Amusant comme le thrash germain revient à la mode. Après Kreator et Celtic Frost, c’est Tankard, Sodom et Destruction qui semblent bénéficier de ce soudain élan de sympathie pour les formations à cartouchières des années 80.
Par conséquent on ne s’étonnera pas de cette sortie du dernier cité. Le concept, autrefois singulier, ne surprendra pas non plus : donner une cure de jouvence aux vieux titres en les réenregistrant. Une idée (un rien saugrenue) qui fait son chemin ces dernières années dans le milieu du metal.
Sauf qu’au lieu de prendre le risque de s’attirer la haine de fans puristes en rééditant tous les vieux albums dans des versions remasterisées et réenregistrées (chose qui a fait hurler ceux de Megadeth et Ozzy Osbourne), le trio teuton a préféré sortir un best of des vieilleries version 2007, idée développée par Anthrax et son Greater Of Two Devils il y a peu de temps. Une alternative louable à vrai dire.
C’est amusant comme je savais déjà ce que je penserai de ce Thrash Anthems avant même de l’écouter. Ce qui a fait le charme des vieux classiques du thrash germanique, c’est en partie leurs productions rugueuses leur donnant une ambiance authentique. Un simple remasters risquerait de dénaturer ce son si particulier, alors un réenregistrement…
Bref, on gagne en efficacité mais on perd en charme. Le son est plus plein, les guitares plus affutées, une belle machine de guerre. Pourtant j’ai du mal à être enthousiaste face à cette livraison ; le coté roots n’est plus là, et on a l’impression de se retrouver face à une énième production aseptisée sortie récemment. Le son a beau être meilleur, il est aussi plus clinique. Et puis le chant du Schmier d’aujourd’hui m’agace un peu quand même. Le teuton a sembler être plus convaincu (et convaincant) que dans les années 80, il est aussi assez irritant. Je préfère le Schmier ‘portnawak’ de Infernal Overkill…
Pas la peine d’accabler le travail fourni non plus. Les compos en présence sont des classiques du thrash et leur mortelle efficacité est toujours là. Notons aussi l’excellent travail de réenregistrement de la batterie, les nouvelles parties sont brillantes dans leur sauvagerie précise. Et puis si cette sortie permet aux jeunes fans de thrash de découvrir le vieux répertoire d’une légende, pourquoi se plaindre ? L’initiative est bonne, le projet aurait pu être mieux mené mais l’actualisation du répertoire est parfaite (on a parfois l’impression d’entendre des morceaux d’Inventor Of Evil, le dernier full-lenght en date)… Pour les allergiques au thrash old school donc.
Requiem 16/03/2007 avis:  |