sur le reste.

Elodia est donc le sixième effort de ce groupe. Le titre fait explicitement référence à une demi-déesse de l’amour et de la mort inspirée de la mythologie grecque et condamnée à échouer, figure déjà présente sur l’album Inferno puis sur Stille. C’est donc un concept album basé sur les relations amoureuses, sur l’échec, la tristesse, l’espoir thèmes chers aux groupes de goth. Trois actes composent l’œuvre. Le premier s’attache à montrer progressivement comment cette relation est accablée, le second insiste sur l’acte de séparation et le final laisse planer une lueur d’espoir.

Portrait d’une élégance. Le style de Lacrimosa, tel qu’il est décliné sur cet album, allie une certaine grâce et une simplicité qui tranche avec les premières impressions de complexité et de longueur. Il s’agit ici d’un mélange subtil de musique classique avec des éléments plus rock voire metal (écoutez le pont orchestral de « Sanctus » et l’introduction dynamique de « Halt Mich »). Tilo s’est adjoint les services de véritables orchestres et d’ensembles choraux pour donner plus d’ampleur à son projet : le London Symphony Orchestra, le Rosenberg Ensemble et le Hamburg State Opera. L’influence classique allemande est importante dans l’œuvre de Lacrimosa. La musique se veut classique et romantique et puise fortement son inspiration chez Mozart (« Am Ende Der Stille » entre autres). Le travail effectué sur les orchestrations est d’une rare qualité. On peut véritablement parler d’une œuvre quasi symphonique sur certains morceaux. « Sanctus » illustre bien à cet égard l’évolution musicale. Le morceau est basé sur l’air liturgique du même nom et repose en grande partie sur les chœurs de l’ensemble de Rosenberg. Cet aspect pourrait en repousser plus d’un, fan de metal ou autre, mais Tilo veille à garder toutes les composantes du style qu’il a su forger. Le requiem « Sanctus » après une longue introduction laisse place au chant, à la rythmique metal et aux solos rock. Le chant est en allemand, hormis sur « The Turning Point » interprété en anglais par Anne. Le ton volontairement triste et grave se marrie admirablement avec l’ambiance musicale et les thèmes abordés. Nombreuses chansons de cet album sont construites autour de ce duo vocal. Anne impressionne par sa maîtrise entre félinité, douceur, sensualité, et ton plus agressif (« Dich Zu Töten Fiel Mir Schwer »). Tilo, lui, oscille aussi entre ton d’attaque, puissance ( introduction de « Am Ende Stehen Wir Zwei ») et lignes plus mélodieuses ( voire aiguës « Ich Verlasse Heut' Dein Herz »).

La rythmique est somme toute assez classique. On a droit à des gros riffs plombés et à une batterie au style assez convenu mais efficace (rythmique martiale sur « Dich Zu Töten Fiel Mir Schwer », martèlement sur le final de « Ich Verlasse Heut' Dein Herz » et lignes de basses mélodiques sur le même morceau). Les morceaux sont bâtis sur un mode progressif au sens où ils commencent assez souvent par un air orchestral, au piano suivi de la flûte, du violon et des violoncelles puis alternent rock et classique pour se terminer parfois en compositions heavy (« Halt Mich » et « Ich Verlasse Heut' Dein Herz »), le piano tenant le rôle de « narrateur » musical omniprésent. Les morceaux sont assez longs, tournant en moyenne autour de six minutes (« Sanctus » dépasse les 14 minutes) et laissent largement le temps à chaque instrument et aux voix de s’exprimer. Les solo de guitares, quant à eux, consistent souvent en de longues lamentations mélodiques (voir surtout « Sanctus ») ou en de très bons solos hard (en particulier « Ich Verlasse Heut' Dein Herz ») .



Un album à la fois complexe et simple en somme. Tilo est toujours à la recherche d’une certaine pureté musicale qui se traduit par un style posé et réfléchi. Les harmonies classiques, les arrangements orchestraux fusionnent avec des riffs metal, un feeling gothique et mélancolique correctement dosés. Tilo forge un son magnifique qui sied autant au grand public (le tube, que dis-je, le tunnel « Alleine Zu Zweit ») qu’aux fans de musique plus élitiste, une ligne ténue entre le rock symphonique et le metal gothique. Un album qui mise sur l'émotion et qui s’écoute l’oreille posée ne manquant pas de faire hocher la tête par moment.

Deadkal  18/04/2006    avis



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