Le 29 mai 2007 sortait sur les écrans français Death Proof – Le Boulevard De La Mort – nouveau film de Quentin Tarantino, faisant parti du concept Grindhouse, avec Planète Terreur de son acolyte et disciple Robert Rodriguez. Deux films barrés par deux maîtres du cinéma décalé, deux Slashers aux budgets colossaux (60 millions de Dollars, hors promo), hommage à ces séries B des années 7O’S. Death Proof est un Road Moovie sanglant et délirant et sa B.O., exercice que Tarantino maîtrise comme personne, se doit de respecter les quelques règles ancestrales posées par le maître depuis Reservoir Dogs et coller également à l’univers particulier du nouveau film de l’enfant terrible du cinéma hollywoodien.
Là où Rodriguez privilégie un son minimaliste, souvent instrumental ou enregistré par ses soins (l’homme est un excellent gratteux) afin de coller au budget réduit qu’il affectionne, Tarantino lui fait de sa Bande Originale l’instrument ultime son savoir faire : La recette est simple et ultra efficace :
Un zest d’extraits de dialogue du film (So what’s your name Acy?! / Stuntman Mike / Stuntman Mike is your name ?/ You ask anybody / Warren!! Who’s this guy? / Suntman Mike / And Whatelse about Suntman Mike / He’s Suntman. Du génie on vous dit) mêlé à de magnifiques et sous-estimés standards de la musique américaine. Mix parfait de Rock 60’S, de Funk Blaxsploitation et de Pop acidulé, l’univers musical de Death Proof fait la part belle à ces hymnes à la simplicité et au bonheur simple, comme seul Tarantino sait les dégotter.
En effet, qui d’autre que lui pour ressortir Jack Nitzsche, Eddie Floyd, Joe Tex ou Willie DeVille des juke-box poussiéreux des rades texans pour les exposer au grand jour, à coté des formidables titres que sont Hold Tight (Dave Dee, Dozy, Beaky, Mick & Tich) ou le Jeepster de T-Rex. Mais c’est véritablement Baby It’ You, des Smith qui s’impose comme le titre phare (Comme pouvait l’être le Girl, Your be a Woman soon d’Urge Overkill sur la B.O. de Pulp Fiction), puissant et délicieusement funk.
A l’instar de Kill Bill, Death Proof est un nouveau terrain de jeu propice pour Ennio Morricone qui place ici Paranoïa Prima, pour plomber l’ambiance de toute son âpreté.
Chaque titre restitue sobrement l’ambiance de la fiction, tantôt brûlant, tantôt entraînant pour un résultat probant : Un savant et détonnant cocktail de sonorités 60S et 70S, suintant le trou à rat et fleurant bon l’huile de vidange pour ce Road Movie sanglant mais diablement bien ficelé. Point Final du film comme de sa B.O., Chick Habit, américanisation somptueuse du Laisse Tomber Les Filles. Du grand Gainsbourg au générique de fin, une preuve de goût évidente s’il en est.
B.O. subtilement maitrisée par le maître de la résurrection de la culture populaire, Death Proof est une enfilade de perles oubliées qui ne manqueront pas d’inspirer les vautours publicitaires pendant les années venir. Non content d’imposer film après film de nouveaux classiques au cinéma de genre américain, Tarantino réanime de somptueux fossiles musicaux qui sauront profiter de leur seconde jeunesse pour s’imposer à tous et reprendre la place qui leur est due.
Iro22 19/06/2007 avis:  |